Le moins qu’on puisse dire c’est que l’US Navy joue la carte de la constance face à l’Iran. Depuis ce mercredi 18 mars 2020 elle dispose de deux porte-avions déployés dans la région. De ce fait elle aligne un total de 180 avions et hélicoptères à quelques dizaines de kilomètres seulement des côtes de la république islamique, sans compter les appareils embarqués sur les bâtiments d’accompagnement. Pourtant rien n’indique actuellement que des frappes aient été programmées par le Pentagone.

Non simplement Washington a décidé de ne pas relâcher la pression sur Téhéran et son régime théocratique. Et de ce fait elle a un double argument de poids : le couple USS Dwight D. Eisenhower et USS Harry S. Truman. Et oui c’est bien ça, l’US Navy maintient deux porte-avions en Mer d’Arabie ! Et pas un qui vient remplacer l’autre, en tous cas pas à l’heure actuelle.
C’est une puissance de feu incontestable à quelques kilomètres des eaux territoriales iraniennes. Les équipages des deux navires de guerre américains demeurent dans les eaux internationales afin de ne pas provoquer l’ennemie. Il n’est pas question de déclencher une guerre avec une potentielle puissance nucléaire.

Les deux porte-avions voguent de conserves.

Pour autant entre l’USS Harry S. Truman déjà sur place depuis plusieurs semaines et l’USS Dwight D. Eisenhower qui vient d’arriver ce ne sont pas moins de 180 aéronefs de combat et de soutien. Soit un total de 90 avions et hélicoptères par porte-avions américain, excusez du peu.
Si le Carrier Strike Group 8 de l’USS Harry S. Truman n’accueille que des aéronefs de l’US Navy il en est différemment du Carrier Strike Group 10 de l’USS Dwight D. Einsenhower qui possède une unité de l’US Marines Corps : l’escadron VMFA-312 évoluant sur McDonnell-Douglas F/A-18C Hornet. Cette formation est spécialisée dans l’appui tactique rapproché.

Hawkeye paré au décollage du pont d’envol de l’USS Harry S. Truman.

Pour le reste les deux porte-avions accueillent de très classiques machines. Des avions de combat Boeing F/A-18E/F Super Hornet et EA-18G Growler, des avions de veille radar Northrop-Grumman E-2D Hawkeye, des avions-cargos Grumman C-2A (R) Greyhound, ainsi que des hélicoptères de combat naval Sikorsky MH-60R Seahawk et de soutien opérationnel MH-60S Knighthawk. Un arsenal aérien qui est censé permettre d’impressionner suffisamment l’Iran pour la faire rentrer dans le rang et cesser d’enrichir son uranium civil à des fins militaires. Si depuis près d’un an cela n’a pas marché, pas sûr que ça réussisse aujourd’hui. Mais comme on dit : l’espoir fait vivre !

Outre ces deux très impressionnants porte-avions l’US Navy entretient plusieurs navires de première ligne en Mer d’Arabie. Le très puissant croiseur lance-missiles USS Normandy rôde dans ces eaux avec à son bord notamment des missiles anti-aériens RIM-66 Standard et des missiles de croisière BGM-109 Tomahawk. Il embarque également deux hélicoptères de combat naval Sikorsky MH-60R Seahawk spécialisés dans la lutte anti-sous-marine. Son sister-ship USS Vella Gulf est arrivé quant à lui dans la région dans le sillage de l’USS Dwight D. Eisenhower, avec le même armement et les mêmes modèles d’hélicoptères.
Au moins deux sous-marins nucléaires d’attaque de classe Los Angeles accompagnent également cette surprenante armada. Pour d’évidentes raisons de sécurité on ne sait pas lesquels.

L’EA-18G Growler est un maillon essentiel de l’effort de guerre américain en Mer d’Arabie.

Il est à signaler que depuis l’apparition dans les eaux de la Mer d’Arabie du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower le porte-aéronefs USS Bataan les a quitté. Pas pour aller bien loin cependant puisqu’il a traversé le Bab-el-Mandeb afin de rejoindre la Mer Rouge. Ses avions de combat McDonnell-Douglas AV-8B Harrier II et ses hélicoptères d’appui tactique Bell AH-1Z Viper et UH-1Y Venom ne représentent cependant plus dans l’immédiat la moindre menace pour le régime islamique.

Le croiseur USS Vella Gulf et le destroyer USS Truxtun accompagnent l’USS Dwight D. Eisenhower.

Quoique l’on pense de ces opérations aéronavales américaines en Mer d’Arabie il est incontestable que déployer deux porte-avions en 2020 continue d’impressionner. Sur ce coup là l’US Navy marque des points.

Photos © US Navy.

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4 COMMENTAIRES

    • Et pourtant ils voguent de conserve comme deux avions peuvent voler de conserve. C’est du vocabulaire de marine. Pour le reste merci, c’est notre rôle de vous tenir informer avec autre chose que le gros virus planétaire. 😉

    • Décidément cette expression n’a pas beaucoup de succès 🙂 Pourtant c’est parfaitement français.
      Certains devraient se renseigner avant d’écrire un commentaire pour se ridiculiser.

  1. Le baril de pétrole à 20 USD sur les marchés risque de faire beaucoup de tort à l’industrie du pétrole de schiste US. Il doit être au-dessus des 50 USD pour être rentable.: mais il y a un moyen très simple pour le faire remonter, Un conflit dans le Golfe, avec des moyens suffisants pour garder le contrôle.

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