Cela pourrait donner naissance à une véritable révolution copernicienne dans l’Armée de l’Air. Dans un récent rapport des députés et de la majorité et de l’opposition pointent du doigt que sans un hélicoptère de transport lourd les opérations spéciales menées par nos commandos vont rapidement devenir difficilement gérables. Logiquement ils se tournent vers les industriels américains puisque leurs homologues européens sont absents du marché. Pour autant ce ne signifie pas que le ministère des Armées ait décidé de donner son feu vert pour une future acquisition.

Les délais de développement d’un nouvel hélicoptère démarré de zéro sont bien trop longs pour envisager rapidement un hélicoptère de transport lourd (ou HTL) conçu par Airbus Helicopters ou Leonardo. C’est en substance le résultat d’une partie du rapport parlementaire qui de ce fait conseille de se tourner vers Boeing Vertol et Sikorsky, sans toutefois clairement les nommer. Les députés français mettent notamment en avant le fait que nos militaires sont désormais aguerris à l’utilisation de tels hélicoptères grâce à nos alliés britanniques et danois qui en ont déployés au sein de la force Barkhane en Afrique.

En fait l’année dernière déjà la possibilité d’acheter des hélicoptères de transport lourd avait été évoqué par l’Élysée. Mais depuis il semble bien que le soufflé soit retombé. Silence radio sur la question, tant du côté de la rue du faubourg Saint-Honoré que de celui de Balard.

Plus surprenant est le fait que finalement si la France venait à acheter de tels hélicoptères de transport lourd ils seraient à la charge de l’Armée de l’Air et non de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre. C’est là aussi un des enseignements de ce rapport parlementaire. L’Armée de Terre se dit réservée sur l’utilité de tels hélicoptères en soutien des forces spéciales autant qu’en appui des troupes conventionnelles. De son côté l’Armée de l’Air est plus en phase avec les hélicoptères de transport lourd.

Le déjà éprouvé Boeing Vertol CH-47F Chinook ou bien l’ultramoderne Sikorsky CH-53K King Stallion ? Lequel de ces deux appareils serait le plus adapté aux besoins français. Un dilemme que nos voisins allemands connaissent actuellement. Là encore le retour d’expérience pourrait aider la France à faire son choix, pourvu qu’une décision politique de l’Exécutif soit prise dans ce sens. Et rien n’y est aujourd’hui acquis.
Affaire donc à suivre.

Photo © US Navy.

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7 COMMENTAIRES

  1. Le problème de notre armée de l’air,est celui que l’on nomme le syndrome du dernier kilomètre ,là où allait le transall là où ne va pas l’a400m et où le casa est trop petit,il n’y a que voir le ravitaillement apporté au plus près des troupes in contact,avec l’a400 une grande partie du stratégique est couverte mais la disparition de la bête de somme qu’est le transall laisse un trou dans la raquette tactique

  2. Pour paraphraser la célèbre phrase de Clinton : « It’s the money, stupid! » ( It’s the economy, stupid!) .Traduction pour les non anglicistes : « C’est l’argent , idiot! ». Tout se résume là, comme d’habitude.

    • Le chinook est déjà très très cher pour les finances françaises ! Alors le v22 et puis faudrait que notre administration planche sur un nom rendez vous compte un truc qui décolle comme un hélico et vole comme un avion ils en ont pour des années à régler le problème convertible est déjà pris par les canapés !!!!!!!lol

  3. Pourquoi ne pas en louer, tout en lançant le développement par Airbus d’une machine adaptée en parallèle ?
    Il faudrait seulement qu’Airbus détermine lui même les caractéristiques de l’appareil en fonction du marché, sans que les gouvernements européens ne puissent imposer chacun leurs propres desiderata.. Pour éviter un fiasco type A400M ?

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