Le convertiplane américain n’en finit pas de surprendre. Depuis quelques jours l’US Navy valident plusieurs concepts d’emploi d’aéronefs dans des missions type Vertrep au profit d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins en manœuvres dans le Pacifique. Drones légers, hélicoptères, et donc avions convertibles ont été utilisés en ce sens avec plus ou moins de réussite. La marine américaine cherche de nouveaux débouchés pour ses aéronefs tout en faisant progresser la connaissance et l’ingénierie aéronautique.

Le drone vient de s’élancer vers le sous-marin de l’US Navy.

Et c’est l’USS Henry M. Jackson qui s’est prêté à cette campagne d’exercices Vertrep en mer. Ce submersible nucléaire lanceur d’engins de classe Ohio emporte rien moins que vingt-quatre missiles balistique UGM-133A Trident II, des armes du type mirvage possédant chacun huit têtes nucléaires à cibles indépendantes. C’est donc un bâtiment de guerre essentiel à la défense des États-Unis.
Pour l’occasion il croise en surface dans les eaux territoriales américaines, au large de l’archipel d’Hawaï.

L’exercice a commencé crescendo. Ce lundi 19 octobre 2020, depuis la plage arrière d’un remorqueur de l’US Navy un drone léger quadricoptère a été envoyé au-dessus de l’USS Henry M. Jackson. Il a pu se poser sur le submersible. L’engin transportait une masse d’environ un kilo, simulant un colis léger. Si le drone a réussi sa mission la marine américaine n’a pas été satisfaite, et notamment l’Office of Naval Research qui fondait de grands espoirs dans cette solution. Malgré des vents assez faibles et une mer calme l’aéronef léger télépiloté a eu le plus grand mal à rejoindre le sous-marin et ensuite à en redécoller pour retourner sur le remorqueur.
Pour les marins américains c’est un échec car ce système devait permettre par exemple d’apporter un boute aux sous-mariniers en cas de mauvaise mer ou bien un médicament.

Le lendemain, mardi 20 octobre, les marins américains sont passés à une machine volante plus grosse : l’hélicoptère de combat naval Sikorsky MH-60R Seahawk. Cette fois pas besoin de décoller depuis un navire, l’appareil est venu directement depuis Pearl Harbor. Pas de torpilles ou de missiles mais une charge marchande sous élingue. Pour l’occasion celle-ci pesait environ 700 kilogrammes. Et là pas de problème majeur, même si la charge a quelque peu été chahutée à l’approche du sous-marin. La cargaison simulée a été vite déchargée et en échange les déchets du submersible ont rejoint l’archipel américain.

Le MH-60R Seahawk de l’escadron HSM-37 Easy Riders en approche de l’USS Henry M. Jackson.

On aurait alors pu croire que l’US Navy allait s’arrêter sur une réussite et un échec. Que nenni. Elle voulait passer à plus gros encore, plus imposant : le Bell Boeing MV-22B Osprey.
Un avion appartenant à l’escadron VMM-363 Lucky Red Lions de l’US Marines Corps a décollé ce mercredi 21 octobre 2020 lui aussi de Hawaï en direction de l’USS Henry M. Jackson. Et comme pour le MH-60R Seahawk la mission s’est déroulée sans aucun problème, l’avion convertible étant même encore plus stable pour la phase finale de dépose du colis que l’hélicoptère.

En fait cette utilisation d’un MV-22B Opsrey n’était pas une fin en soi mais une préfiguration de futures missions connexes pour les CMV-22B que l’US Navy a commandé en remplacement des C-2A(R) Greyhound. En plus des porte-avions ces nouveaux convertiplanes pourraient donc être amenés à opérer au profit des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Ce qui donne une nouvelle perspective d’emploi à ces avions.

Par rapport au sous-marin nucléaire lanceur d’engins le MV-22B Osprey parait particulièrement petit.

On voit clairement donc avec cette petite série que la marine américaine croit de plus en plus en l’interaction aéronefs/submersibles. Même si le duo entre les sous-marins et les hélicoptères existe depuis les années 1950, notamment aussi en France et au Royaume-Uni, l’apparition des drones légers et des convertiplanes offre de nouvelles possibilités à approfondir.

Photos © US Navy.

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4 COMMENTAIRES

    • A priori non en tous cas pour les Ospreys, car outre le coût d’achat et d’usage de ces superbes engins, la criticité de ce type de mission semble réduite (Une fois sorti du POC ou « Proof Of Concept »).
      Un navire rapide peut faire la même chose et plus discrètement… Mais on peut s’amuser un peu ! 😉

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