Finalement la succession des Bell UH-1N Twin Huey de l’US Air Force ne se fait pas sans difficulté. L’organisme de contrôle parlementaire GAO vient de rendre un rapport pointant du doigt des risques de sous-motorisation sur les hélicoptères AW.139 commandés auprès de Leonardo et construits avec l’aide de Boeing. L’audit met notamment l’index sur un risque de mauvaise estimation des modifications apportées vis à vis de la masse de l’hélicoptère. Pour autant l’US Air Force se veut confiante sur l’avenir du programme.

Considéré comme proche de notre Cour des Comptes française le Government Accountability Office s’est spécialisé au cours des années dans l’audit des programmes militaires. Il dépend du Congrès, c’est à dire le parlement américain. Beaucoup outre-Atlantique connaissent sa pointillerie concernant l’avion de combat Lockheed-Martin F-35 Lightning II. Désormais donc le GAO le met «au service» du MH-139 Grey Wolf.
Ce programme est rappelons-le né du célèbre Agusta-Westland AW.139 européen, désormais commercialisé par le géant italien Leonardo. Pour les besoins américains il est construit aux États-Unis par Boeing, et c’est ce dernier qui est en charge des modifications apportées à la cellule de l’hélicoptère.

Et ce sont justement ces modifications qui inquiètent les employés fédéraux du Government Accountability Office. Dans leur audit ils mettent en avant des ajouts d’équipements qui feraient redouter que les deux turbines d’origine Pratt & Whitney Canada PT6C-67C ne soient pas assez puissantes. Les deux fois 1530 chevaux seraient alors insuffisantes pour permettre aux hélicoptères de remplir leur rôle premier : assurer la sécurité et le soutien opérationnel des bases de lancement de missiles intercontinentaux de l’US Air Force.
De son côté le Pentagone a communiqué sur ce fait, indiquant qu’il connaissait déjà ce problème depuis le moment où il avait passé commande pour ces hélicoptères.

Pour autant le GAO ne remet pas en cause la validité de la commande des quatre-vingt-quatre Boeing MH-139 Grey Wolf. Par contre il met en garde l’US Air Force sur un risque administratif concernant la Federal Aviation Administration quant à la certification de l’hélicoptère. Une masse en charge trop élevée pourrait empêcher celle-ci d’arriver, ce qui serait un coup d’arrêt au programme puisque les hélicoptères militaires n’auraient pas le droit de voler dans l’espace aérien civil des États-Unis.
De ce fait une entrée en service opérationnel des premiers Grey Wolf pour juillet 2021 semble désormais bien trop optimiste. L’audit du GAO va forcément rallonger un programme qui jusqu’à présent était plutôt connu pour sa régularité.

Alors que devront faire les militaires américains et les équipes de Boeing, Leonardo, et Pratt & Whitney Canada ? Changer les turbines entraînerait forcément des modifications structurelles du MH-139 Grey Wolf alors il est question désormais de se passer de certains équipements comme l’armement externe des hélicoptères. Aujourd’hui la chasse aux kilos superflus est lancée !

Photo © US Department of Defense.

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