Beaucoup avaient prédit une totale opacité des autorités chinoises dans les investigations suite au drame du vol MU5735 ; visiblement ils se sont un peu plantés. Cinq jours après le crash qui a coûté la vie aux 132 passagers et membres d’équipage du Boeing 737-800 de la China Eastern Yunnan Airlines on en sait désormais un peu plus. Et deux pistes semblent désormais privilégiées par les enquêteurs de la CAAC, l’aviation civile chinoise. En outre l’une des deux boites noires a désormais été retrouvée et acheminée à Pékin.

Les autorités de la CAAC, la Civil Aviation Administration of China, ont révélé avoir découverts 48 heures après le crash l’une des deux boites noires. Nous sommes alors donc le mercredi 23 mars 2022. Jusque là les enquêteurs chinois conservent encore leurs vieilles habitudes, celles consistant à en dire le moins possible. Sous la pression médiatique internationale ils vont révéler dès le lendemain qu’il s’agit du CVR, le Cockpit Voice Recorder. Très vite la CAAC annonce que la boite noire en question est en excellent état, eut égard à la violence du crash de l’avion de ligne.

L’analyse initiale faite de ce CVR va très vite jeter un froid dans la communauté aéronautique internationale. Dans un premier temps on apprend que la thèse météorologique annoncée dès le départ comme envisagée très sérieusement avait été abandonnée. Ensuite qu’une option était posée sur un défaut au niveau de l’empennage mais sans apporter la moindre explication. Surtout dans la foulée de cette première communication chinoise officielle et transparentes deux experts aéronautiques de premier plan vont sortir de l’ombre. Le plus officiel est Mao Yanfeng, actuel numéro 1 des équipes d’investigations de la CAAC qui révèle qu’aucun message type mayday n’a été émis par l’avion durant sa phase de descente vertigineuse. Le second est une célèbre spécialiste australienne des accidents aériens. Sonya Brown parle quant à elle d’une action humaine délibérée à l’intérieur même du poste de pilotage. Madame Brown n’étant ni une complotiste ni une illuminée mais une universitaire reconnue dans le monde entier on peut considérer son avis comme sérieux, fiable, et sans aucun attrait pour le sensationnel.

Action humaine délibérée ? En l’absence cinq jours après le crash de la moindre revendication terroriste internationale on ne peut que penser donc à un scénario type A320 de la compagnie Germanwings, l’avion qui s’était crashé le 24 mars 2015 dans les Alpes françaises. Le copilote avait alors volontairement profité d’une absence du pilote pour prendre les commandes et se suicider aux commandes de son avion, emmenant dans la mort passagers et membres d’équipage, en heurtant le flanc d’une montagne.

Il reste encore une boite noire à découvrir, peut-être est-ce déjà le cas mais la CAAC n’a pas communiqué dessus. Ensuite il faudra laisser aux experts enquêteurs le temps d’élucider toutes les zones d’ombres. À n’en pas douter nous saurons. Pour plusieurs raisons mais aussi parce que la Chine change nous saurons forcément.
Affaire donc à suivre.

Photo © Keypublishing

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6 COMMENTAIRES

    • Merci pour votre expertise. Mais vous n’étiez pas dans l’avion donc vous ne pouvez pas avoir la certitude que personne d’extérieur à l’équipage n’a pu y pénétrer.

  1. Salut Arnaud,
    Indépendamment du drame subit par les victimes et leurs familles ( toujours à garder à l’esprit ! ), cette affaire est intéressante car elle se situe en Chine, avec un avion de ligne américain exploité par une compagnie chinoise. Les relations entre les 2 pays étant assez complexes, sur fond de rivalités politiques, économiques, militaires, mais aussi d’interdépendances économiques et financières fortes, il va être intéressant de voir comment va évoluer la résolution de l’énigme dans les prochains jours ou prochaines semaines ( transparence chinoise à géométrie très variable ), et quelles thèses, les chinois vont privilégier et avec quels arguments, eu égard à leurs intérêts à court, moyen et long terme.
    Au regard des infos divulguées, l’absence de message de détresse et la descente vertigineuse, pourrait accréditer la thèse avancée par l’universitaire australienne, d’une action volontaire. d’autant plus que la porte d’accès au cockpit est protégée. Alors la question qui me vient à l’esprit, combien étaient-ils dans le cockpit ? L’analyse des conversations est primordiale, car elle va permettre de valider la situation à l’intérieur de celui-ci, et donc les options (1-2-3 personnes ?, tous volontaires ? , ou affrontements……Revendications dissimulées pour l’instant (Ouïghours) ?…….etc… ) Cette énigme chinoise me titille l’esprit, et m’invite à réfléchir (ça arrive..!!!) comme un certain Hercule Poirot .
    Affaire à suivre
    Bonnes réflexions,

  2. Bonjour Arnaud.
    Il semblerait que le décrochage (que dis-je, le piqué) ait eu lieu à l’endroit où le même vol, la veille, circulant au même niveau, avait entamé sa descente. N’est ce pas une phase de vol où l’on peu estimer que l’équipage était au complet, rendant l’hypothèse d’une copie de l’histoire de la German wings peu envisageable?

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