C’est la première fois qu’un officiel russe confirme que les décisions occidentales de frapper l’économie russe ont des répercussions sur le domaine des avions de combat. Le conglomérat Rostec a révélé que le programme de développement du futur chasseur de 5e génération Sukhoi Su-75 Checkmate prendra au minimum deux ans de retard. C’est un très gros coup dur pour le groupe United Aircraft Corporation, maison-mère de Sukhoi, déjà impacté au travers de sa filiale Irkut. Pour mémoire Moscou présente cet avion comme supérieur à toutes les productions américaines et européennes.

Jusque là les programmes aéronautiques lourdement touchés par les sanctions américaines et européennes n’étaient pas lié à l’aviation de combat, en tout cas pas directement. L’annulation du Beriev A-100 et la fin du développement de l’hélicoptère Kamov Ka-62 étaient de vraies mauvaises nouvelles mais rien de comparable au tsunami que serait l’abandon du Su-75 Checkmate. On en n’est pourtant pas encore là.
Car les premiers paquets de sanctions votées par les États-Unis, l’Union Européenne, la Grande Bretagne, et plusieurs autres pays comme l’Australie ou le Japon montrent déjà leurs effets sur ce programme visant à concurrencer le Lockheed-Martin F-35 Lightning II et son hégémonie annoncée.

Quand il a été dévoilé l’été dernier le Su-75 Checkmate a fait l’effet d’un uppercut. Après le très décevant Sukhoi Su-57 Felon la Russie réussissait enfin à impressionner, un peu comme l’URSS le fit en son temps. À l’automne dernier déjà l’Algérie se positionnait comme premier potentiel client export digne de ce nom.
Et puis fin février ça a été la douche froide : le dictateur Vladimir Poutine a lancé son aviation et son armée contre l’Ukraine. La guerre frappait l’Europe, le grandes démocraties punissaient l’économie russe.

Le premier impact révélé par les porte-paroles de Rostec est un retard global de deux ans dans le calendrier prévisionnel du Su-75 Checkmate. Sa production en série initialement prévue pour commencer en 2025 ne pourrait pas avoir lieu avant 2027, ce qui implique que l’avion ne sera pas opérationnel avant la fin de la décennie. Au plus tôt, et si de nouvelles sanctions ne viennent pas grossir les difficultés financières et industriels de Sukhoi. Or la récente décision russe d’exclure des diplomates espagnols et français devrait faire réagir très rapidement l’Union Européenne et les deux pays en question.

Rostec et sa branche United Aircraft Corporation sont t-elles en train de préparer l’opinion publique russe à une future annulation du programme Su-75 Checkmate ? Ce n’est pas impossible car si les retards de développement sont monnaie courante en Russie la transparence sur le sujet ne l’est pas. Culturellement la Russie ne communique que le strict nécessaire. Alors on ne peut que s’interroger sur l’avenir de cet avion pourtant ô combien intéressant.
Affaire donc à suivre.

Vue d’artiste © Keypublishing

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7 COMMENTAIRES

  1. En plus, pas sûr qu’il sortira tout équipé, à l’image des voitures produites en Russie qui sont autorisées dorénavant à sortir sans ABS et autres systèmes de sécurité!

    • Non Dimitri, nous en France on ne rêve pas de vos avions russes qui récupèrent des pièces détachées chez « Darty » pour pouvoir tenter de bombarder des écoles, des hôpitaux ou civils…
      On préfère nos avions rafales qui piquent de nombreuses parts de marché au SU35 par exemple

      • Je vais vous demander Mikaschistera de rester correct vis-à-vis de Dimitri. C’est quelqu’un qui nous lit depuis des années, qui a toujours été très correct dans ses nombreux commentaires, et qu’il est impossible de taxer de « pro-poutinisme ». Que chacun puisse exposé son point de vue en commentaire mais cordialement.

    • il faudrait les fond nécessaire déjà et une plus grande volonté de la part des pays partenaire. voici le principal problème lorsqu’on veut développer un appareil en commun. cela prend trop de temps, et lorsqu’il volera enfin, sa technologie ne sera pas nouvelle puisque il y a plus de chance que d’autre avions (notamment américain et chinois) ayant les même technologie soit mis en service avant le SCAF.

      • Sauf François que la France n’a pas les moyens de gérer seul un tel programme. Ou alors à la condition de sortir de l’Union Européenne, ce qui fort heureusement n’arrivera jamais.
        Et on va arrêter ici les digressions sur le SCAF car le sujet de l’article c’est le Su-75 !

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