Les raids aériens israéliens soulèvent déjà une vague d’indignation, bien au-delà des pays dits arabes. Dans la nuit de ce lundi 10 à ce mardi 11 mai 2021 les avions et hélicoptères de combat de Heyl Ha’Avir ont attaqué la bande de Gaza à cent trente reprises. Missiles antichars, bombes à guidages laser et/ou GPS, ou encore roquettes air-sol ont plu sur ce petit territoire. Israël se retranche derrière l’excuse de la légitime défense après des tirs de roquettes sol-sol venus du territoire en question.

Il faut d’abord savoir que la bande de Gaza c’est tout petit comme territoire. Un total de 365 km² avec une frontière maritime de 41 km le long de la Méditerranée. Pour une meilleure représentation dites vous que c’est grosso-modo un rectangle ayant un peu plus de trois fois la superficie de Paris, ou pour notre lectorat canadien sept fois et demi moins grand qu’Ottawa. Et la bande de Gaza n’est pas en Israël. C’est une exclave de la Palestine, reconnue comme telle par le droit international depuis les accords d’Oslo en 1993.
Les Gazaouis n’ayant quasiment aucun droit d’en sortir, même pour se rendre en Cisjordanie, ce petit territoire est souvent considéré comme une prison à ciel ouvert pour ses deux millions d’habitants.

Or durant une partie de la journée de ce lundi 10 mai 2021 plusieurs roquettes sol-sol ont été tirées depuis Gaza vers Israël. Les deux territoires sont frontaliers. Il s’agissait selon plusieurs sources palestiniennes de soutenir les manifestations qui ont lieu depuis quelques jours autour de l’esplanade des mosquées à Jérusalem. La ville sainte des trois grandes religions monothéistes cristallise la rancœur des minorités en Israël, face aux forces de l’ordre et à l’armée de l’état hébreu.

La violence est encore montée d’un cran ce lundi 10 mai au soir. Alors que des centaines de fantassins israéliens étaient massés aux abords de Gaza des hélicoptères de combat AH-64D Saraf ont pénétré son espace aérien. Plusieurs missiles antichars AGM-114 Hellfire ainsi que des roquettes air-sol ont été tirés. Leurs cibles étaient les postes de tirs des roquettes sol-sol lancées plus tôt ainsi que deux cantonnements de soldats du parti islamiste Hamas. En début de soirée l’état-major israélien reconnaissait avoir tué huit combattants gazaouis.
On pouvait alors croire que les mesures militaires de représailles s’arrêteraient là.

En fait la nuit de terreur pour les civils gazaouis ne faisait que commencer. Sur leurs bases aériennes les chasseurs multi-rôles F-15I Ra’am, F-16C/D Barak 2000, et F-16I Sufa se chargeaient en carburant et en armement. Les raids aériens allaient être lancés. Durant plusieurs heures les jets frappés des marquages israéliens ont bombardés des positions supposées du Hamas mais également des cibles civiles. Le bilan provisoire est déjà très lourd : au moins vingt civils tués dont neuf enfants. Un chef militaire du Hamas, cible prioritaire de Heyl Ha’Avir a lui aussi trouvé la mort dans ces raids aériens.

Rappelons que si le Hamas possède bien un arsenal d’armes légères assez conséquent ses capacités anti-aériennes sont dérisoires, pour ne pas dire inexistantes. En août 2020 l’ONG américaine Human Right Watch indiquait que selon ses études les combattants islamistes gazaouis ne possédaient plus aucun missile sol-air portatif type SAM-7. De telles armes leur auraient été fournis dans les années 2000 par l’Iran.

Si à priori les torts peuvent sembler partager ce qui dérange c’est la puissance de feu engagée par Israël face aux Gazaouis. Une fois encore, comme dans la majorité des conflits asymétriques, ce sont les populations civiles qui payent le plus lourd tribut. Pris en tenailles entre le Hamas et les forces israéliennes les habitants de la bande de Gaza souffrent. Le problème semble encore une fois insoluble.
Des avions de combat ultramodernes comme les F-15I Ra’am ou les F-16I Sufa ne sont t-ils pas surdimensionnés pour de telles missions ? La question mérite sans doute d’être posée. La balle est désormais dans le camp des diplomaties du monde entier.

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8 COMMENTAIRES

      • J’ai déjà vu le même terme utilisé pour la région de Kalilingrad.

        La terminologie est sans doute plus subtile, mais l’idée reste la même de toute façon: enclave / exclave = absence de continuité territoriale …

        • En fait en terme de géopolitique l’oblast de Kaliningrad est à la fois une exclave et une enclave. C’est exclave de la fédération de Russie et une enclave dans l’Union Européenne. La Guyane a le même statut : exclave de la république française et enclave en Amérique du Sud.
          Pour Gaza c’est plus compliqué car elle borde Israël, et l’Égypte.

  1. Que ferait la France si sa population civile était régulièrement visée par des tirs de roquettes provenant d’un ennemi jurant sa destruction ? Beau dilemme…
    La solution passe inévitablement par un accord de paix équitable entre palestiniens et israéliens. Mais pour cela il faut des dirigeants courageux qui ne sont pas à la merci des extrémistes. Malheureusement rien de tel en vue.

  2. S’en prendre à Israël c’est s’en prendre aux États-Unis donc c’est dissuasif niveau diplomatique. Il n’y aura que peu ou pas de suite de ces événements qui seront classés comme anodin. On l’a déjà vu par le passé.

  3. Je partage le point de vu de Marcel, dans les deux camps on ne faire jamais dans le demie mesure, et quelque part nous ne pouvons juger la politique Israélienne depuis notre fenêtre et notre confort. Certes la réplique est forte, mais les tireurs de roquettes le savaient…Israël ne peut se payer le « luxe » d’être faible face à n’importe quelle menace. C’est complexe, et beaucoup de choses nous échappent.

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