L’institution francilienne a choisi une date symbolique pour présenter sa nouvelle pièce. C’est ce dimanche 17 janvier 2021, jour du trentième anniversaire du déclenchement de la guerre du Golfe, que l’exposition du SEPECAT Jaguar A a été officialisé. Il s’agit d’un avion ayant participé au raid aérien français contre la base aérienne koweïtienne d’Al Jaber où il fut endommagé par un tir de DCA. L’avion d’attaque de facture franco-britannique est présenté dans son jus.

Le Jaguar A91 n’est pas le premier SEPECAT Jaguar à rejoindre les collections du Musée de l’Air et de l’Espace. Il y en a déjà trois autres : deux monoplaces d’attaque au sol comme lui et un biplace de transformation opérationnelle. Ce dernier est le Jaguar E3 qui comme le monoplace Jaguar A1 est exposé sur le tarmac du musée. Le Jaguar A04 de son côté est considéré comme non visible puisque remisé en extérieur dans les réserves.
Alors pourquoi un quatrième exemplaires ?

Non pas que l’avion franco-anglais n’ait pas marqué de son passage l’histoire de l’aviation française mais tout de même quatre exemplaire ça fait beaucoup, non ? En fait le Jaguar A91 est une véritable vedette. D’abord parce qu’il a aidé à bousiller les troupes de Saddam Hussein en 1991 et au passage à libérer le Koweït et ensuite parce qu’il a réussi à rentrer à sa base après avoir été touché par un missile sol-air de la DCA irakienne. Excusez du peu.
Particularité notable : la guerre du Golfe fut le premier conflit où on pu observer des Jaguar d’attaque au sol aux couleurs de l’Armée de l’Air et à celles de la Royal Air Force.

Le Jaguar A91 quelques heures avant le déclenchement de Tempête du Désert.

L’ancien pilote du Jaguar A91, Jean-François Hummel, était d’ailleurs un des invités du vernissage. Afin de ne pas risquer d’être dérangés par des visiteurs ou pire par des passionnés d’aviation les responsables du Musée de l’Air et de l’Espace ont réalisé cette inauguration en catimini, entre gens de bonnes compagnies. La date du 17 janvier 2021 en pleine crise pandémique a vraiment bon dos.

Comme le Musée de l’Air et de l’Espace reste le Musée de l’Air et de l’Espace il n’est pas possible d’y pousser les murs ou d’y réouvrir des halls fermés depuis longtemps. Résultat ce Jaguar A91 a été installé dans le Hall Concorde où très honnêtement il ne sera pas à la fête totalement écrasé par la majesté de ses deux voisins les Concorde 001 et F-BTSD. L’exemple du Mirage IVA qui y est exposé depuis des années en atteste : le bombardier stratégique français passe totalement inaperçu à côté des avions de ligne supersoniques.
Ça en sera finalement de même pour le Jaguar A91.

Le Jaguar A91 au sein désormais du patrimoine national.

C’est bien là la maladie récurrente du Musée de l’Air et de l’Espace : des collections fabuleuses mais une muséographie catastrophique. On attendrait d’un tel lieu des halls à la hauteur de l’endroit. Finalement seuls ceux de la Seconde Guerre mondiale et des voilures tournantes sont à la hauteur. Une fois encore avec ce Jaguar A91 légendaire collé dans ce hall sombre le musée est passé à côté !

Photos © Armée de l’Air et de l’Espace.

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8 COMMENTAIRES

    • Bonsoir,
      Avec deux moteurs, le pilote a plus de chance de s’en sortir malgré les dommages !
      On aurait du garder cet avion pour les attaques au sol au Mali, Afgha etc !
      Les US ont gardé leurs A10 on aurait du garder nos Jaguars !
      On ne refait pas l’Histoire …..

      • Certes avec ses 2 canon DEFA 30mm et 4 panier lance-roquettes 68 mm de 36 roquettes chacun, il aurait fait des ravages sur les colonnes et rassemblement de véhicules djihadistes. Mais en 2005 c’était déjà un avion fatigué qui avait participé pendant 30 ans a la diplomatie du Jaguar en Afrique. Continuer a le maintenir en état de vol aujourd’hui aurait été d’un coup financer astronomique.

  1. Bonjour,
    Cet avion était sur la base de Châteaudun, visible pendant les journées du patrimoine ou à la dernière JPO.
    Oui, c’est curieux de la part du musée de l’air de choisir cet appareil plutôt que d’avoir mis tout son poids pour récupérer le Rafale C01 qui sert de pot de fleurs à Balard , complètement dénaturé.
    Mais je ne suis pas dans les secrets des tractations.
    Je me pose aussi une question: que va devenir la magnifique collection de Châteaudun CANOPEE ? Peut-être un futur sujet pour vous Arnaud !

    • D’ores et déjà je peux vous dire que le Rafale C01 n’est pas près de quitter le 15e arrondissement de Paris, le ministère des armées y tenant comme à la prunelle de ses yeux. Après en effet Canopée est vraiment en danger si j’en crois les infos que j’ai eu à droite à gauche. Un sujet est envisagé mais dès lors que j’aurais de la matière suffisante pour cela.

  2. Bonjour,
    A savoir que cet avion a été prélevé au profit du Bourget, sur la collection du musée canopée sans la moindre consultation, ni accord des membres du musée canopée.
    Savoir que l’un des plus grand musée aéronautique français se permet de se servir chez les autres alors qu’il a une énorme collection qui pourris dehors, sa promet pour la conservation du patrimoine aéronautique en France.
    (Voir la page facebook les amis de canopée pour plus d’infos.)

    • Qui a décidé ça ? Qui a donné son accord à Chateaudun ? Ça ne passe quand même pas inaperçu de démonter un chasseur et d’affreter un semi-remorque. Comme vous le dites, on a l’impression que cet avion a été pris comme dans un cambriolage.

      • Bonjour Dimitri pour info si le Jaguar A91 est exposé au Bourget aujourd’hui et jadis à Canopée il faut voir que l’avion appartenait alors encore au ministère des Armées. Il n’a donc pas été « dérobé » par les équipes du MAE. Après en effet on peut se dire qu’un quatrième avion en exposition c’est un peu beaucoup d’autant que ce Jaguar A91 était bichonné par les équipes de Châteaudun.

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