Si elle n’est pas sans risque pour les seize membres d’équipage des avions cette mission est le cœur de métier des femmes et des hommes volant sur Lockheed WP-3D Orion. Ces deux avions civils américains qui appartiennent à la National Oceanic and Atmospheric Administration sont en effet des chasseurs d’ouragan, conçu spécifiquement pour suivre au plus près ces phénomènes météorologiques extrêmes. Et en cette seconde moitié d’été 2019 c’est Dorian, un ouragan de catégorie 5 qui occupe toutes leurs heures de travail. Focus sur cette mission dont l’expertise peut permettre de sauver des vies aux États-Unis.

Dans le poste de pilotage du WP-3D Orion.

Né au large des côtes africaines ce lundi 19 août 2019 c’est quatre jours plus tard qu’il commence à intéresser les météorologues américains. Dorian n’est encore qu’un simple système dépressionnaire se trouvant à l’ouest de l’archipel du Cap-Vert mais les modèles informatiques le présentent tous alors comme un potentiel ouragan en formation. Une première mission d’un Lockheed WP-3D Orion est décidé. L’avion quitte l’espace aérien américain et commence à suivre cette tempête.

Mais l’équipage américain estime alors que la tempête est moins violente que ce que les modèles pouvaient laisser entrevoir. Ils conseillent cependant que Dorian soit classé en catégorie 1 (sur un total de 5) et fasse l’objet d’un suivi permanent en temps réel. La NOAA (pour National Oceanic and Atmospheric Administration) y affecte alors un satellite de surveillance météorologie.

Tout s’accélère pourtant ce mercredi 28 août 2019 quand l’ouragan Dorian s’approche de l’archipel des Îles Vierges. Désormais les deux Lockheed WP-3D Orion de la NOAA sont placés en alerte et volent 24 heures sur 24. Lorsqu’un avion est en vol l’autre est au sol, et vice-versa. La NOAA conserve en seconde alerte un troisième avion, un jet d’affaire biréacteur Gulfstream IV-SP profondément modifié. Les deux quadrimoteurs à turbopropulseurs embarquent chacun seize membres d’équipage.

Sur ce total sept sont voués à la manœuvre à bord de chaque avion et les neuf autres sont des scientifiques très spécialisés. Des météorologues bien entendu mais également des climatologues ou encore des ingénieurs prennent place à bord des deux WP-3D Orion.

Le samedi 31 août 2019 l’un des deux avions identifie clairement l’œil du cyclone en le survolant. Il a un diamètre de 28 kilomètres. L’ouragan est classé en catégorie 5, la plus élevée, dès le lendemain à savoir ce dimanche 1er septembre. Désormais l’archipel des Bahamas est clairement sur sa route puis ce sera la côte est des États-Unis.
Et là les prévisionnistes de la NOAA n’arrivent pas à se mettre d’accord. Dans la première hypothèse Dorian frappera la partie orientale de la Floride dans la seconde il bifurquera et ne frappera le pays que mercredi ou jeudi sur les côtes de Caroline du nord. Et pendant toute cette période les deux avions le suivront.

Les deux Lockheed WP-3D Orion sur leur parking aviation.

Avions mal connus de ce côté ci de l’Atlantique nord les deux Lockheed WP-3D Orion sont pourtant de véritables vedettes aux États-Unis. Dérivés lointains et désarmés du P-3 Orion de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine ces avions font fréquemment la une des grands médias américains. Même s’ils volent sous une immatriculation civile américaine ils sont connus avant tout sous leur noms de baptême de Miss Piggy et Kermit. Des patronymes qui font bien entendus références aux célèbres marionnettes du Muppet Show.
En service depuis 1976 ils ont sans cesse été modernisés par la NOAA.

Photos © National Oceanic and Atmospheric Administration.

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