Le régime de Pékin n’en finit pas de jouer la provocation face à la communauté internationale. Ce mardi 15 juin 2021 vingt-huit avions militaires chinois ont frôlé les côtes taïwanaises sans aucune autorisation, obligeant la chasse de l’île-état à décoller en alerte. Dans le même temps l’US Navy dispose dans la région de son porte-avions USS Ronald Reagan et ses 90 aéronefs qui représentent un outil de maintien de la paix dans la zone. Beaucoup voient dans l’action chinoise une réponse aux récentes décisions du G7 de maintenir une Mer de Chine méridionale qui soit autre chose que la mare nostrum que Pékin veut faire d’elle.

Bombardier chinois Xian H-6K Badger B+.

Les avions militaires chinois en question étaient vingt chasseurs, quatorze Shenyang J-16 Flanker G+ et six Shenyang J-11 Flanker B+, ainsi que quatre bombardiers stratégiques Xian H-6K Badger B+ (de lointains dérivés du vieux Tupolev Tu-16 Badger soviétique) accompagnés de deux avions de reconnaissance Shaanxi Y-9 (un en version de patrouille maritime et l’autre d’écoutes électroniques) et de deux AWACS du même constructeur KJ-500. Un vol qui ne passait pas inaperçu pour les radaristes taïwanais qui ont immédiatement fait décoller en alerte plusieurs General Dynamics F-16 Fighting Falcon afin de s’assurer qu’aucun avion hostile n’allait pénétrer l’espace aérien souverain de l’île de Formose. Les avions militaires chinois se sont limités à l’espace aérien de la zone d’exclusion économique taïwanaise.
Pour mémoire Pékin n’a jamais reconnu la moindre souveraineté à Taïwan.

Il s’agissait pour Pékin de répondre ainsi aux nations du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, et Royaume-Uni) qui ont le weekend dernier plaider pour un commerce ouvert en Mer de Chine Méridionale. Cet espace maritime de trois millions et demi de kilomètres carrés est revendiqué à plus de 90% par la Chine comme faisant partie de sa zone d’exclusion économique, au grand dam des autres nations qui la bordent.
C’est la raison pour laquelle Washington DC y fait actuellement naviguer son porte-avions USS Ronald Reagan accompagné du croiseur lance-missiles USS Shiloh et du destroyer USS Halsey. Au total cela représente un peu moins de cent avions et hélicoptères, dont les Boeing F/A-18E/F Super Hornet et EA-18G Growler des escadrons VFA-27 Royal Maces, VFA-102 Diamondbacks, VFA-115 Eagles, VFA-195 Dambusters, et VAQ-141 Shadowhawks.

Même de nuit ou par mauvais temps les Boeing A-18G Growler de la VAQ-141 Shadowhawks mènent leurs opérations au-dessus de la Mer de Chine Méridionale.

Les avions américains, et leurs équipages, sont parfaitement interopérables avec leurs homologues taïwanais de la Republic Of China Air Force. En cas de problème majeur avec la Chine l’US Navy peut aussi s’appuyer sur son porte-aéronefs amphibie USS America qui opère actuellement en Mer des Philippines avec ses avions de combat furtifs Lockheed-Martin F-35B Lightning II.
Il n’est bien sûr pas question d’affronter directement les Chinois mais plutôt de maintenir envers eux une pression suffisante pour leur éviter de mettre en place leur expansionnisme vis à vis de ses voisins qui seraient alliés des États-Unis.

Le porte-aéronefs amphibie USS America, le joker américain dans la région.

Plus que jamais il semble désormais acquis qu’une nouvelle guerre froide se joue actuellement en Mer de Chine Méridionale. Et là encore les aviations vont avoir un rôle de premier plan.
On remarquera qu’une fois encore la Chine refuse d’aligner ses chasseurs supposés furtifs Chengdu J-20, pourtant officiellement opérationnels depuis quatre ans.

Photos © US Navy.

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