Toutes proportions gardées ce lundi 19 avril 2021 est probablement un des plus grands jours dans l’histoire de l’aviation. À 278 millions de kilomètres de nous le drone à voilure tournante Ingenuity développé sous le contrôle de la NASA a réalisé son premier vol martien. C’est la première fois dans l’Histoire qu’une machine volante prend son envol ailleurs que sur Terre. Et aux vues des contraintes atmosphériques de la planète rouge c’est un véritable exploit.

Faire voler un drone ou un hélicoptère sur Terre n’a plus rien d’extraordinaire, sur Mars c’est une toute autre question. L’atmosphère martienne à une densité équivalente à 1% de celle que nous connaissons ici, avec une moyenne de 610 pascals. Dans le même temps l’amplitude thermique oscille entre -90°C et -30°C avec parfois des pointes à quelques degrés au-dessus de zéro. C’est pour cela qu’Ingenuity a été doté de capteurs solaires dont le seul rôle est de permettre de réchauffer le drone lors des approches en grand froid.
Si sa masse sur la planète bleue est de 1800 grammes Ingenuity n’en pèse plus que 700 sur la planète rouge. Surtout il ne s’agit pas d’un pur drone télépiloté à distance.
Les 278 millions de kilomètres qui le séparent du Jet Propulsion Laboratory de la NASA interdisent qu’un télépilote ne prenne les commandes. Pour cela les données exactes lui sont téléchargées plusieurs heures auparavant depuis la Terre.
Pour mémoire Ingenuity est rattaché au rover martien autonome Perseverance.

Et c’est à 7 heures 34, heure de Greenwich, ce matin qu’Ingenuity est définitivement entré dans l’Histoire. Après s’être élevé à trois mètre de hauteur il a tenu un vol stationnaire de 39 secondes avant d’amorcer sa descente vers le sol martien. Ce premier vol s’est déroulé sans encombre. Rien d’extraordinaire mais justement c’est ce qui en fait un vol particulier.
Petit détail intéressant : sur Terre ses pales tourneraient à 800 tours/minutes, sur Mars la même rotation est amenée à 2400 tours/minutes.

La photo ne montre pas le drone martien en vol mais l’ombre de celui-ci sur le sol de la planète rouge !

Désormais le drone martien va évoluer durant trente jours, permettant de collecter des données inédites sur la connaissance de notre voisine rouge.
Pour un fan d’aviation et de conquête spatiale comme moi c’est une aventure très excitante. Vivement les prochaines images car même si cette première, reproduite ci-dessus est historique, elle n’en demeure pas moins assez décevante. Même si elle a été prise à 278 millions de kilomètres de chez nous.

Photo © NASA.

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7 COMMENTAIRES

  1. Je comprends tout à fait votre admiration pour ce frêle petit drone martien étant moi même passionné d’astronomie et d’astronautique. Le jour où un Homme marchera sur mars est encore très lointain et nous ne possédons pas encore aujourd’hui toutes les technologies pour envisager une telle expédition, mais en attendant je m’enthousiasme sur le programme Lunar Gateway et le retour de l’Homme sur la lune. Thomas Pesquet en direct du sol lunaire d’ici 2025/2030 ça pourrait être quelque chose de grandiose pour toute une génération. 1969 ça commence à être lointain.

  2. J’ai toujours pensé que le 1er vol sur une planète autre que notre terre, se ferait en mode propulsé, (vol de retour de Mars par ex.), plus facile à réaliser que ce vol avec portance, bravo!

  3. J’ai une interrogation, sur terre la vitesse de rotation et le diamètre du rotor sont limités par l’entrée en supersonique du bout de pale.
    Avec une densité d’air aussi faible le problème est il identique sur mars?

    • Quand l’air est raréfié, les forces mécaniques sont moins importantes, le chuteur supersonique Felix Baumgartner a survécu car il était dans la haute atmosphère, d’autre part, la vitesse du son (Mach 1) diminue avec la densité de l’air
      Sur Mars, je pense que les pales de l’hélico sont plus limités par les efforts centrifuges que par les forces aérodynamiques du à l’air

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