Le ministère des Armées lève un peu le voile sur celui qui devra d’ici moins de vingt ans remplacer notre actuel Charles de Gaulle. Et le moins qu’on puisse dire c’est que les premières informations données montrent un navire qui sera à la pointe de la technologie… de 2020. Pourtant c’est bien en 2038 que ce porte-avions entrera en service, gageons donc que d’ici là il aura su évoluer. Espérons surtout que son design sera moins médiocre que les infographies officielles actuelles.

Bien entendu ce futur porte-avions, dont le nom de baptême n’est toujours pas connu, sera taillé pour accueillir la version navale du SCAF. Pour autant en 2038 il est fort possible que de vieux Dassault Aviation Rafale M opèrent encore dessus. La signature radar du bâtiment sera sans doute moindre que celle de notre Charles de Gaulle, la France ayant acquis une certaine expérience dans le développement de navires furtifs depuis la mise au point de notre géant des mers. Et comme son prédécesseur ce navire du futur sera à propulsion nucléaire, une technologie que notre industrie maîtrise parfaitement. Outre le Charles de Gaulle la totalité des sous-marins français est à propulsion nucléaire.

Grande nouveauté par contre la catapulte électromagnétique, aussi connue comme EMALS, fera son apparition en lieu et place de la traditionnelle catapulte à vapeur. C’est cette technologie que l’US Navy utilisera à cette époque sur les bâtiments de la classe Gerald R. Ford. Une question pourtant existe : cette catapulte électromagnétique aura t-elle été fournie par les États-Unis ou sera t-elle le fruit de l’ingénierie européenne ? Rien ne permet actuellement d’y répondre catégoriquement !

Il faut aussi souligner que ce futur porte-avions sera plus grand que le Charles de Gaulle : 300 mètres de long, 80 de large pour un déplacement de 75000 tonnes. Par comparaison l’actuel porte-avions est à 261 mètres de long, 64 de large, et un déplacement de 42500 tonnes. L’équipage actuel tourne autour de 1900 femmes et hommes, 2000 sur le successeur.
La vitesse de croisière sera inchangée à 27 nœuds, soit environ 50 kilomètres par heure.

On remarquera au passage la qualité discutable des infographies du ministère des Armées.

Des inconnues existent encore comme par exemple la capacité ou non d’accueil de convertiplanes ou d’avions de combat à décollage verticaux. Enfin si officiellement il est question de trente SCAF en version avion de combat on ne sait toujours pas combien de drones et d’hélicoptères ce géant des mers devra emporter. Par contre il est évident qu’il accueillera des aéronefs non-français, cela va dans le sens de l’Histoire et de l’évolution européenne. Son armement défensif est encore sans doute à élaborer.
D’ici 2038 nous aurons largement le temps de revenir sur le sujet.

Illustrations © ministère des Armées.

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16 COMMENTAIRES

  1. « Espérons surtout que son design sera moins médiocre que les infographies officielles actuelles. », je suis d’accord. Notamment, je trouve l’ilot central particulièrement laid.

  2. J’espère bien qu’il sera à la pointe de la technologie en 2038, il y a des experts qui vont y travailler et faute évoluer le concept du PANG, il ne faut pas se juger supérieur a ces experts.

  3. Concernant les EMALS, il est acquis qu’elles seront achetées au US;
    La France ne peut développer une technologie aussi complexe pour uniquement un ou deux navires.
    Les négociations avec le fabriquant General Dynamics sont lancées.

    • Ce qui n’est en revanche pas très clair, c’est le nombre de catapultes… 2 ou 3 ?
      Ça peut faire une différence dans la gestion des pontées et des pannes de catapultes.

      Les maquettes en montrent 2, General Dynamics évoque 3 EMALS….

      • Je pense qu’on peut laisser le temps aux designers et architectes d’en décider mais le ministère des Armées parle toujours de deux EMALS.

      • Oui je confirme les propos d’Arnaud, la décision concernant le nombre de catapultes n’est pas encore prise. Je pense que cela dépendra en partie du prix.

    • En 18 ans je suis étonné qu’on ne souhaite pas développer ce genre de technologie. Certains instituts français et allemand travail sur un canon électromagnétique :
      http://www.opex360.com/2017/12/09/le-projet-franco-allemand-de-canon-electromagnetique-avance/
      Il doit être possible d’en dériver une catapulte… 🙂
      En plus disposer de cette technologie pourrait permettre d’utiliser ce genre de catapulte pour lancer des drones depuis d’autre type de batiment de la Marine, les LHD par exemple.
      Mais bon j’avoue être un béotien. Sur le papier souvent tout va bien, la réalisation est souvent tout autre.

  4. Un design très américain. Qui plus est, ce PANG sera même 2 mètres plus large que les nouveau de la classe Gerald R Ford et doté d’une étave inversée. Il embarquera peut être des EA-18 Growler allemand qui sait. 100 ans après le début de la seconde guerre mondiale, c’est un beau symbole. D’ici là il faudra que notre pays assume le coût faramineux d’un navire pareil. Il faudra relancer l’économie et surtout ameliorer l’état des finances. Surtout qu’il y a une inconnue sur la construction d’un ou de deux navire.

  5. Et pourquoi pas en vendre un exemplaire à l’Inde ? Ou collaborer avec eux pour la conception ?
    Les indiens ont temporairement abandonné la conception d’un nouveau porte avion CATOBAR, mais la baisse du coût due au partage des frais, pourrait peut-être les faire changer d’avis.
    Et pourquoi pas vendre le concept aux USA ? Ces derniers semblent vouloir diminuer le nombre de PA de la classe Ford et se diriger vers des bâtiments plus petits, de la taille des porte-hélicoptères des Marines. Or c’est à peu près la taille du projet français. Et les US ont bien choisi le designe des frégates italiennes de Naventia pour la Navy, alors pourquoi pas les PA ?

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