C’est une situation inédite aux États-Unis, et prise très au sérieux par les US Department of Homeland Security et US Department of Defense dont elle dépend. En cet été 2021 l’US Coast Guard connait une pénurie de pilotes sans précédent dans son histoire, en grande partie en raison du non remplacement de personnels partant en retraite. Des réservistes de l’US Navy ont été appelé à la rescousse tandis que désormais la garde-côtière américaine n’hésite plus à mettre la main au porte-monnaie dans l’espoir d’attirer des jeunes femmes et des jeunes hommes. Paradoxalement d’autres fonctions liées à l’aviation au sein de l’USCG font toujours le plein de candidats.

Pour faire simple, si vous êtes citoyen américain, que vous avez moins de 35 ans, et que vous êtes au minimum titulaire du HSD (le High School Diploma, considéré aux États-Unis comme l’équivalent du baccalauréat général français) voire d’un diplôme universitaire l’US Coast Guard n’attend plus que vous. Et vous aurez toutes les chances de pilotes un Airbus DS HC-144 Ocean Sentry, un Alenia HC-27J Spartan II, ou même un Lockheed-Martin HC-130J Hercules. Si ce sont les voilures tournantes qui vous attirent ne paniquez pas, là encore la pénurie en personnels est criante. Vous pourrez donc embarquer à bord d’un American Eurocopter MH-65D/E Dolphin ou d’un Sikorsky MH-60T Jayhawk.
Et pour être sûr de vous attirer dans ses rangs l’US Coast Guard a dégainé l’argument ultime aux États-Unis : le billet vert !

Une prime de 5000 dollars US pour tout candidat retenu titulaire du HSD ou d’une licence, et celle-ci est doublée si la jeune femme ou le jeune homme est titulaire d’un diplôme de cycle supérieur. Une prime d’engagement non imposable de 10000 dollars US ça laisse songeur. Seul petit hic les candidats en question doivent s’engager à demeurer au sein de l’US Coast Guard au minimum pour douze ans.

En fait l’US Coast Guard paye là les quatre années de politique «sociale» de Donald Trump. Prenant exemple sur plusieurs dirigeants européens il avait décidé de ne pas remplacer les deux tiers des personnels partant en retraite au sein des administrations fédérales. La garde-côtière n’y faisait pas exception. Et comme le droit de grève n’y existe pas, les coasties ont juste eu à la fermer. Résultat celle-ci manque désormais cruellement de pilotes pour embarquer à bord de ses avions et hélicoptères.
Quelques solutions d’urgence ont été trouvées, en plus des dites primes d’engagement.

La première est une véritable revalorisation des salaires des pilotes de l’US Coast Guard qui étaient jusque là inférieurs de 10 à 30% des autres formations fédérales américaines. Même les pilotes de l’US Army et de l’US Navy étaient globalement mieux payés.
L’US Navy justement qui désormais propose à plusieurs de ses pilotes réservistes de rejoindre temporairement l’US Coast Guard afin d’embarquer à bord des HC-130H/J Hercules et MH-60T Jayhawk. Ces derniers disposent d’un poste de pilotage et d’une avionique très proche de ce que l’on rencontre à bord des MH-60R Seahawk.
Dans le même temps seuls les pilotes d’active reçoivent les missions les plus dangereuses : recherches et sauvetages en mer et lutte contre les feux de forêts.

Le Sikorsky MH-60T Jayhawk demeure encore aujourd’hui sans doute le meilleur hélicoptère SAR au monde.

C’est l’amirale Linda Lee Fagan, actuelle numéro 2 de l’US Coast Guard, qui pilote avec l’administration Biden le chantier de recrutement massif de pilotes d’aéronefs. En parallèle elle-même reconnait qu’elle n’a aucun problème de recrutement concernant les mécaniciens navigants, les mécaniciens sols, ou encore les plongeurs sauveteurs. C’est bien le pilotage des machines dans les pires conditions météorologiques et climatiques qui semble rebuter les possibles candidats.

Photos © US Coast Guard

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3 COMMENTAIRES

  1. La situation n’est pas unique aux USA. L’aviation royale canadienne (ARC) doit composer depuis quelques années avec une pénurie de pilotes et mécanos convoités par le secteur privé qui offre de meilleurs salaires. Profitant des mises à pied massives conséquemment à la pandémie du COVID 19, l’ARC en a incité plusieurs à s’enrôler de nouveau dans ses rangs. La pénurie de main d’oeuvre dans pratiquement tous les secteurs des économies québecoise et canadienne est une tendance lourde qui affecte également les Forces armées canadiennes et l’ensemble des administrations publiques. Les immigrants qualifiés sont donc les bienvenus !

    • En France également. Pour l’armée de l’air il manque en pilote l’équivalent d’un escadron. A l’instar de chez vous, des pilotes civils rejoingnent l’armée de l’air, avec l’exemple d’un pilote de ligne sur Airbus qui pilote désormais un A330 mrtt avec un contrat de 3 ans renouvelable. Ils sont recrutés sous le statut d’officier commissionné.

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