L’information est passée un peu inaperçue au milieu des flux concernant la guerre russo-ukrainienne. La Grèce reconnait que ses jets d’entraînement avancés North American T-2 Buckeye volent désormais le moins possible en raison d’une usure très marquée, notamment structurelle. Les difficultés pour trouver des pièces détachées de ces avions d’un autre âge sont bien réelles pour Athènes et son état-major. Ils doivent être partiellement remplacés à la partir de la fin de l’année.

Le contrat signé l’an dernier avec le groupe italien Leonardo a en effet pris un retard faible mais certain, en grande partie en raison de la crise pandémique du Covid-19. Les M-346 Master initialement attendus au premier semestre 2022 n’arriveront en unité qu’au dernier trimestre. Autant dire que d’ici là les mécaniciens de la Polemikí Aeroporía vont devoir faire des miracles pour maintenir en état de vol une partie des quarante T-2C/E Buckeye encore officiellement en service. En fait seule une grosse quinzaine d’avions vole encore, majoritairement composée de T-2E plus récents. Ces machines ont été produites entre 1968 et 1970 alors que les T-2C l’ont été entre 1959 et 1962.
Pour mémoire le Buckeye est un avion d’entraînement avancé de la même génération que les légendaires Aermacchi MB.326 italiens et Fouga CM.170 Magister français. Deux modèles de jets d’entraînement que l’on ne retrouve désormais guère plus que dans les meetings aériens et musées aéronautiques.

Devant la pénurie de pièces détachées la Grèce a été obligée depuis quelques mois de prendre une décision radicale : elle forme le moins possible ses élèves sur T-2E Buckeye. En lieu et place elle a recours à des avions d’entraînement intermédiaires Beechcraft T-6A Texan II turbopropulsés. Pour autant le cursus uniquement sur ce modèle d’avion ne convainc en rien les généraux grecs qui continuent de vouloir avoir recours à des jets.
L’hypothèse de la location temporaire d’une série d’avions à réaction est désormais clairement sur le table afin d’accélérer la mise en retraite des vieux Buckeye.
Pour des raisons de sécurité les vols sont désormais limités à cent minutes par élève et par avion, décollage et atterrissage compris. Ainsi les vieux biréacteurs peuvent évoluer avec une réserve de carburant.

Avec son aile médiane, ses réservoirs d’extrémité de voilure, et ses deux petits turboréacteurs le North American T-2 Buckeye a vraiment tout d’un avion d’un autre temps. Ce que factuellement il est.

Photos © ministère grec de la défense.

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1 COMMENTAIRE

  1. Je vous raconte pas le gap entre le Buckeye et le Rafale ou le Lightning 2. Je comprends qu’il est acheté des M346 Master. La France devrait penser aussi à l’avion école italien au lieu d’attendre une solution Dassault qui ne viendra jamais.

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