Une expression dit que l’argent est le nerf de la guerre, c’est oublier un petit peu vite le renseignement. Depuis maintenant 24 heures que la Russie a lancé sa blitzkrieg contre le territoire souverain d’Ukraine son aviation s’est rendue maître de l’espace aérien du pays. L’une des conséquences militaires immédiates a été d’empêcher l’OTAN de disposer d’avions de surveillance et de reconnaissance stratégique pouvant permettre une meilleure connaissance de la situation. Fort heureusement il lui reste les satellites américains, britanniques, et français.

En temps normal, c’est à dire en fait depuis la fin de l’année dernière et les premiers mouvements de troupes terrestres russes aux abords de l’Ukraine, des avions de surveillance de l’alliance Atlantique observaient la région. D’ailleurs pas toujours dans la plus grande discrétion si on en croit les médias «sérieux» russes. Des Boeing RC-135V/W Rivet Joint américains, ainsi que leurs pendants britanniques Airseeker R.1, volaient au plus proche des frontières entre l’OTAN et l’Ukraine. Il en était de même des Boeing / Northrop-Grumman E-8C J-Stars dont il devrait s’agir de la dernière bataille.
C’est désormais impossible, car bien trop risqué pour les équipages de ces avions-espions !
À ce petit jeu transfrontalier on rencontra aussi des Beechcraft Shadow R.1 de la Royal Air Force et même parfois un Transall C.160G Gabriel de l’Armée de l’Air et de l’Espace. L’idée était que les grandes puissances atlantistes voulaient au maximum savoir ce qu’il se passait sur zone.

Car depuis ce jeudi 24 février 2022 toute approche de l’espace aérien souverain ukrainien est impossible. D’abord parce que Kiev l’a officiellement fermé afin d’éviter le moindre incident vis-à-vis d’un avion civil étranger. Chacun a encore en mémoire le Boeing 777 malaisien abattu par des terroristes pro-russes du Donbass. Deux-cent quatre-vingt dix-huit passagers et membres d’équipage avaient ainsi été assassinés. Ensuite parce que désormais les forces aériennes russes en sont totalement maîtresses. Et rien n’est plus dangereux actuellement qu’un pilote de chasse russe, leur gâchette est facile.

Alors bien entendu il reste un moyen aérien qu’à priori pour l’instant ni les Américains ni leurs alliés européens n’ont encore employés en Ukraine : les drones de reconnaissance. Un avion sans pilote pourrait parfaitement permettre de renseigner sur une zone donnée. C’est aussi une cible de choix pour la chasse et la DCA russes. Imaginez donc qu’aux caméras du monde entier un général russe, voire le dictateur Vladimir Poutine lui-même, aille exhiber les rester d’un General Atomics MQ-1C Gray Eagle ou d’un Northrop-Grumman RQ-4B Global Hawk frappé des marquages américains ? Ce serait un camouflet pour la diplomatie américaine qui ne cesse de clamer qu’aucun de ses militaires ne foulera le sol ukrainien.

Et puis il y a les menaces à peine voilées d’un Vladimir Poutine ivre de pouvoir et de vengeance, des menaces en direction de l’OTAN et de ses membres. Des menaces non pas économiques mais bel et bien militaires. Sans jamais prononcé le mot le dictateur russe a bien visé sa puissance nucléaire. C’est une première dans les relations entre Moscou et celle que l’on appelait jadis l’Occident, une première depuis octobre 1962 et la crise des missiles cubains. La France, par la voix de son ministre des affaires étrangères monsieur Jean-Yves Le Drian, lui a répondu hier soir. Le message était clair, le patron de la diplomatie française a rappeler la puissance nucléaire de l’alliance Atlantique. Américains, Britanniques, et Français possèdent l’arme atomique et la capacité de la déployer. Fort heureusement nous n’en sommes à priori pas encore là.

Aujourd’hui donc tout ou presque repose sur l’espace. Les satellites de renseignement pourraient prendre leur revanche sur les avions et les drones de reconnaissance.
C’est donc forcément une affaire à suivre.

Photo © US Air Force

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5 COMMENTAIRES

  1. Malheureusement il n’y a plus de SR71 et l’utilisation de U2 est limitée aux frontières ukrainiennes. Même avec des capteurs ayant un angle de 30 degrés ça ne permet pas de couvrir l’ensemble du territoire ukrainien.
    D’autre part je ne sais pas s’il y en a encore de positionné en Europe.

  2. Je ne sais pas s’il faut automatiquement comprendre sa menace par « attaque nucléaire ». Ça peut aussi être une attaque informatique d’ampleur visant à neutraliser les pays occidentaux en ciblant les systèmes vitaux d’un pays comme les centrales électriques, hopitaux, aéroports, grandes entreprises, réseau internet… Les hackers russes sont très bon à ça. Et de plus on sait que ces dernières années la Russie s’est intéressé de près aux cables de télécommunications sous-marin en mer du nord et océan atlantique.

    • Bonsoir,
      Une bombe à neutrons répond à ce que vous décrivez.
      Poutine en a t il ? Je ne sais pas.
      « Fort heureusement il lui reste les satellites américains, britanniques, et français »
      Ne pas oublier le/les satellites israéliens, j’ai vu récemment un de leurs clichés hyper détaillé sur les rassemblements de blindés pas loin de l’Ukraine..

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