C’est assurément un des programmes de voilures tournantes militaires les plus intéressants des vingt-cinq dernières années : un nouvel hélicoptère de transport tactique ! Ce mardi 3 décembre 2019 le ministère russe de la défense à accepté en unité son premier Mi-38T, un appareil construit par Kazan Helicopters. Même s’il ne s’agit que d’une machine de présérie elle préfigure le futur successeur du Mil Mi-8 hérité de la guerre froide. Et le moins qu’on puisse dire c’est que la Russie est ambitieuse sur ce coup là.

À terme Kazan Helicopters table sur un minimum de 250 exemplaires de série, commandés d’ici à 2022 et dont l’entrée en service devrait s’échelonner de 2024 à 2030. Mais en attendant ce premier Mi-38T, codé Red 72, n’a pour mission que de conforter les militaires russes dans les atouts de l’appareil. Il est à signaler que cet hélicoptère n’est pas le prototype qui avait volé pour la première fois il y a un tout petit peu plus d’un an.

Sur le papier ce Kazan Mi-38T est un mastodonte du transport tactique. Quarante soldats équipés et armés peuvent prendre place à bord de sa cabine qui peut aisément également en mode soute recevoir cinq tonnes de fret dont des véhicules légers ou encore des batteries anti-aériennes. Reste cependant quelques inconnues et ce sera donc à ce Red 72 d’y répondre. La capacité de levage sous élingue, les potentialités d’emploi du Mi-38T comme machine de recherches et de sauvetages en mer, ou encore son emploi en haute montagne ou encore en conditions polaires. Car les hélicoptères militaires russes peuvent voler dans des conditions climatiques extrêmes avec des températures estivales souvent très hautes et les plus basses de la planète (hors Antarctique) en hiver.

Dans le même temps l’acceptation du Mi-38T sous les couleurs russes peut conditionner sa future commercialisation sur le marché de l’export. Et pas uniquement en tant qu’hélicoptère militaire mais aussi comme machine civile. Reste néanmoins un adversaire de taille : le Mil Mi-8 lui-même. L’hélicoptère qu’il doit remplacer est tellement omniprésent que le remplacer va relever du défi herculéen comme l’a été en son temps celui du Dakota dans l’aviation civile d’après-guerre. Ça ne sera pas évident pour Kazan Helicopters.

Photo © Kazan Helicopters.

 

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