Les fameux avions de reconnaissance stratégique accuseront alors soixante-dix ans de service actif. L’US Department of Defense fait actuellement pression sur le Congrès afin qu’il valide son plan de retrait du service des vingt-sept derniers Lockheed U-2S Dragon Lady pour l’exercice 2026. Ces gros monoréacteurs continuent aujourd’hui encore à mener des missions que l’US Air Force entend désormais confié à des aéronefs plus récents mais aussi à sa composante spatiale. Le drone HALE Northrop-Grumman RQ-4A Global Hawk est également dans le collimateur du Pentagone.

Entrés discrètement en service en 1956 les Lockheed U-2 figurent parmi les avions les plus représentatifs de la guerre froide. Depuis ils ont volé partout où Washington DC avait besoin d’eux : au-dessus de l’URSS, de la Chine, de l’Irak, de l’ex-Yougoslavie, de la Somalie, de l’Afghanistan, et sans doute encore de la Russie et de bien d’autres endroits dans le monde. C’est simple il est depuis bientôt sept décennies l’œil volant du renseignement américain.

Sauf que pour l’US Department of Defense il est temps d’en finir avec le Lockheed U-2. Déjà l’été dernier l’avion avait perdu une de ses missions emblématiques au profit de l’US Space Force. Les généraux américains passent désormais à la vitesse supérieure, et demandent aux représentants et sénateurs de ne plus allouer de crédits de fonctionnement à l’avion à partir de septembre 2025, c’est à dire juste avant que ne débute l’année fiscale 2026. Les Lockheed U-2 étant de vieux avions ils ont besoin d’un entretien mécanique de chaque instant et de fréquentes remises à niveau de leurs équipements, particulièrement gourmand en dollars US. C’est donc bien par la voie financière que le Pentagone compte en passer pour tuer le Dragon Lady.

Vingt-sept monoplaces U-2S de reconnaissance stratégique sont concernés, auxquels s’ajoutent deux biplaces TU-2S d’entraînement avancé et de transformation opérationnelle. Ces deux derniers ne quittent en fait pratiquement jamais le territoire américain.
Outre leur rôle de pures avions espions les Lockheed U-2 ont depuis sept décennies sut faire progresser la connaissance aéronautique, comme lorsque l’un d’entre eux embarqua une IA aux côtés du pilote.

Si l’année 2026 doit théoriquement désormais voir la fin du Lockheed U-2S Dragon Lady l’année 2027 sera celle du Northrop-Grumman RQ-4A Global Hawk après seulement vingt-six ans de service actif. Là encore l’US Department of Defense a décidé d’en finir, et là encore ses généraux et lobbyistes passent par la case financière. Ils demandent la même démarche pour ce drone à Haute Altitude et Longue Endurance que pour l’avion espion. L’annulation des crédits devant donc ici intervenir avant le 1er octobre 2026, date à laquelle débutera l’année fiscale 2027.

Là où le trouble existe c’est que les représentants et sénateurs américains savent pertinemment que les satellites de l’US Space Force ne peuvent pas assurer 100% des missions de ces deux aéronefs. En fait selon une étude parlementaire mise en corrélation avec les demandes officielles du Pentagone ils ne peuvent à peine atteindre 50% des vols des RQ-4A et U-2S.
Bien sûr la succession du drone est toute trouvée avec les méconnus mais bien réels Lockheed-Martin RQ-170 Sentinel et Northrop-Grumman RQ-180 Great White Bat mais celle de l’avion espion pose un peu plus de question. Et beaucoup en reviennent à ce très mystérieux Lockheed-Martin SR-72 qui serait actuellement en développement en Californie, et sur lequel les théories les plus folles circulent. Sauf que celui-ci n’est pas censé avoir déjà réalisé son premier vol. On ignore d’ailleurs s’il est piloté ou non.
On ignore même s’il existe vraiment !

Vous l’aurez compris la décision du Pentagone de retirer prochainement du service le mythique Lockheed U-2 soulève pas mal d’interrogations. Reste que quand l’avion quittera le 9th Reconnaissance Wing c’est une partie de l’histoire aéronautique qui s’envolera définitivement.
Affaire donc à suivre.

Photo © US Air Force

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4 COMMENTAIRES

  1. Du passé mais on dirait toujours un avion du futur je trouve!
    En voyant le pilote dans le cockpit, il est bien plus grand que je ne me l’imaginai en fait..

  2. un avion extraordinaire, d’une autre epoque…. ne jamais croire qu’un avion est mort, il pourrait bien renaitre de ses cendres avant la mise a mort.
    les skunks works de kelly johnson ont ils seulement imaginé un seul instant que leur « bébé » volerait pendant 70 ans…

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