Même si cette technologie n’a rien de révolutionnaire puisqu’elle est issue de la transformation d’anciens avions de combat en drones-cibles, à l’image des actuels QF-16, elle reste assez remarquable. L’avionneur Boeing et l’US Navy ont annoncé conjointement ce mardi 4 février 2020 avoir réalisé une série de tests autour de deux Boeing EA-18G Growler contrôlés à distance depuis un F/A-18F Super Hornet. Cependant des pilotes se trouvaient à bord des avions de guerre électronique afin d’assurer les phases de décollage et d’atterrissage. Ce concept est connu sous le terme anglais de Manned & Unmanned.

C’est au cours du dernier trimestre 2019 que les essais ont eu lieu aux États-Unis, depuis les installations de NAS China Lake dans le désert de Californie. Ce qui a fait dire à plusieurs experts et journalistes spécialisés que les avions employés appartenaient ou étaient détachés auprès de l’escadron d’essais VX-9. Pour autant cette information n’a pas été confirmée par le Pentagone. Ce qui est sûr c’est que les aéronefs ont opéré dans diverses conditions, de jour comme de nuit.

Les deux Boeing EA-18G Growler et le F/A-18F Super Hornet employés ont été spécialement modifiés par des équipes de l’avionneur. Après leur classique décollage les équipages des avions de guerre électronique «perdaient» ainsi la maîtrise de leur mission, se reposant sur le pilotage à distance. Il devenaient ainsi des drones pouvant être classiquement télépilotés, sauf que la manœuvre n’était pas réalisée à partir d’un shelter mais depuis la place arrière de cockpit de l’avion de combat. Une fois la phase dite drone terminée le pilote reprenait les commandes de son Growler et en assurait l’atterrissage.

Bon dit comme ça c’est sûr ça parait simple. Dans la réalité des faits ça l’est nettement moins. Car il faut pour cela que le télépilote installé en place arrière sur le Super Hornet puisse contrôler non pas un mais deux avions, et on ne parle pas ici de petits drones cibles de quelques centaines de kilos propulsés par un moteur à pistons. Ce sont des avions de combat pesant près de trente tonnes au décollage et disposant de deux puissants réacteurs à postcombustion. Ils ne réagissent pas facilement en vol.
D’où le fait que Boeing et l’US Navy aient forcément eu recours à une IA, une intelligence artificielle, afin de facilité le travail de contrôle à distance.

Mais ce premier vol expérimental n’est vraiment qu’un début.
Car d’autres phases doivent maintenant être réalisées : le décollage et l’atterrissage en autonome, c’est à dire sans l’intervention d’un pilote à bord des deux Growler. Viendra ensuite la partie des tests en mer. Car la finalité est bien là : disposer d’avion contrôlés à distance et opérant en essaim depuis un porte-avions. Faire apponter un drone propulsé par réacteur les marins américains connaissent cela grâce aux innovations du Northrop Grumman X-47B. Mais en faire atterrir plusieurs c’est une autre paire de manche, surtout dans des conditions de réalisme maximal.

Alors oui cette première série de tests du concept Manned & Unmanned est vraiment emballante. Car elle préfigure ce que sera l’aéronautique militaire du futur : un avion chargé de diriger à distance d’autres avions télépilotés voire carrément des drones.
La France est engagée dans cette seconde vision des choses au travers d’un futur duo axé sur les Rafale et NeuroN. Mais ça, c’est une autre histoire.
Clairement nous seront attentifs dans les semaines et mois à venir sur l’évolution de cette technologie et nous vous en tiendrons informés.

Photo © US Navy.

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1 COMMENTAIRE

  1. M’est d’avis que le fait que les F-16 et F-18 aient des CDVE doit faciliter la tâche de les rendre pilotable à distance.
    D’autre part, je pense que comme pour le nEUROn ( et non pas NeuroN Arnaud 🙂 ), les avions ainsi dronisés sont autonomes niveau conduite en vol, le pilote qui les dirige envoie des macro-ordres correspondant à des manœuvres à effectuer, je le vois mal en train de « titiller » le manche!

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