Le Dassault-Breguet Falcon 50 a aujourd’hui 50 ans !

Ce n’est pas un jet d’affaire tout à fait comme les autres, c’est un archétype, la signature même de l’avionneur clodoaldien. Il y a 50 ans jour pour jour à Mérignac le prototype du Dassault-Breguet Falcon 50 s’élançait dans le ciel, entre les mains des pilotes d’essais Hervé Leprince-Ringuet et Gérard Joyeuse. Savaient-ils alors qu’ils réalisaient le premier vol d’un aéronef appelé à devenir mythique et dont une version, appelée Triton, serait toujours opérationnelle dans la Marine Nationale un demi-siècle plus tard ? Aujourd’hui encore de tels avions français volent aux quatre coins du globe dans leur fonction première.

Roulage du prototype Dassault-Breguet Falcon 50.

Avant ce dimanche 7 novembre 1976, à l’exception du vieillissant Lockheed L-1329 JetStar quadriréacteur, les jets d’affaires se ressemblaient un peu tous : ils étaient biréacteurs ! Que ce soit le Dassault Mystère XX, le Gulfstream G.II, le Hawker-Siddeley HS.125, ou encore le Learjet 25 ils avaient chacun leurs deux réacteurs flanqués à l’arrière du fuselage. Pour faire simple ils ressemblaient à des Caravelle ou à des DC-9 en taille réduite.

Et puis vlan arrive ce drôle d’oiseau qu’on appelle Falcon 50. Il a lui aussi ses deux réacteurs Garrett TFE 731-3 installés à l’arrière du fuselage sous la dérive. Là dessus il ne déroge pas à la règle. Sauf qu’il en a un troisième, au-dessus du dit fuselage et venant se noyer dans l’empennage. Le Falcon 50 est un triréacteur !
Pour l’avionneur Dassault-Breguet il a une double fonction. En premier lieu il doit faire oublier le fiasco du Falcon 30 ayant volé trois ans et demi auparavant et n’ayant pas dépassé le stade du prototype. Surtout en second lieu il a pour mission de pouvoir traverser l’Atlantique nord ou bien le territoire des États-Unis d’une traite, sans escale. Les turboréacteurs destinés à l’époque à l’aviation d’affaire n’étant pas particulièrement puissants le recours au triréacteur est devenu une évidence pour les ingénieurs de Saint-Cloud.

Et vous savez quoi ? Non seulement il a totalement effacé le Falcon 30 mais en plus il s’est posé en champion incontesté du vol long courrier durant une bonne dizaine d’années. C’est simple quand les compagnies aériennes d’aviation d’affaire avaient besoin d’un jet transatlantique ils choisissaient le Falcon 50. Bon en même temps la concurrence était jusqu’au milieu des années 1980 aux fraises à ce niveau là.

En France le Falcon 50 a aussi séduit l’Armée de l’Air, et plus précisément le mythique Groupement des Liaisons Aériennes Ministérielles, ou GLAM, qui fit de ce triréacteur l’avion officiel du Président de la République Valéry Giscard d’Estaing, puis surtout de son successeur François Mitterrand. Celui-ci vola sur Falcon 50 durant l’intégralité de ses deux septennats. L’histoire raconte que le chef d’état socialiste trouvait ce jet d’affaire plus reposant et lui permettant de mieux travailler ses dossiers que le Concorde ou que le Douglas DC-8. Même Jacques Chirac qui lui succéda en 1995 vola aussi sur Falcon 50. C’est dire si cet avion aura été synonyme de liaisons pour l’Élysée.

Après leur carrière dans l’Armée de l’Air les Falcon 50 du GLAM furent cédés à la Marine Nationale, non sans avoir au passage été profondément modifiés par Dassault Aviation. Non seulement il fallait leur offrir des pattes palmées mais surtout il était nécessaire de les militariser en profondeur. D’avions présidentiels ils étaient devenus des policiers des mers et du littoral, des Falcon 50M. C’est eux que nous appelons aujourd’hui les Triton.

Premier vol du prototype Falcon 50, sous l’immatriculation provisoire F-WAMD.

Cinquante ans après son premier vol le Dassault-Breguet Falcon 50 continue de voler un peu partout dans le monde. Preuve en est que cet avion a été bien pensé, grâce notamment à sa fameuse voilure supercritique et à son évolution modernisée Falcon 50EX apparue en 1996. Mais surtout l’idée de faire de cet avion un triréacteur ne fut en rien un one shot, un coup de maître sans lendemain. Au contraire c’est devenu la signature même de Dassault-Breguet puis de Dassault Aviation avec les best-sellers Falcon 900 et Falcon 7X/8X. Aujourd’hui encore le Président de la République Française vole sur une triréacteur clodoaldien.
Malgré cela l’avionneur français a aussi continué dans la voie du biréacteur, avec là encore un succès planétaire.

Joyeux anniversaire Falcon 50.
Et à titre très personnel j’ai toujours adoré voler sur Falcon 50, dans le cadre professionnel bien sûr.

Photos © Dassault Aviation et Marine Nationale


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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