C’est un lieu bien connu des passionnés d’aviation en Australie. À Broome dans le nord-ouest du pays s’est déroulé durant la Seconde Guerre mondiale une célèbre attaque japonaise durant laquelle plusieurs hydravions PBY Catalina ont été coulé au mouillage. Aujourd’hui encore les épaves apparaissent quasi quotidiennement avec la marée basse, sauf que depuis quelques semaines elles n’ont plus le même aspect. Alors usure du temps ou vols délibérés, l’affaire y est prise très au sérieux.

Durant la Seconde Guerre mondiale la Royal Australian Air Force utilisa environ 170 amphibies et hydravions Consolidated PBY Catalina. La majorité fut déployée en dehors du territoire australien mais plusieurs exemplaires y demeurèrent. Et cela les Japonais l’apprirent assez rapidement. Ainsi le 3 mars 1942 une attaque aéronavale fut menée par neuf chasseurs-bombardiers embarqués Mitsubishi A6M contre la ville, son aérodrome, et surtout les hydravions au mouillage à Roebuck Bay. Sur les vingt aéronefs détruits sept étaient des Catalina qui n’eurent pas le temps de déjauger.

Jusqu’à récemment on avait parfaitement identifié la position de six d’entre-eux, tout le monde pensait le septième perdu définitivement. Particularité notoire ces PBY Catalina ont coulé à une profondeur très très faible. À peine sept mètres à marée haute, si bien qu’ils sont généralement découverts à marée basse. Ne présentant qu’un risque mineur pour les populations locales ces épaves n’ont jamais été retirées. Elles sont même devenues une sorte d’attraction pour les touristes australiens qui connaissent tous Broome et son cimetière d’hydravions.
Or en septembre 2020 un historien de la région, un peu archéologue sur les bords, avait retrouvé et localisé au GPS le septième Catalina. Il n’était donc plus perdu. En fait il avait dérivé jusqu’à une zone où les touristes et les guides touristiques ne s’aventurent pas trop : la zone naturiste de Cable Beach.

Depuis quelques semaines pourtant, principalement depuis le printemps dernier, les six «premiers» Catalina semblent perdre pas mal de leurs attributs. Des petites pièces de métal mais également des éléments plus imposants. La police locale sait que des collectionneurs cherchent fréquemment à piller les épaves mais les amendes souvent assez salées les dissuadent quand ils se font prendre. Et ces passionnés ne prennent généralement que des morceaux de quelques centimètres carrées, souvent détachées par l’érosion.
Sauf que désormais les éléments manquants sont plus imposants. De nouveau pilleurs ? C’est possible, mais la piste de l’action de Dame Nature sur ces épaves n’est pas écartée pour autant. Anecdote intéressante, depuis sa découverte le septième aéronef n’a pas bougé du tout, il n’a rien perdu. L’érosion ou bien les pilleurs craindraient la compagnie des naturistes ? En tous cas la police australienne veille.

Il faut savoir que si vous vous faites attraper à dérober un morceau d’un de ces hydravions il vous en coûtera 5000 dollars australiens, soit un peu plus de 3000 euros. Sans compter que vous serez interdit de séjour en Australie pour cinq ans. C’est ce qui est arrivé en 2014 à un touriste américain qui pensait pouvoir ramener chez lui un petit souvenir de la plage de Broome. Ça fait cher les vacances.

Photo © San Diego Air & Space Museum.

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4 COMMENTAIRES

  1. Encore une histoire que je ne connaissait! C’est ce que j’adore sur ce site toujours en évolution et plein de découvertes passionnantes.. N’y a t-il pas un site où on pourrait voir ces épaves sous-marines?

    • Malheureusement peu d’images de ces Catalina australiens existent. Mais je reviens vers vous Joseph si je trouve un site qui montre clairement ces hydravions.

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