Tiens les Russes redécouvrent l’USS Donald Cook. Un peu moins de cinq ans après avoir réalisé un vol à très basse altitude qui avait fait coulé pas mal d’encre et brouillé les relations entre Moscou et Washington l’aviation russe a réitéré son action, dans des circonstances étrangement similaire. Et là encore deux chasseurs-bombardiers Sukhoi Su-24 ont survolé à très basse altitude de destroyer américain. Tout cela s’est passé ce dimanche 31 janvier 2021 au-dessus des eaux internationales de la Mer Noire.

Rappelons que l’US Navy possède soixante-huit destroyers lance-missiles de classe Arleigh Burke. Et pourtant en moins de cinq ans c’est la seconde fois que l’USS Donald Cook est victime d’une telle manœuvre agressive de la part de l’aviation russe. Soit cette dernière en veut clairement à ce navire de guerre soit l’équipage du bâtiment a vraiment la poisse.
Et ce 31 janvier 2021 ça a quasiment été un bis repetita du lundi 11 avril 2016, jour où deux Sukhoi Su-24 russes avaient survolé très bas le navire américain. Ce dimanche dans des conditions très très similaires les deux avions de combat ont survolé à très basse altitude, transpondeur éteint, le destroyer.

Lors de l’incident l’USS Donald Cook participait à une mission de souveraineté de l’alliance Atlantique en Mer Noire. Il opérait dans les eaux internationales, à une centaine de kilomètres des côtes de Crimée. Pour mémoire ce territoire ukrainien est sous illégale occupation militaire russe depuis février 2014. À aucun moment le navire américain ne s’est approché des eaux souveraines de la fédération de Russie. Pourtant deux chasseurs Sukhoi Su-24 Fencer se sont approchés à moins de cinquante mètres de lui, sans aucun avertissement puisque leurs transpondeurs étaient éteints. Les avions volaient à une dizaine de mètre au-dessus des flots. Ils simulaient donc clairement une attaque anti-navire.

L’équipage de l’USS Donald Cook a immédiatement été mis en alerte, les batteries anti-aériennes armées. Pour se défendre contre d’éventuels aéronefs hostiles le bâtiment de guerre fait généralement appel à des missiles surface-air RIM-156-SM2 ayant une portée d’environ 180 kilomètres. Mais face à des intrus aussi proches et représentant donc une menace immédiate pour l’intégrité de l’équipage c’est le système Phalanx CIWS, composé d’un canon-mitrailleur héxatubes de calibre 20mm à très grande cadence de tir. L’USS Donald Cook dispose de deux de ces très meurtrières armes à son bord.
Bien entendu le pacha n’a fait que répondre aux provocation russe en armant ces systèmes, il n’a pas tiré mais aurait accroché au radar un des deux indélicats avions russes.

Selon plusieurs sources l’un des deux avions aurait réalisé une seconde passe, seul cette fois. Là encore l’équipage de l’US Navy a conservé son sang froid. L’avion a été suivi au radar de défense aérienne mais on ignore s’il fut là aussi accroché par celui guidant le Phalanx CIWS.

Une fois l’incident terminé les deux avions ont pris le chemin d’un terrain d’aviation ex-ukrainien de Crimée aujourd’hui aux mains des forces russes. L’ambassade russe à Washington a été sommé de s’expliquer sur cette mésaventure en zone internationale, en vain.
Il est à signaler qu’un second destroyer américain se trouve en Mer Noire, l’USS Porter, lui aussi victime d’une telle action, en 2017 cette fois ci. Subira t-il le même sort que l’USS Donald Cook ? Nous le saurons sans doute très très vite.

Photo © US Navy.

NDLR : L’image d’illustration représente un des deux Su-24 de l’incident de 2016. Aucune image n’a été divulgué par le Pentagone, elles sont actuellement encore classifiées. Pour autant c’est le même type d’aéronef dans les deux faits divers.

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9 COMMENTAIRES

    • Sauf que là l’US Navy n’était pas aux larges des côtes russes mais dans les eaux internationales à proximité de celles de la Crimée. Un territoire ukrainien, rappelons-le.

    • @haido
      Si on se veut neutre, alors on regarde l’ensemble du tableau… en prenant de la hauteur .

      Sans aller aussi loin que les côtes américaines, des bâtiments russes croisent régulièrement très très prêt des côtes françaises, belges, danoises, anglaises, finlandaises, suédoises… et il ne me semble pas avoir vu ou entendu que des avions de chasse ( dont sont pourvus tous ces pays, et on parle bien de leurs côtes légales et reconnues ) se soient livrés à des débilités de ce genre… c’est probablement très bien pour l’ego du dictateur russe actuel et ses apparatchiks… mais c’est dangereux et irresponsable…

  1. J’espère que l’US Navy va diffuser une vidéo de ces cabrioles. Dans la vidéo de 2016, l’équipage aurait presque pu jeter des pierres sur le Su-24, tellement il était passé près ! C’est dire si ce genre de passes est dangereux et nécessite d’avoir « confiance » dans son adversaire : s’il est mal luné ou trop sur la défensive, il est vite fait de se prendre un missile – les Russes en avaient eux-même fait l’expérience sur la frontière turque il y a quelques années, avec un Su-24 perdu (dans mon souvenir, mais je peux me tromper sur le modèle).

  2. Il faudra sans doute qu’un avion russe soit descendu « par accident » pour faire cesser ce genre de manoeuvre agressive. La patience a ses limites…

    • Ca ne serait pas un accident, mais un acte de guerre donc pas sûr que ce soit à souhaiter….
      Les russes « s’amusent » un peu et ce n’est pas forcément malin mais imaginez des destroyer russes au large de New-York…
      De plus plongez vous sur les origines du processus qui a finalement conduit à l’annexion (ou la récupération selon les points de vue) de la Crimée par les russes, à savoir la fameuse révolution orange.
      Comme toutes les révolutions de couleur il est de notoriété publique que ce sont les intérêts américains qui sont à l’oeuvre.
      Donc tout n’est pas blanc, ni noir, ni rose…

      De mon point de vue on a une bataille de gros kékés des deux cotés. Comme nous sommes sur la même planète voire même entre les deux kékés je n’ai pas du tout envie de voir ce que ça donnerait si la situation dégénérait 😉

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