Ça pourrait ressembler à un pari un peu fou mais cela pourrait bien se réaliser dans les années à venir. C’est ce que le constructeur naval américain General Dynamics Marine Systems propose à la Kaijō Jieitai, la marine japonaise. Et le cœur de ces modifications serait le destroyer porte-hélicoptères Izumo qui se verrait transformer en porte-avions de type CATOBAR. Le Japon deviendrait donc le seul pays hormis les États-Unis et la France à utiliser cette configuration si particulière.

Pour autant il faut voir que l’Izumo est d’un tonnage bien moindre que notre Charles de Gaulle, 27000 tonnes pour le navire japonais contre 42500 tonnes pour le porte-avions français. Mais leurs différences de tailles sont bien moindre : 248 mètres pour le premier et 261.5 mètres pour le second. Indubitablement l’industriel américain devra faire grossir client s’il veut le rendre apte à devenir un porte-avions CATOBAR.

Ce terme un peu barbare signifie Catapult Assisted Take-Off Barrier Arrested Recovery. C’est à dire qu’il s’agit de porte-avions catapultant leurs avions et les faisant apponter à l’aide de brins d’arrêt. C’est ce que l’on retrouve donc sur le Charles de Gaulle et les navires américains de classes Nimitz et Gerald R. Ford. D’ailleurs cette dernière devrait avoir un gros point commun avec le futur porte-avions Izumo : la catapulte magnétique. Cette nouvelle technologie présentée comme plus fiable par les Américains que les traditionnelles catapultes à vapeurs a en effet été conçu par General Dynamics Marine Systems pour le compte de l’US Navy. Sauf qu’elle connait quelques gros soucis de mise au point, allant même jusqu’à retarder la mise en service opérationnel de l’USS Gerald R. Ford de plusieurs mois.

Qui dit porte-avions CATOBAR dit forcément avions à mettre dessus. Bien entendu aucune chance que le Japon n’achète des Dassault Aviation Rafale M il se tournera beaucoup plus vraisemblablement vers le Lockheed-Martin F-35C Lightning II. Ce pays a d’ores et déjà commandé la version à décollages et atterrissages verticaux.
Des Northrop-Grumman E-2D Hawkeye II devraient compléter l’arsenal, ainsi évidemment que des hélicoptères et des drones embarqués.

Reste cependant que si le gouvernement japonais se dit officiellement très intéressé par le programme, ayant déjà envisagé des modifications profondes de ses navires de classe Izumo, il sait aussi demeurer prudent. Les retards considérables dans le programme de catapultes magnétiques ne laissent pas entrevoir une entrée en service de porte-avions avant au plus tôt 2025-2027. Sans compter les dépenses annexes que sont les avions de combat. Et enfin une question de taille subsiste : propulsion thermique ou propulsion nucléaire, et là dessus General Dynamics Marine Systems demeure très flou.

Photo © ministère japonais de la défense.

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11 COMMENTAIRES

  1. – Ou prendre la puissance instantanée nécessaire à une catapulte électromagnétique ?
    – Pensez-vous sérieux de ‘ nucléariser ‘ un bâtiment à posteriori ?
    – Les anglais avaient étudié les modifications identiques mais avaient jugé cela trop cher, et c’était avant construction !
    – Vous voyez l’opinion publique Japonaise accepter une propulsion nucléaire !?

    • Un navire à propulsion nucléaire est construit différemment d’un navire classique, ne serait-ce que par le besoin d’isoler le réacteur du reste du navire par un blindage spécifique anti-rayonnement. Je ne pense pas qu’il soit possible de nucléariser un navire qui n’a pas été dessiné d’avance pour cela, il sera plus économique (et plus sûr) de construire un nouveau navire.
      Pour ce qui est de la puissance instantanée pour un catapultage électromagnétique, on doit pouvoir contourner le problème en alignant des batteries qui chargent la puissance en amont. Cela dit, ces batteries sont lourdes et consommatrices de place, où les placer ?

      • Il me semble avoir lu que l’énergie pour le fonctionnement d’une catapulte électromagnétique serait stocké dans des volants d’inertie. C’est la solution qui permet de délivrer la puissance instantanée nécessaire pour le fonctionnement de ces catapultes …

        • Oui ça peut fonctionner aussi de cette manière mais ça ne résout pas le problème initial : vous les casez où, dans le bateau, ces volants ? Y a pas de place prévue pour 😛

  2. L’article 9 de la constitution du Japon stipule que « Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l’État ne sera pas reconnu. ».
    Il a été rédigé sous l’autorité du grand général MacArthur.
    Il sous-entend qu’un simple porte-aéronefs viole la constitution alors que dire d’un porte-avions.
    Il est grand temps que la communauté internationale mette un frein à la rémilitarisation du Japon qui a fait tant de mal par la guerre.

    • Mettre un frein à la remilitarisation du Japon ? Pour mémoire monsieur Lorré la Seconde Guerre mondiale est terminée depuis presque 80 ans, il serait peut-être temps de laisser ce pays décider par lui-même de sa politique de défense. Non ?

    • Moui, dans ce cas là, il faudrait aussi empêcher l’Allemagne d’avoir une capacité de projection de force de projection.

  3. Vu les modifications lourdes nécessaires (catapultes, brins d’arrêt, pont oblique, hangar assez grand pour contenir un hawkeye) mieux vaut investir dans un PA neuf.

  4. Aucun rapport avec cet article concernant le porte avions Jap mais un bon conseil:
    Ne perdez pas votre temps à regarder le film ‘Dauntless’: sorti en 2019 !
    Ambiance guerre du Pacifique en prélude à Midway, ça barbote ça barbote ……que dis_je : ça barbote …..

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