En un demi siècle d’existence il a su durablement marquer l’histoire de l’aviation. Fer de lance de la chasse américaine le McDonnell Douglas F-15 Eagle a réalisé son premier vol voici 50 ans, et il est toujours en production aujourd’hui dans une version profondément remise au goût du jour. Surtout il a marqué son temps d’une telle manière que l’URSS avait été obligée de concevoir un avion pour lui damer le pion : le Sukhoi Su-27 Flanker. Retour sur un avion légendaire aux formes désormais intemporelles.

Sans doute que personne chez McDonnell et Douglas, alors en plein rapprochement, ne pouvait imaginer ce 27 juillet 1972 qu’ils assistaient au premier vol d’un des avions d’armes ayant la plus belle longévité industrielle. Le F-15 Eagle est une légende, un mythe, un archétype. Imaginez donc qu’en 2022 le Boeing F-15EX Eagle II représente toujours un des meilleurs avions du moment. Que de chemin parcouru en un demi siècle d’existence.

Alors certes les éternels pinailleurs nous diront que le McDonnell Douglas F-15A/B Eagle n’est entré en service qu’en janvier 1976 et que cela ne fait donc pas 50 ans. Et ils auront parfaitement raison. Sauf que l’on considère tacitement que la vie d’un avion ne débute pas avec le début de sa carrière opérationnelle mais avec le premier vol de son prototype. Et là ça fait bien 50 ans, et même 50 ans et quatre jours pour être très précis.
Toutes proportions gardées c’est un peu comme si en 1967 le SPAD S.XIII et en 1986 le Supermarine Spitfire avaient été encore en service… et en production.

De pur chasseur de supériorité aérienne et d’interception daté de la guerre froide le F-15 Eagle a su évoluer vers une machine d’attaque au sol et pénétration avec le F-15E. Ce gros chasseur est en effet un modèle d’adaptabilité jusque dans ses versions d’exportation. Ainsi la Corée du sud, Israël, le Japon, ou encore Singapour pour ne citer qu’eux ont réussi à faire en sorte que des versions spécifiquement adaptées à leurs besoins voient le jour. Mitsubishi a même obtenu le droit de produire localement les F-15J destinés à l’aviation nippone, et d’assurer les modernisations.

F-15C Eagle en patrouille de combat, une quasi image d’Épinal de la chasse américaine.

Alors bien sûr il a connu ses avions sans suite comme le F-15SE Silent Eagle ou encore des versions conçues à la demande la DARPA et/ou de la NASA démontrant que même dans le soutien en vol ce chasseur est exceptionnel.
Il a 50 ans et il demeure toujours autant d’actualité. Il est certain que la retraite à 60 ans ce ne sera jamais pour lui. Même pas à 65 ans.
Happy Birthday Eagle !

Photos © US Air Force.

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10 COMMENTAIRES

  1. Corrigez moi si je me trompe ou si je suis imprécis, mais les F-15 ce sont aussi 101 victoires en combat aérien pour 0 pertes.
    Ce résultat démontre la qualité de la machine et celle des pilotes.
    C’est une sacrée machine !

  2. « Un bel avion est un bon avion » disait en substance Marcel Dassault. Le F15 Eagle ne déroge pas à la règle. Avion mythique d’une longévité exceptionnelle, chasseur de supériorité aérienne (101 victoires au compteur comme l’a souligné Steph, excusez du peu) mais aussi veritable camion à bombes pour l’attaque et le support des troupes au sol. Certainement précurseur des avions « omnirôles » du 21ème siècle. Et la saga continue : la version II setrouve désormais en compétition sur le marché export avec des avions comme le Rafale et le Typhoon.

    • Et cousin du F14 Tomcat, tout aussi magnifique, efficace et tout aussi disparu des radars (sauf au ciné)… Il n’y a malheureusement pas de règles

      • Afin de refermer la parenthèse du F-14 Tomcat il n’a pas complètement disparu du ciel puisque la république islamique d’Iran en aligne encore entre 20 et 40.

    • « Certainement précurseur des avions « omnirôles » du 21ème siècle »
      .
      Pas réellement. Depuis la mise en service (janvier 1976), e F-15 C a toujours été un avion de pur supériorité aérienne. Il s’est converti en 1986 en avion d’interdiction (le F-15EStrike Eagle) afin d’élargir ses capacités. Cette même année, volait le démonstrateur du Rafale qui, depuis sa conception, était destiné à être un avion omnirôle.

    • @ Le parisien : « (si elle l’avait voulue) »
      .
      Le potentiel de commandes n’aurait pas permit d’atteindre le seuil de rentabilité minimal du projet. Par ailleurs, les bureaux d’étude travaillaient déjà sur le Rafale. Aussi, ils n’auraient pas pu mener de front deux projets aussi complexes. Enfin, le Mirage 4000 aurait occasionné une concurrence stérile et mortifère au Rafale.

  3. F15 contre Su-27… de belles machines que j’admire en vol et au sol toutes les deux. Mais j’aime encore davantage le fait que ces deux avions ne se soient jamais affrontés directement (entre leur pays d’origine). Et je croise les doigts pour que cela reste ainsi… j’espère ne pas me tromper en étant optimiste sur ce sujet

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