C’est le plus fort taux de destruction d’aéronefs en 24 heures de toute la Seconde Guerre mondiale, et même par delà de toute l’histoire aéronautique. Le 22 juin 1941 l’Allemagne nazie déclenchait l’opération Barbarossa, retournant ses troupes contre l’URSS dont elle était jusque là alliée. Une fois la stupéfaction passée les chasseurs et bombardiers de la VVS prirent les airs et se heurtèrent à un mur : la Luftwaffe et ses Messerschmitt Bf 109 et Bf 110. Les destructions en vol et au sol marquèrent durablement les Soviétiques.
Il est 3 heures 30 du matin, heure de Berlin, ce dimanche 22 juin 1941 lorsque les premiers avions allemands survolent l’URSS. Cette dernière ne possède alors aucun radar digne de ce nom. Il faut donc attendre que les bombardiers Dornier Do 17, Heinkel He 111, et Junkers Ju 87 survolent les installations militaires soviétiques pour comprendre la réalité : ils les frappent. Et parmi leurs objectifs on retrouve les bases aériennes des VVS. Elles sont vite anéanti.
À 6 heures 15 du matin un premier bilan est réalisé par le haut état-major de la Luftwaffe à Berlin : plus de mille avions soviétiques sont hors d’état de vol. Des chasseurs Polikarpov I-15 et I-16 bien sûr mais aussi des Lavochkin LaGG-3 et des Yakovlev Yak-1 bien plus modernes. Les unités de bombardiers Ilyushin DB-3 et Tupolev TB-3 ont aussi été la cible des bombes allemandes. Et à chaque fois dortoirs et réfectoires étaient sur la route de celles-ci. Le bilan humain pour les forces aériennes de l’Armée Rouge est énorme.
Sur les deux premières vagues d’assaut de la Luftwaffe seuls cinq avions ne rentreront pas, quatre ont été descendu par la DCA soviétique et un se serait perdu dans la nuit. Les chasseurs soviétiques n’ont pas eu le temps de décoller.
Au petit jour cela change mais déjà l’aviation allemande domine le ciel pendant qu’au sol la Wermacht et la Waffen SS ravagent les territoires occidentaux d’URSS. Sur le champs de bataille la débandade de l’Armée Rouge est totale. Jamais ses généraux n’ont anticipé un éventuel retournement des nazis.
Des combats aériens ont bien lieu en journée mais à plus de 90% ils tournent à l’avantage des pilotes allemands. Malgré ses légendaires pattes courtes le Messerschmitt Bf 109 se révèle supérieur à tous les chasseurs soviétiques, sans aucune exception. Ses pilotes dont certains ont combattu en France en mai 1940 puis l’été suivant au-dessus de la Manche et de l’Angleterre raconteront après coup qu’ils avaient l’impression de s’entraîner. À leurs yeux les pilotes soviétiques n’avaient pas de gniak et encore moins le professionnalisme des aviateurs français et britanniques. La plus part des avions allemands abattus au soir de ce dimanche 22 juin 1941 étaient des appareils de reconnaissance et des bombardiers. Très peu de chasseurs. Au total la Luftwaffe perdit ce jour là 107 avions.
Une broutille comparée aux 1489 avions soviétiques détruit ce même jour.
C’était il y a pile 85 ans.
Photo © Imperial War Museum
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3 réponses
Merci Arnaud pour ce morceau d’histoire que je ne connaissais pas. C’est une des choses qui donne envie de lire ce site au quotidien
Merci RomainC. C’est très gentil.
Pourtant Staline avait été averti à de nombreuses reprises de l’imminence d’une attaque allemande par des espions soviétiques et services de renseignements étrangers dont britannique, mais à toujours tout rejeté pensant à de la désinformation ou à un complot contre l’URSS. A cause des grandes purges des années précédentes, Staline était très craint et aucun officiers n’insistèrent.