Drôle de semaine que vient de vivre le biréacteur monocouloir américain, un mélange d’espoir et de désillusions. Boeing a reconnu qu’un de ses 737 Max 7 avait entamé une série de vols d’essais à l’intérieur de l’espace aérien américain. Quelques jours plus tard trois compagnie aériennes américaines annonçaient qu’elle n’envisageaient pas le retour à la normale de leur flotte de ces avions de ligne avant au plus tôt l’été à venir. Le ciel ne s’éclaircit dont pas encore pour cet aéronef.

Ce lundi 10 février 2020 l’avionneur Boeing reconnaissait publiquement auprès des médias américains avoir relancé trois jours plus tôt la campagne d’essais en vol de sa famille 737 Max. Pour cela les vols sont réalisés grâce à l’avion porteur de l’immatriculation civile N7201S.
Dans les faits l’avion d’essais en vol, un Boeing 737 Max 7, a réalisé plusieurs vols très encadrés entre les installations de Seattle et trois aéroports américains : Kansas City dans le Missouri, Lincoln dans le Nebraska, et Sioux Falls dans le Dakota du sud. Ces vols ont permis selon l’avionneur de valider certains concepts d’ingénierie autour de la famille 737 Max et de son logiciel MCAS. Pour mémoire ce dernier est au cœur du scandale !
D’autres vols d’essais doivent cependant encore avoir lieu avant que ne débutent les vols de certifications, réalisés eux par l’administration fédérale américaine.

Car la Federal Aviation Administration a bien insisté sur le fait que les vols réalisés par Boeing sur sa version courte du 737 Max ne concernaient nullement la certification de type de l’avion. Le divorce entre l’avionneur et la FAA semble donc désormais consommé. Une annonce qui n’a pas vraiment rassuré les employés et actionnaires du constructeur.

Et ce vendredi 14 février 2020 trois compagnies aériennes américaines en remettaient une couche. American Airlines, Southwest Airlines, et United Airlines annonçaient qu’elles n’envisageaient pas un retour à la normale de leur flotte de 737 Max avant au plus tôt la seconde moitié de l’été prochain. En premier c’est Southwest Airlines qui devrait les remettre en service le 10 août 2020, suivi le 18 août par American Airlines, et enfin le 4 septembre par United Airlines.
Pour mémoire American Airlines possède actuellement vingt-quatre des cent 737 Max 8 qu’elle avait commandé. Southwest Airlines de son côté dispose de trente-quatre 737 Max 8 sur un total de deux-cent quatre-vingts exemplaires achetés, tandis qu’elle n’aligne aucun des trente 737 Max 7 qu’elle a acquis. United Airlines enfin aligne quatorze des quatre-vingt-cinq 737 Max 9 achetés. Évidemment tous ces avions sont aujourd’hui interdits de vol, faisant perdre au quotidien des dizaines de milliers d’euros à ces transporteurs.

Mais l’option choisie par ces trois transporteur est assujettie à la décision finale de l’aviation civile américaine. Et rien ne dit qu’elle ira dans le sens voulu par Boeing ou par les compagnies aériennes.

Photo © Kansas City Star.

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2 COMMENTAIRES

  1. Effectivement il semble bien que l’avenir du 737Max soit incertain car Boeing ne communique que sur les mesures à prendre pour convaincre la FAA d’autoriser l’avion à revoler. Ensuite il y aura les 800 avions immobilisés à modifier … Par contre silence radio sur la reprise de l’activité des lignes de montage de Renton et aucune info non plus de la part des fournisseurs, du coup on peut se poser cette question « le 737Max est-il condamné ? ». Avant le 737Max les autres modèles du 737 se vendaient avec plus ou moins de succès, mais connaissant la puissance politique des USA on peut penser que ces modèles pourraient gagner sur bien des marchés.

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