Le plus important dans le jeu d’échecs c’est de toujours savoir placer ses pions. Visiblement les stratèges du Pentagone s’en sont souvenus puisque depuis ce lundi 22 juin 2020 des avions de l’US Air Force s’installe sur l’île néerlandaise de Curaçao. Celle-ci se trouve à moins de 70 kilomètres des côtes vénézuéliennes et permet une couverture globale de la zone Antilles-Caraïbes. Officiellement il s’agit pour le Pentagone d’une mission de lutte contre les trafiquants de cocaïne.

Pour autant point d’avion de combat (pour l’instant) dans la zone. Même si un tel déploiement de force pour une mission anti-narcotique commence à faire beaucoup il n’est pas encore question d’autres choses. Et surtout pas de remettre un peu plus la pression sur le régime de Nicolas Maduro. Pourtant le choix de la base aérienne de Hato sur l’île de Curaçao ne laisse pas beaucoup de doutes quant aux «missions secondaires» qui pourraient échoir aux avions de l’US Air Force : du renseignement aéroporté.

Officiellement donc l’US Air Force, tout comme l’US Navy, participe dans la zone Antilles-Caraïbes à une mission de lutte contre les trafics de stupéfiants. C’est principalement le péril de la cocaïne qui est visé. Venue d’Amérique du sud elle inonde ensuite les boites de nuit et les rues américaines et européennes. Et forcément elle tue ! Pour y remédier le Pentagone envoie ses avions. Dans un premier temps des appareils de soutien et de servitude sous la forme d’un Lockheed C-5M Galaxy de transport stratégique. Le lendemain de son arrivée sur le sol néerlandais ce sont trois Boeing KC-135R Stratotanker qui se posaient à Hato. Nous étions alors le mardi 23 juin.
Particularité notable ces trois quadriréacteurs de ravitaillement en vol appartiennent à l’Air National Guard des états de l’Illinois, de l’Iowa, et de Pennsylvanie.

Enfin ce jeudi 25 juin 2020 l’US Air Force est entrée dans le dur de son déploiement avec l’arrivée à Curaçao de deux avions très spécialisés : un Boeing E-3G Sentry appartenant au 964th Airborne Air Control Squadron est arrivé dans la matinée, suivi quelques temps plus tard par un second avion. Cette fois pourtant pas d’AWACS mais un appareil de surveillance encore plus pointu. Un Northrop-Grumman E-8C J-Stars de l’Air National Guard de Géorgie.
Ainsi le Pentagone peut s’assurer d’un parfait contrôle des espaces aériens et terrestres de l’arc caribéen. Ajouter à cela un ou deux passages quotidiens de Boeing P-8A Poseidon de l’US Navy et vous obtenez un parfait renseignement dans les trois dimensions.

Mais bon tout ça ne demeure que dans le strict cadre de la guerre anti-drogue des États-Unis. Tout ça pour quelques centaines de kilos de cocaïne ? Ça fait beaucoup. Sans doute trop même, et même si Washington DC dit qu’il n’y a rien d’autre derrière on peut les croire. L’administration Trump n’a pas l’habitude de mentir…
Bien sûr que positionner deux avions aussi perfectionnés que des E-3G et des E-8C à moins de 70 kilomètres du Venezuela va permettre à l’Amérique de surveiller cet encombrant voisin. Mais chut, il ne faut pas le dire.

Photo © US Air Force.

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