C’est un nouveau cap franchi par les avions sans pilote de l’Armée de l’Air et leurs équipes au sol. Même si l’annonce n’a été officialisée que ce jeudi 1er août ce nouveau record date du samedi 20 juillet 2019 et concerne aussi bien les drones déployés dans l’opération Barkhane que celui affecté au quotidien sur le territoire national. Un total de 30 000 heures de vol accumulées depuis janvier 2014 ce n’est pas rien. Et désormais les militaires français ont les yeux rivés sur la fin de l’année avec l’arrivée des premiers MQ-9 Block 5.

Pourtant en cinq ans et demi d’exploitation le drone de reconnaissance General Atomics MQ-9 Reaper n’a pas vraiment connu une vie digne d’un long fleuve tranquille. Entre les bisbilles franco-américaines sur le rôle des pilotes contractors américains puis leur remplacement progressif par des militaires de l’Armée de l’Air, et la perte l’an dernier d’un aéronef en opération on ne peut pas dire que l’avion n’ait pas suscité les passions.

Système de reconnaissance hors-pair ce drone de facture américaine a su se tailler une réputation de fiabilité absolue et de disponibilité à très haut niveau. Au point même de faire oublier que la France a refusé au départ de les armer. Malgré cela dans la région du Sahel et du Sahara ils sont devenus le cauchemar des groupes terroristes armés, ces bandes de djihadistes plus ou moins affiliés à Al-Qaïda et Daech qu’il traque à longueur de journée.
Une fois qu’un de ces Reaper les a repéré, c’est aux avions de combat Mirage 2000C et 2000D et éventuellement aux hélicoptère d’attaque Tigre d’entrer en jeu.

Et au grand dam de ces terroristes djihadistes nos MQ-9 Reaper savent demeurer longtemps en vol, très longtemps ! Dans leurs shelters, bien à l’abri, les télé-pilotes peuvent eux se relayer aux commandes d’une même machine. Et ainsi faire durer la traque jusqu’au bout.

Pour autant penser que le General Atomics MQ-9 Reaper ne sert la France qu’en Afrique serait une grave erreur. Depuis juillet 2017 un de ces drones est basé en permanence sur le territoire nationale, plus précisément sur la Base Aérienne 709 de Cognac. De là cet avion sans pilote assure des missions de surveillance au quotidien. Qu’il s’agisse de sécuriser le traditionnel défilé du 14 juillet à Paris ou encore les commémorations du Débarquement de Normandie il y a quelques semaines ce drone est dans le ciel. Et il y sera sans doute, du 24 au 26 août de cette année, dans le ciel de Biarritz. La station balnéaire basque accueillera le sommet du G7, et donc les chefs d’état et/ou de gouvernement de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de l’Italie, du Japon, et du Royaume-Uni. La France, pays hôte, sera représentée par monsieur Emmanuel Macron, Président de la République. L’Union Européenne sera elle-aussi présente, sous les traits de messieurs Donald Tusk et Jean-Claude Junkers respectivement Président du Conseil et Président (sortant) de la Commission.
Pour un tel dispositif de sécurité le Reaper est l’œil volant évident.

L’avenir du Reaper en France va bientôt prendre la forme des Block 5, ces drones modernisés et disposant d’une capacité d’appui tactique. Une petite révolution dans les mentalités autant que dans la doctrine d’emploi.

Photo © Armée de l’Air.

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8 COMMENTAIRES

  1. Effectivement, habitant Cognac, je les vois souvent décoller ou atterrir sur la Base de Cognac. Ils sortent beaucoup plus que les anciens Harfang. Mais pas tous les jours pour autant. Mais il y peut-être des missions de nuit, inconnues des quelques spotters que nous sommes. De toute façon c’est un appareil peu bruyant et il est donc difficile de savoir s’il decolle de la base. Il n’y a que dans ses phases d’approche qu’il est bien visible,donc dans l’axe de la 05/23 ou de la 09/27, suivant l’orientation du vent. Et bien sûr ne jamais le prendre en photo près de la base, car très vite repéré par la tour de contrôle et les gendarmes de l’air.

  2. Malheureusement le RPAS, qui est censé le compléter voire remplacer a beaucoup de plomb dans les ailes, dommage on aurait pu viser plus haut

  3. Oui ça nous change des Epsilon et des Grob 120 A. Mais je garde sutout la nostalgie des 80 Fouga Magister stationnés sur la BASE 709 de 1964 à 1995 pour les tous derniers.

    Autre époque. Ça decollait toutes les 3 minutes

  4. Juste une petite remarque sur la photo du drone: suis très étonné de la cocarde très voyante et de l’inscription armée de l’air bien en évidence…alors que le drone est manifestement peint avec une peinture basse visibilité…A comparer avec la photo de l’article sur les drones de la 36F…Bon, peut être une vieille photo du début de la mise en service?

    • Vous comparez deux drones différents, de deux armes différentes, vous ne croyez pas du coup lizher que votre comparaison n’a pas lieu d’être ? Et puis franchement c’est quoi pour vous une vieille photo sur un aéronef en service depuis à peine une demi-décennie.

  5. Non je ne compare pas , je parle de discrétion qui est l’un des atouts de tout drone militaire…Ceux qui ont l’expérience de l’imagerie thermique vous diront qu’une cocarde comme celle du reaper de la photo se voit comme « le nez au milieu de la figure » …Il peut s’en passer en 5 ans comme modifications sur ce qui vole chez les militaires…

    • Vous vous étiez calmer dans le trollage mais vous recommencez doucement à donner des leçons, on va donc recommencer à vous modérer. C’est sans fin avec vous Lizher !

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