Voila qui risque de ne pas plaire du tout à ses voisins. Ce mercredi 20 novembre 2019 le gouvernement américain a avalisé le projet d’acquisition d’hélicoptères de combat Boeing AH-64E Guardian par les Forces Royales Air marocaines. Rabat continue donc son rapprochement avec Washington, au détriment des Européens. Il s’agit de remplacer deux modèles d’hélicoptères dont le principal est d’ailleurs français.

À l’origine le gouvernement marocain comptait acheter vingt-quatre de ces hélicoptères mais finalement après négociation avec Boeing ce sont donc trente-six exemplaires qui sont commandés. Pour mémoire l’AH-64E Guardian est l’ultime variante du célèbre Apache développé par Hughes puis McDonnell-Douglas entre les années 1970 et 1980. Pour autant c’est un hélicoptère ultra-adapté à son environnement ; et donc un redoutable compétiteur pour les deux meilleurs modèles du genre aujourd’hui : les Airbus Helicopters Tiger européens et Kamov Ka-52 russes.

Il est d’ailleurs intéressant de voir qu’aucun appel d’offre international n’a été formulé par le ministère marocain de la défense. Il a décidé seul dans son coin d’attribuer ce marché public à la branche voilure tournante du célèbre avionneur américain. C’est son droit légitime, même si en ces temps de transparence cela peut surprendre. Les concurrents européens de Boeing, comme Airbus Helicopters et Leonardo n’ont pas été sollicité, même si un temps le Maroc envisagea l’AW.129 Mangusta comme potentiel hélicoptère de combat. Même l’hélicoptériste américano-canadien Bell et son pourtant très efficace AH-1Z Viper sont passés à la trappe.
Les constructeurs russes auraient de toutes manières été hors-compétitions, les relations avec Moscou n’étant pas au beau fixe depuis plusieurs années.

Outre donc ces trente-six hélicoptères de combat la commande concerne également l’armement. Si on ne connait pas le détail en terme de volume par contre nous savons quelles munitions les futurs AH-64E Guardian marocains emporteront. Des missiles air-sol AGM-114L et AGM-114R Hellfire évidemment, mais également des missiles air-air AIM-92H Stinger, ou encore des roquettes de 70mm à guidage laser APKWS. Le Maroc compte donc sur ces aéronefs pour être les plus polyvalents possibles.

Il est intéressant de remarquer qu’à peine la décision du gouvernement américain connue des articles sont parus dans la presse algérienne voisine, majoritairement dans des publications à tendance nationaliste. À croire que leurs articles étaient écrit d’avance. Ces journaux critiquent la décision marocaine d’avoir recours à des hélicoptères occidentaux, et pis américains. Et leurs journalistes n’hésitent pas à comparer ces nouveaux aéronefs à ceux en service dans l’Al Quwwat Aljawwiya Aljaza’eriiya. Et désolé de les contredire mais non les Mil Mi-24V ne peuvent pas rivaliser avec des Guardian. Les Mil Mi-28N par contre oui, et c’est sans doute à cause de la présence de ces derniers dans l’arsenal algérien que le Maroc a décidé d’investir dans de vrais hélicoptères de combat.

Car jusqu’à présente le Maroc alignait des hélicoptères plutôt désuets pour ses missions de combat et de reconnaissance armée. Majoritairement il s’agit d’Aérospatiale SA.342L Gazelle armés de missiles antichars HOT ou de roquettes Brandt de 68mm achetés à la fin des années 1970. En outre depuis le début des années 1990 l’aviation marocaine utilise huit Bell 206B civils pour de la reconnaissance armée. Ce sont ces deux modèles qui vont devoir laisser la place à l’AH-64E Guardian à l’horizon 2023.
Il s’agira alors d’un véritable bond technologique.

Photo © US Department of Defense.

 

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