La situation devient de plus en plus dramatique en Argentine où l’état-major de l’aviation militaire en vient à envisager des solutions extrêmes afin de retrouver un ersatz de chasse digne de ce nom. Le weekend dernier les généraux de la Fuerza Aérea Argentina se sont réunis afin d’élaborer des pistes autour du remplacement des A-4AR Fightinghawk actuellement en dotation. Lointain descendant du mythique avion embarqué d’attaque au sol Douglas A-4 Skyhawk celui-ci est beaucoup de choses mais sûrement pas un chasseur de supériorité aérienne, même pas un intercepteur. Les officiers supérieurs ont confirmé l’abandon de toutes pistes avec la Russie autour du Mikoyan MiG-35 Fulcrum-F.

En fait depuis sa décision d’envahir l’Ukraine la Russie a grillé toutes ses cartouches avec l’Argentine. L’option d’une vente de Sukhoi Su-27 Flanker de seconde main est donc elle-aussi rejetée. Pourtant Moscou se présentait comme une solution idéale pour contourner les sanctions britanniques dues à la guerre de 1982. Ses production ne font appel que très marginalement à de la technologie britannique, et jamais sans la possibilité de la remplacer par des pièces usinées en Russie.
Dans un autre registre d’idées les Argentins n’ont plus dans l’idée de racheter au Danemark un lot de chasseurs monoréacteurs General Dynamics F-16MLU Fighting Falcon. Les pressions entre Londres et Copenhague mais aussi la décision danoise maintenir en service une partie de sa flotte plus longtemps ont douché les espoirs de la Fuerza Aérea Argentina.

Aussi deux avions neufs font désormais figures de favoris. Il s’agit bien sûr du Chengdu-PAC JF-17 Thunder sino-pakistanais déjà en lice depuis plusieurs mois mais aussi, et c’est plus surprenant du HAL Tejas indien. Sur ce dernier le constructeur dit pouvoir se passer de matériels britanniques en ayant recours à des équipements de production locale ou bien acquis auprès d’autres pays que le Royaume-Uni. D’ailleurs début décembre une délégation de la Fuerza Aérea Argentina doit se rendre en Inde pour établir les chances réelles de l’avion.
Que ce soit pour l’un ou pour l’autre on parle de douze à dix-huit avions qui pourraient être commandés d’ici l’été 2023.

Cependant lors de ce colloque les généraux argentins ont aussi abordé une solution encore plus extrême : faire revenir en service deux modèles d’avions actuellement en retraite et totalement dépassés. Le premier est l’avion d’attaque au sol FMA IA 58 Pucara de facture locale et le second est le Dassault Mirage IIIEA. On parle de douze et quinze avions de chaque modèle. Autant dire que l’Argentine est aux abois pour envisager de remettre en service de telles pièces de musées. Il faut dire aussi que la disponibilité opérationnelle des A-4AR Fightinghawk est particulièrement basse, de l’ordre de 15 à 20% d’une flotte normalement composée de vingt-trois avions. Sa chasse et son attaque au sol sont donc déliquescente à un niveau très élevé.

Dans un monde idéal le Royaume-Uni lèverait les restrictions et permettrait à l’Argentine de pouvoir revenir à un niveau défensif correct. Sauf que dans ce monde idéal une partie de la classe politique argentine n’aurait toujours pas de cesse de revendiquer la propriété de l’archipel des Malouines et de menacer Londres de sa reprise. On comprend donc que les Britanniques ne soient pas pressés de lever les sanctions argentines.

Photo © Keypublishing

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom