Cette fois c’est officiel. L’avionneur américain General Atomics livrera les six drones multi-rôles MQ-9 Reaper Block 5 entre le premier semestre 2020 et le second semestre 2021. Des avions sans pilote qui auront la particularité à la différence des Reaper Block 1 actuellement en dotation de tous pouvoir emporter des munitions de précision. Les plus anciens de nos drones en service vont quant à eux pouvoir emporter des bombes à guidage laser GBU-12 dès Noël.

Ce sont donc finalement deux de nos cinq actuels General Atomics MQ-9 Reaper Block 1 qui seront modifiés d’ici fin décembre afin d’emporter cette arme de facture américaine. Pour mémoire la bombe guidée GBU-12 est une munition d’une masse totale de 273kg pour une charge offensive de 87kg, en fait un corps de bombes Mark 82. On estime actuellement que son écart circulaire probable (aussi connu sous l’acronyme anglais de CEP) est d’un mètre dix. Ce qui signifie qu’au maximum la bombe frappera à cette distance de sa cible, que celle-ci soit immobile ou en mouvement.

Or on sait depuis maintenant quelques années que la bombe GBU-12 est l’arme non propulsée la plus efficacement employée par les drones MQ-9 Reaper. L’autre munition la plus fréquemment employée par l’avion américain sans pilote est le missile air-sol léger (certains diront encore missile antichar) AGM-114 Hellfire. L’aviation américaine a fait la terrible démonstration en Irak, en Syrie, mais également en Afghanistan ou encore dans la zone tribale pakistanaise de la précision de ces deux armes tirées depuis cet aéronef.

Et ça tombe particulièrement plutôt bien puisque les missiles AGM-114 Hellfire et les bombes GBU-12 sont largement employés de nos jours par les militaires français. Les premiers comme missile de base sur les hélicoptères de combat Eurocopter Tigre HAC de l’ALAT et les seconds comme munition de précision par les avions de combat Dassault Aviation Mirage 2000D et Rafale de l’Armée de l’Air. Dans ce second cas c’est même devenu un duo mythique. Autant dire que les femmes et les hommes de la 33ème Escadre de Surveillance, de Reconnaissance, et d’Attaque seront en terrain connu niveau armement. C’est en effet cette nouvelle unité de l’Armée de l’Air qui mettra en œuvre à l’horizon du printemps prochain les premiers Reaper Block 5 produits aux États-Unis.
Rappelons que la décision (politique) d’acheter ces nouveaux Reaper «armés» avait été rendue publique durant l’été 2017.

AGM-114 Hellfire et GBU-12 : une configuration qui préfigure les futurs Reaper Block 5 français.

Dans le même temps on a appris ces derniers jours que la France faisait pression sur ses partenaires européens pour que le futur drone EuroMALE soit lui aussi en capacité de mener des missions d’attaque et d’appui, en plus de celles plus classiques de renseignement aéroporté. Cet engin bimoteur à turbopropulseurs est rappelons-le un programme piloté par Airbus Defense & Space avec le concours de Dassault Aviation et de Leonardo. Il doit permettre d’équipe les forces allemandes, espagnoles, françaises, et italiennes à l’horizon 2025-2026. Son premier vol est attendu entre fin 2023 et début 2024.
L’Armée de l’Air prépare donc l’après Reaper, et surtout l’émancipation des Européens vis à vis des Américains sur le très sensible dossier des drones de combat. Gageons que dans un tel scénario l’EuroMALE pourra emporter des munitions exclusivement de conception et de fabrication provenant de pays européens.

Photos © Armée de l’Air et US Air Force.

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