La situation est suffisamment rare pour être soulignée : ce sont les militaires israéliens eux-même qui revendiquent cette action de guerre. Ce lundi 3 août 2020 au soir des avions et hélicoptères de combat de Heyl Ha’Avir ont bombardé plusieurs cibles appartenant à l’armée syrienne. Il s’agissait de représailles après une tentative d’incursion d’un commando syrien en territoire israéliens. Américains et Russes se disent déjà inquiets des risques d’escalade entre les deux pays.

Tout a donc commencé ce dimanche 2 août 2020 au soir. Une escouade de quatre soldats des forces spéciales syriennes est surprise en train d’installer des mines artisanales dans la partie israélienne du plateau du Golan. Immédiatement s’ensuit une série d’échanges de tirs avec les forces de sécurité de l’état hébreu. Les quatre assaillants sont abattus et leurs IED désamorcées.
On aurait pu croire que les Israéliens allaient en rester là. C’est assez mal les connaître.

Il aura donc fallu 24 heures à l’état-major israélien pour mettre sur pied un raid aérien de représailles. Des hélicoptères de combat AH-64D Apache ont réalisé une première série d’attaque contre des positions de l’armée syrienne dans la ville de Quneitra. À l’aide de roquettes et de missiles anti-chars ils ont visé des troupes au sol et plusieurs véhicules dont des chars d’assaut. D’autres cibles plus durement protégées ont été détruites par des chasseurs multi-rôles F-16I Sufa armés de munitions à guidage GPS et/ou laser.

Plus haut des chasseurs de supériorité aérienne d’un modèle non dévoilé assuraient la couverture face à une éventuelle réponse de la chasse syrienne. Ils n’ont rencontré aucune hostilité. De même la DCA syrienne a été des plus inefficaces si on en croit les déclarations israéliennes. Quelques tirs au canon de 23mm et au moins deux missiles sol-air ont été déviés par Heyl Ha’Avir.

Ensuite c’est une bataille de propagandes d’états entre Israël et la Syrie. La première ne revendique aucune perte, tout comme la seconde qui parle d’ailleurs de dégâts matériels mineurs et d’objectifs qui n’ont pas été touché en raison d’un manque de professionnalisme des pilotes israéliens et d’un matériel américain trop ancien pour permettre d’être réellement efficace. Pour mémoire le F-16I est l’une des versions les plus récentes et les plus souvent remises à jour du fameux Fighting Falcon. De toutes manières c’est habituel entre ces deux pays de mentir sur la réalité des raids aériens, que l’on en soit l’auteur ou la victime.
Quoiqu’il en soit on peut objectivement se dire que les Israéliens disposent d’un entraînement et d’un matériel assez pointus pour réussir ce genre d’exercice de style.

Il est à signaler que la ville syrienne de Quneitra n’est pas une inconnue pour les Israéliens. En effet ils l’ont occupé durant sept ans de juin 1967 à juin 1974. D’âpres combats s’y sont d’ailleurs déroulés début octobre 1973 lors du déclenchement de la guerre du Kippour. Quneitra a été en très grande partie rasée par les forces armées et aériennes des deux pays. Ses habitants ont été soit déplacés soit tués. Elle n’abrite plus aujourd’hui que quelques centaines de civiles (contre environ 40 000 en 1965) ainsi qu’une dizaine de garnisons syriennes. Une fois encore elle a donc servi de champ de bataille entre les deux voisins.

Photo © Heyl Ha’Avir.

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6 COMMENTAIRES

    • Si ce sont des « chasseurs de supériorité aériennes », ce serait probablement – en tout logique – des F-15C Baz.
      Le F-35 n’étant pas un chasseur de supériorité aérienne.
      Au conditionnel donc.
      Comme rappelé dans l’article, les belligérants ont pour coutume de « désinformer »..

  1. Ce genre de mission réalisé sans courrir pratiquement de risque interroge malgré tout. Qu’en est-il de l’efficacité des moyens de détection russes installés en Syrie ? Y a t’il une certaine complaisance de la Russie envers Israël ou tout simplement un manque d’efficacité de leurs radars ? Ou bien ont-ils eux aussi (les russes) une utilisation dégradée de leurs systèmes de surveillance ? Il y a probablement beaucoup d’enfumage dans les stratégies militaires, quelqu’un a t’il des réponses à ce genre de questions ?

  2. « dans la partie israélienne du plateau du Golan » : il serait plus juste de dire « sur le plateau du Golan syrien, occupé par l’armée israélienne ».

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