L’information a été révélée par le journal Izvestia pourtant fréquemment accusé de collusions avec le Kremlin. En cette fin d’été 2019 le niveau de disponibilité des avions d’entraînement intermédiaire et avancé dans les forces aériennes russes sont au plus bas depuis la fin de l’ère soviétique. Moins de 50% d’entre-eux sont en état de vol actuellement, faute d’un entretien régulier et consciencieux. Une information qu’évidemment l’état-major moscovite s’est empressé de démentir formellement.

La centaine de Yakovlev Yak-130 actuellement déployée au sein des écoles d’aviation et des escadrilles d’entraînement avancé ne serait pas la plus à plaindre. Pour autant seuls 40% de ces jets de nouvelle génération sont aptes aux opérations. Pour mémoire ils sont destinés principalement à la formation avancée et notamment au tir air-air et air-sol. Les mécaniciens russes ne seraient, selon les journalistes, pas assez formés pour pouvoir entretenir efficacement ces concentrés de technologie réputés assez fragiles face aux rigueurs climatiques du pays. Après un avion fragile en Russie où la norme est plutôt à la rusticité ça semble très surprenant.

Mais ce qui inquièterait le plus les militaires selon les journalistes russes est le cas de l’Aero L-39. Ce monoréacteur de facture tchécoslovaque est un véritable reliquat de la guerre froide. Et là le taux de disponibilité atteint à peine les 30%. Deux avions sur trois ne sont donc plus en état de vol aujourd’hui. La vétusté de la flotte de ces avions, dont entre 185 et 200 avions volent encore, est une des pistes pour expliquer cela. L’autre est la dégradation des relations diplomatiques entre la Russie et la République Tchèque où est aujourd’hui installé la société Aero. Pour mémoire les L-39 assurent depuis 1972 la formation intermédiaire et avancé des pilotes du pays. Ils sont donc archi-fatigués.

La situation est encore plus alarmante pour la trentaine de Tupolev Tu-134BSh / Tu-134UBL. Ces gros biréacteurs sont, rappelons-le, en charge de la formation avancée des pilotes et équipages de bombardiers stratégiques. Ils forment respectivement à voler sur Tupolev Tu-22M et sur Tu-160. Et là leur taux de disponibilité peine à atteindre les 25%. Autant dire que les trois quarts de ces avions sont immobilisés au sol le plus clair de l’année faute d’entretien après les vols. Donc ils se dégradent très rapidement et la force aérienne russe ne pourra bientôt plus les utiliser.

En fait l’une des pistes d’explications est connue depuis près de vingt ans en Russie : l’incapacité des militaires à maintenir un niveau acceptable quantitativement parlant de mécaniciens aéronautiques. Les salaires dans la fonction publique et dans les forces de défense russes étant particulièrement bas ces techniciens préfèrent aller travailler dans le secteur privé sur des avions commerciaux que dans les forces aériennes sur des jets de combat ou d’entraînement. Résultat la Russie peine aujourd’hui à avoir suffisamment de mécanos pour entretenir ses jets d’entraînement, elle privilégie les avions de combat et ceux de reconnaissance et de transport.
Par effet de boule de neige puisque moins d’avions sont disponibles plus il est difficile de former correctement des pilotes. Et donc d’en disposer assez rapidement.

Photo © Keypublishing.

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8 COMMENTAIRES

  1. Ces chiffres n’ont rien d’alarmant, ils correspondent au standard des taux de disponibilité des grandes forces aériennes occidentales…
    Le taux de dispo du F-35 qui commence un « service » actif plafonne à 40% malgré l’absence d’engagement réel en raison de pannes récurrentes et d’un manque de pièces de rechanges identifié depuis plus de 3 ans. le B1B détient le record absolu avec seulement 10% de disponibilité. Ce n’est pas beaucoup plus reluisant en France avec des taux de dispo très faibles pour le Mirage 2000 en fin de vie. (d’environ 30%)

    • C’est vrai que pour certains tout est bon pour taper sur le F-35.
      Vous ne croyez pas que vous devenez un peu monomaniaque ? C’est si dur que ça pour vous d’être un peu (juste un tout petit peu) objectif et critique vis à vis de l’état réel de l’aviation russe contemporaine ?

        • T-REX, ce site est clairement orienté, peut être en réaction a la surabondance de troll made in RTNews, ou peut être parce qu’il est administré par des adultes ayant connu la fin de la guerre froide, grandissant avec top gun et buck danny,. dont la pensée est forcement légèrement biaisé vers l’atlantisme (et le chauvinisme). Mais vouloir contrer cette orientation en corrigeant le tir de manière top accentué vers du pro-russe ne sert à rien non plus… La Russie est bien moins puissante qu’elle cherche à le faire croire au yeux du monde et est reine dans la désinformation. Cela étant dit, je suis d’accord avec vous, le taux de dispo est globalement assez faible sur tout les appareils modernes peu importe le pays (autour de 40-50% grosso modo), soit pour des questions de coûts, d’engagement politique ou de lacunes industriel…
          La vrai question est de différencier les pays ayant les moyens d’augmenter rapidement la dispo en cas besoins, et ceux qui n’en sont pas incapables.

  2. Et nos hélicoptères c’est pas mieux ! !!!!! Donc ne regardons pas la paille qui est dans l’oeil de notre voisin, mais la poutre qui est dans le notre .

    Et encore Madame Parly à tapé du point sur la table, car nos industriels font leurs choux gras sur le dos du Budget de la défense, donc sur nos impôts. .

  3. Ok pour les taux comparables entre la Russie et l’Occident, mais les raisons sont différentes: D’un côté vous avez un manque de compétence et d’effectifs et de l’autre un manque de pièces de rechange dû à un budget serré.

  4. Ouais, les taux de dispo c’est pas fameux, je suis d’accord avec vous tous.

    Ce qui est dommage, c’est que tous ces appareils coutent une fortune, sont bourrés de technologie, et au final sont pour la moitié d’entre eux cloués au sol, faute de pièces de rechange, de main d’oeuvre qualifié ou autres. Avouez quand même que c’est un énorme gâchis de l’argent des contribuables de quelque pays qu’ils soient
    Nos armées font ce qu’elles peuvent avec ce que les états veulent bien leur donner. C’est partout pareil, sauf peut-être aux USA. Comme disait Coluche, on a un porte-avion, 3 lance pierres, et des mouettes sur le pont d’envol……Déjà en 1977.
    Donc le mal est profond et ancien. Quand la Défense n’est pas une priorité nationale, on en est là partout.

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