C’est une petite victoire pour le consortium européen réunissant l’avionneur italien Leonardo et l’équipementier français Thales. Leur drone MALE P.1HH Hammerhead, dérivé de l’avion d’affaire P.180 Avanti, vient de devenir le premier aéronef sans pilote conçu en Europe à voler grâce à un système par satellite. En faisant cela l’industrie européenne se hisse quasiment au même niveau que la concurrence américaine. À l’export ce drone doit équiper la force aérienne des Émirats à l’horizon 2020.

Les ingénieurs de Leonardo (maison-mère de Piaggio) ont ainsi connecté leur système de télépilotage au satellite militaire géostationnaire franco-italien Athena-Fidus. Ce dernier, lancé en 2014, permet aux forces armées et aériennes des deux pays de disposer de leurs propres systèmes encryptés de télécommunication. Ainsi malgré cette mutualisation technologique Français et Italiens conservent la pleine souveraineté de leurs moyens. D’où l’intérêt pour l’avionneur transalpin de l’utiliser pour guider son prototype P.1HH Hammerhead.

Non seulement donc ce drone moyenne altitude longue endurance a été guidé par satellite mais en plus les ingénieurs ont pu traiter en temps réel les données du vol. Un véritable plus pour ces essais en vol mais surtout une capacité opérationnelle non négligeable pour les futurs acquéreurs de cet aéronef sans pilote.

Car même si jusque là seuls les Italiens et les Émiratis ont concrétisé leurs intérêts respectifs vis à vis de ce bimoteur à turbopropulseurs il y a fort à parier que le P.1HH Hammerhead soit dans les années à venir un outil qui comptera sur le marché international. Il est devenu en ce mois de mai 2018 avec ce premier vol via satellite un concurrent sérieux aux meilleures machines américaines.

Les États-Unis et leurs drones General Atomics MQ-1C Grey Eagle et MQ-9A Reaper ont donc désormais tout à craindre de cette machine européenne. Pour autant à la différence de ces dernières le Hammerhead n’est pour l’instant prévu que comme plateforme de reconnaissance et d’espionnage aéroporté. Aucun armement n’est encore à l’ordre du jour chez Leonardo et Thales. Gageons qu’il s’agit là d’une question de mois.

Photo © Leonardo.

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7 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Arnaud,
    Ce drone MALE dérivé d’un avion est bientôt disponible. Pourrait il offrir les mêmes performances que ce que les allemands et les français veulent développer en commun.
    Si oui pourquoi ne pas travailler avec eux ou je le pense nous éviterions une usine à gaz hors de prix ?

      • Bonjour,
        Je parlais du futur drone dont la maîtrise d’œuvre a été récemment confiée à l’Allemagne.
        N’étant pas un spécialiste, peut être me suis je un peu emmêlé les gouvernes

  2. Et bien voilà, j’ai ma réponse à un mail adressé au site il y a un moment…. J’ai la version affaire qui se pose régulièrement à l’aérodrome de Bron, et il est pas spécialement silencieux, voir même très bruyant.

    • C’est la compagnie Oyonnair. Elle possède 3 cessna citation mustang et 3 P180 avanti II. Ces derniers sont des appareils polyvalents jusqu’à 8 passagers, configurables pour les rapatriements sanitaires mono et bi-civières, le transport de VIP ou de frêt. Habitant tout proche de cet aéroport moi aussi je les entends bien avec leur son caractéristique.

      • Pour les habitués du Bourget un P.180 immatriculé au Royaume Uni vient assez régulièrement. Par contre j’ignore qui est son propriétaire.

      • Bonjour,
        Je le vois passer quasiment tous les jours, je vous confirme qu’il émet un son très caractéristique, mais il a une belle allure je trouve.

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