Armée de l’Air et de l’Espace et Indian Air Force sont deux alliées aux liens très forts. Et ceux-ci pourraient bien prochainement se renforcer puisque la seconde devrait bientôt utilisé un avion ravitailleur en provenance de la première. Indiens et Français négocient actuellement la location d’un Airbus DS A330 MRTT Phénix pour une durée de plusieurs mois, ainsi que le déploiement d’instructeurs français. Un contrat avec le ministère des Armées et Airbus Defence and Space pour six avions en location longue durée est à la clef.

En fait la décision indienne découle d’un double constat très simple et d’une démarche assez logique.
Le premier des constats est que ses six avions-ravitailleurs Ilyushin Il-78 Midas ne lui suffisent absolument plus, et que cet avion de conception ex-soviétique est totalement dépassé. Il se dit même que seuls trois d’entre eux seraient encore réellement en état de vol. Le second constat vient du fait que l’Airbus DS A330 MRTT Phénix est un complément parfait à l’emploi du chasseur omnirôle Dassault Aviation Rafale ; et un avion présent chez deux alliés fidèles de l’Inde : les Émirats Arabes Unis et… la France !
La démarche logique ensuite est d’essayer un avion avant de s’engager. Et quoi de mieux que de disposer du retour d’expérience des femmes et des hommes de l’Armée de l’Air et de l’Espace. C’est pourquoi l’Indian Air Force veut un avion français ainsi que les instructeurs qui vont avec.

À l’issu de cette démarche l’Inde compte s’engager sur la location longue durée de six avions similaires. Dans un premier temps certains seraient pris sur les stocks de l’Armée de l’Air et de l’Espace avant que le constructeur ne puisse fournir des avions neufs aux Indiens. L’idée n’est pas forcément aussi bonne qu’elle n’y parait.

Car même si la France aligne encore une dizaine de vieux Boeing C-135FR/KC-135R et deux ultramodernes Lockheed-Martin KC-130J Super Hercules elle a un besoin impérieux en A330 MRTT Phénix. Ce dernier assure aussi bien les missions en soutien de l’opération Chammal en zone Irak-Syrie que celui au profit de Barkhane dans le Sahel.
Déshabiller Pierre pour habiller Paul a rarement été une idée de génie, le cas de ces avions-ravitailleurs en est la démonstration flagrante.

Pourtant malgré cela la location à venir, sous quelques semaines, de cet avion français semble désormais inéluctable. Pour quel montant ? Pour quelle durée ? Tout cela reste encore assez flou.
Seul vrai point positif cela va renforcer encore un peu plus les liens franco-indiens à une époque où l’Indian Air Force est un vrai allié de poids en Asie.

Photo © Armée de l’Air et de l’Espace.

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8 COMMENTAIRES

  1. l’Inde et le Phoenix : cet avion polyvalent a déjà remporté deux appels d’offres, annulé s tout les deux pour des raison de politique locale: HAl étant un état dans l’état.
    .
    Après : votre question est étrange. Oui, la France apporte des preuves tangibles de sa forces à l’international et malgré les cris d’orfraie que cela peut susciter, il est acté que les équipements de nos.armées seront mis à contribution pour épauler nos alliés…
    Malgré les reproches évidents, les avantages sont que ces prêts ou dons projettent une puissance politique et diplomatique qui sont en phase avec la politique Française : stoppons les Chinois ET les ventes des armes russes ou Américaines: on coupe l’herbe sous le.pied du F35 en Grèce. On fait coup double face aux Russes et on se pose face au Chinois.
    Matériellement, c’est la France qui à une.partie du montage des Airbus et elle peut s’endetter pour commander des remplaçants.
    Enfin, ne perdons en pas de vue les temporalités Indienne, avec des armées sous dotées et dans le besoin, des politiques engagé s dans une montée en puissance industrielle, et un consortium d’état peu capable pour étudier et réaliser des avions adaptés.
    Une fois l’armée indienne formée, elle devra convaincre les politiques d’un besoin déjà refusé par deux fois. Et outrepasser les intérêts industriels locaux qui pèsent lourd: le SCAF en est l’illustration.

  2. Si nous réduisons les Opex, c’est jouable. Dans le cas contraire, on continuera à faire de la corde raide.

    Bien sûr, on barre la route à des concurrents potentiels, mais il faut faire très attention à ne pas mettre notre AAE, en sous équipements.
    Déjà que c’est juste, il faut être prudent.
    C’est bien de vendre, on en a réellement besoin pour relancer l’aéronautique et les finances de la France.

    Comme pour le Rafale, il faut accélérer les cadences de production à Toulouse et à Séville.

    Mais bon, ça c’est un autre enjeu de taille.

    • Il y a de bonnes affaires à faire avec des A330 récents d’occasion, dues à la crise du transport aérien et assez facilement transformables en MRTT. C’est d’ailleurs ce qui avait été proposé à l’Inde.

  3. Bonsoir,
    J’ai cru lire quelque part que la location ne concernerais qu’un seul exemplaire pour quelques mois, le temps de l’essayer et de passer une commande ferme ( en cas de satisfaction)
    Vrai?

    • Non les Indiens parlent désormais d’une location longue durée avec option d’achat à l’issu. Du leasing quoi…

    • Lesarticles disponibles.disent tout et sont contraire. Et les commentaires associés vont de l’idiot à l’incantatoire.
      .
      Pour approfondir les corollaires, la santé économique Indienne étant mauvaise au temps de l’achat des 36 Rafales.
      Si je vous dit COVID, vous comprendrez que les choses ne vont pas mieux.
      Alors plutôt que de vous faire croire que je détiens la vérité, je vais me contenter d’être synthétique : le.leasing de six appareils est une option.
      Leur transformation peut être réalisée partiellement sur place pour faire passer la médication : l’ordonnance comprennant six grosses pilules pendant trente ans.

  4. Je suis assez d’accord avec vos arguments, je pense aussi que l’on va un peux trop loin dans la mutualisation d’un armement national qui devrait prioritairement bénéficier aux Opex Française. Je suis assez perturbé par toutes ces doctrines nouvelles poussant même la défense à offrir certains de ses rafales à la Grèce. C’est assez inédit, espérons que les retombées promises seront réelles, parce qu’il suffit que la coalition au pouvoir change en Inde et byebye tous les efforts pour les séduire. Même chose en Grèce. Je me demande si E-Faystos se rend compte à quel point sa réaction suscite de l’incompréhension voire de la désapprobation ? Je ne sais pas si ce point de vue reflète la position officielle, mais si c’est le cas, on peut légitimement être inquiet ! Ce sera qui le prochain qui viendra profiter de la générosité de nos armées qui ne vendent plus mais louent et offrent leur propre matériel ? Et ici il ne s’agit plus de céder quelques vieux blindés aux Maliens mais carrément les MRRT , c’est surréaliste !
    https://www.meta-defense.fr/2020/09/14/quel-sera-limpact-budgetaire-des-rafale-offerts-par-la-france-a-la-grece/

  5. Louer pendant pratiquement un an, un MRTT avec son équipe d’instructeurs, pourquoi pas afin d’être opérationnels le plus vite possible dès que la transaction pour 6 MRTT sera faite. L’ AAE a bien eu pendant quelques temps des équipages sur les MRTT australiens et GB afin qu’ils soient opérationnels dès la livraison du 1er MRTT.
    Par contre louer 6 MRTT sur une très longue durée c’est autre chose. Je ne vois pas l’AAE se faire tordre le bras pour louer 6 MRTT qu’elle n’a pas encore alors qu’elle a un besoin criant de remplacer les Boeing KC135. Et que pour tout faire ce qu’elle veut, elle a un besoin de 15 MRTTs et il n’y aura pas de rab.
    Par contre, j’avais lu qu’il y a une solution qui avait été proposée à l’AAI à savoir que la France ou l’AAE achète pour le compte de l’AAI 6 A330 d’occasion récents afin de les transformer en MRTT (comme nos 2 sur 3 des derniers A330 achetés d’occasion qui ne vont servir dans 1er qu’au transport de pax/de fret).

    Maintenant, la question est de savoir qui va être le loueur? Une société privée comme le cas britannique (Air Tanker Services)? ou l’AAE?
    Dans le cas n°1, une société privée a besoin de faire des bénéfices pour vivre. Donc le prix du leasing sera plus élevé car en plus d’un leasing civil classique, un leasing militaire est forcément plus élevé puisqu’il y a plus de risques dû à l’environnement dans lequel il va opérer.
    Dans le cas n°2, l’AAE étant l’Etat Français, on peut se permettre une très faible marge car le plus grand bénéfice se fera sur le long terme en liens stratégiques/opérationnels et de retour sur investissements pour remplacer les nombreux avions en fin de vie opérationnelle. ça créera forcement des liens extrêmement étroits entre les 2 armées de l’Air. La France a besoin de plus en plus d’appuis solides dans la vaste zone indo-pacifique ( Inde-Australie-Nouvelle Zélande-Japon)
    Donc soyons très patients, ça va prendre du temps avant que nos décideurs prennent la bonne décision (avec le Covid, ils ont pour l’instant la tête au fond du sac).

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