L’information peut paraître saugrenue mais elle est tout ce qu’il y a de plus sérieuse. De retour de la zone de tensions de la Mer d’Arabie l’USS Harry S. Truman n’a actuellement pas d’autre choix que de naviguer en Atlantique nord afin d’attendre d’éventuels ordres de déploiement. Cet état de fait assez surprenant est lié à l’épidémie de Covid19 qui frappe les États-Unis. En attendant son équipage ainsi que celui de ses navires d’escorte ne sont pas près de revoir leurs familles respectives.

Catapultage d’un avion de combat, une mission du quotidien à bord.

Aux 6012 femmes et hommes d’équipage de l’USS Harry S. Truman il convient en effet d’ajouter les 330 du croiseur lance-missiles USS Normandy, les 380 du destroyer USS Forrest Sherman, les 322 du destroyer USS Lassen, les 290 du destroyer USS Farragut, et enfin les 103 du navire de soutien logistique USNS Patuxent. Soit un total de 7437 militaires américains qui aimeraient mieux sans doute retrouver leurs familles dans cette période de stress qu’est la pandémie de Covid19.

La raison justement de cette patrouille d’un minimum de trois semaines est liée à la crise sanitaire découlant de ce coronavirus. Les autorités fédérales américaines tiennent à disposer d’un porte-avions en alerte à proximité de la Méditerranée. Mais elles ne veulent pas prendre le risque de voir ce porte-avion infecté à quai, le rendant ainsi totalement inopérant. Les problèmes sanitaires de l’USS Theodore Roosevelt mais également du Charles de Gaulle sont devenus de véritables cas d’école. Sans compter en plus que l’USS Gerald R. Ford n’est pas encore prêt pour une telle mission., malgré ses récentes manœuvres en Atlantique nord également. C’est donc logiquement à l’USS Harry S. Truman que revient cette mission.

Le destroyer USS Forrest Sherman et un de ses hélicoptères embarqués Sikorsky MH-60R Seahawk.

Si l’USS Gerald R. Ford demeure au plus près des eaux territoriales américaines l’USS Harry S. Truman fait lui des ronds dans l’eau de l’autre côté de l’Atlantique nord. Il passe son temps entre le large de l’Afrique occidentale, les côtes portugaises, et espagnoles. Il est également question désormais qu’il s’aventure dans le golfe de Gascogne. Et de ce fait l’US Navy est obligée de s’adapter. Ainsi les Boeing P-8A Poseidon de l’escadron VP-4 stationnés à NAS Sigonella dans l’est de la Sicile doivent désormais patrouiller à proximité du porte-avions et de ses navires d’accompagnement.

En attendant donc les avions embarqués à bord de l’USS Harry S. Truman enchaînent les vols d’entraînement tandis que des Boeing F/A-18E/F Super Hornet et Northrop-Grumman E-2D Hawkeye assurent sa défense air-air. Une véritable bulle de sécurité a été pensée autour du bâtiment et de ses navires d’accompagnement. Les vols du quotidien comme les missions VertRep réalisées par les hélicoptères embarqués entre les différents navires se poursuivent également. La mécanique, l’entraînement au tir, ou encore le sport sont évidemment très présents aussi. Il faut bien occuper les équipages.

Fin de catapultage pour ce Boeing EA-18G Growler.

Les six navires américains doivent donc demeurer dans cette forme de statu-quo au moins jusqu’à début mai. D’ici là à Washington les amiraux américains auront sans doute pris une décision quant à l’avenir de cette mission, à son éventuellement poursuite. Finalement c’est un confinement qui ne dit pas son nom pour ces femmes et ces hommes.

Photos © US Navy

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2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    C’est quoi le ratio homme/femme à bord. Car s’ils sont les seuls survivants de l’espèce …
    Je pense que le premier ravitaillement doit être … du bromure !

    Sans parler de problème de contamination possible, un beau geste de notre marine serait de les ravitailler en croissants chauds tous les matin. Simple exercice de logistique non ? A ben mince, notre seul bâtiment est ‘immobilisé’ à Toulon !

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