La crise du Covid-19 n’a pas fini d’avoir des répercussions sur l’économie brésilienne. En ce début juin 2021 l’état-major de la Força Aérea Brasileira a annoncé devoir renoncer à dix des vingt-huit Embraer KC-390 Millennium commandés. C’est un véritable coup de massue pour l’avionneur qui peine actuellement à trouver des marchés à l’export pour cette machine de nouvelle génération. À ce jour quatre exemplaires lui ont déjà été livrés.

Ce marché initial de vingt-huit machines devait permettre à Embraer de lancer réellement la chaîne d’assemblage de son biréacteur de transport tactique et de ravitaillement en vol. Vu que celui-ci est désormais ramené à dix-huit machines, dont quatorze sont encore à assembler et à livrer, la chaîne devient plus difficile à tenir. D’autant que le C-390/KC-390 Millennium n’est pas exactement un avion qui se vende particulièrement bien sur le marché étranger.
Seuls deux pays, tous deux européens, ont accepté de lui faire confiance. Après que le Portugal ait commandé cinq de ces machines la Hongrie en a acheté deux.

Actuellement donc Embraer garde une chaîne d’assemblage pour un total de vingt-et-un exemplaires contre trente-et-un initialement. Ce qui implique que l’avionneur dispose d’une visibilité industrielle jusqu’en 2028 sur cet avion. Les débouchés à l’export deviennent essentiels.
Or l’isolement diplomatique et politique du Brésil de Jaïr Bolsonaro risque bien de jouer contre le C-390/KC-390 Millennium. L’avion a déjà essuyé des refus de la part de pays aussi différents que l’Argentine, le Chili, la Colombie, la France, le Royaume-Uni, ou encore la Suède. Pourtant deux autres disent depuis plusieurs mois étudier son acquisition : la République Tchèque et l’Ukraine.

La raison de l’annulation de ces dix exemplaires par la Força Aérea Brasileira vient du fait que le pays doit drastiquement se serrer la ceinture afin d’essayer de se relever de la crise pandémique du Covid-19. Le Brésil est un des pays les plus lourdement impactés par ce coronavirus, en raison notamment d’une politique sanitaire calamiteuse. Les budgets de la défense fondent actuellement comme neige au soleil.

Photos © Força Aérea Brasileira

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5 COMMENTAIRES

  1. Quand ils devaient prendre des rafales ,il était entendu qu’il aurait une compensation sous forme de 390 pour l’armée de l’air,les suédois ont vendu le gripen sans prendre de 390 les cariocas nous ont mis le couteaux dans le dos avec le rafale et bien qu’ils se débrouillent maintenant.

    • On va essayer d’éviter d’appeler les Brésiliens des cariocas, c’est comme le mot yankee vis-à-vis des Américains, popov pour les Russes, ou rosbeef pour les Britanniques c’est péjoratif et cela n’a rien à faire sur un site comme le nôtre.
      Cordialement.

  2. Superbe article comme d habitude

    J ai lu un autre article que c était aussi pour mettre ces fonds pour l achat d un deuxième lot de Gripen

  3. Ça serait étonnant que l’Ukraine s’intéresse à cet avion alors qu’elle possède les Antonov 70 et 178 dans sa propre industrie locale.

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