Remplacer un avion d’entraînement n’est jamais anodin pour une force aérienne, et c’est pire encore quand l’avion jouit d’une aura de légende. L’année prochaine l’Indian Air Force devra annoncer son choix en matière de jet d’entraînement intermédiaire, un contrat qui doit déboucher sur environ soixante-dix avions à livrer à partir de 2024. Il s’agit surtout de remplacer le mythique HAL HJT-16 Kiran. Pour mémoire ce dernier est de la même génération que les Delphin, Jet Provost, et autres Magister.

Plusieurs avionneurs étrangers sont sur les rangs, tandis que la Chine en est totalement exclue pour des raisons principalement diplomatiques. De Russie c’est le Yak-130 Mitten qui a été proposé tandis qu’en Argentine on a envoyé la troisième génération de l’IA 63 Pampa.
La presse indienne indique que les nouveaux Aero L-39NG tchèques et Leonardo M-345 italiens pourraient se mettre sur les rangs dans les prochaines semaines tant ce marché est juteux. On parle tout de même de 70 à 75 machines.

Les avions à turbopropulseurs type Beechcraft T-6A Texan II, Grob G.120TP ou encore Pilatus PC-21 en sont exclus car au sein de l’Indian Air Force ils entreraient dans la catégorie des avions d’entraînement primaire. Or dans ce cas de figure elle a acquis l’été dernier le tout nouveau HTT-40 de conception locale. Ce dernier doit permettre de succéder au Pilatus PC-7 Mk-II actuellement en dotation.

Un invité pourrait cependant venir jouer les troubles-fêtes : le HJT-36 Sitara. Ce monoréacteur d’entraînement intermédiaire avait été conçu à la fin des années 1990 sans pour autant réussir à trouver son marché. Son premier vol en 2003 n’avait même pas suscité l’engouement de la part des militaires indiens.
Désormais on parle de lui comme d’un sérieux challenger dans le contrat, d’autant que beaucoup de spécialistes soulignent que l’avion russe pourrait être surdimensionné pour le rôle d’avion d’entraînement intermédiaire. L’Italie et la Tchéquie ne s’étant toujours pas annoncés compétiteurs le petit jet indien se retrouverait en concurrence avec le Pampa argentin.

En fait depuis le printemps 2019 Hindustan Aeronautics Limited a relancé les travaux de son Sitara afin de le rendre plus compatibles avec les exigences de l’Indian Air Force. Et pour la toujours aussi puissante presse indienne cet avion de facture indigène pourrait représenter la machine idéale pour préparer les futurs pilotes à leur passage sur BAE Systems Hawk Mk-132. Alors le Sitara succèdera t-il au légendaire Kiran ? L’avenir proche nous le dira sans doute.

Photo © Indian Air Force

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