FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Kawasaki Ki-10 ‘Perry’
Constructeur : Kawasaki Kokuki Kogyo K. K.
Désignation : Ki-10
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN : Perry
Variante :
Mise en service : 1935
Pays d'origine : Japon
Catégorie : Chasseurs de l'entre-deux-guerres
Rôle et missions : Chasseur monoplace

HISTOIRE

Kawasaki Ki-10 ‘Perry’ :
La première vraie réussite de l'ingénieur Takeo Doi”

Souvent considérée comme la plus petite des grandes aviations militaires de la Seconde Guerre mondiale derrière ses contemporaines allemandes, américaines, ou encore britannique l’industrie japonaise fut pourtant florissante. Et contrairement à une idée reçue encore largement répandue dans les sphères aéronautiques elle n’entama pas le conflit avec uniquement des appareils capables de rivaliser voire de surclasser les machines alliées. Comme d’autres elle fit appel durant les premières années de la guerre à des biplans souvent dépassés mais ô combien précieux pour combler les vides. L’un des plus remarquables d’entre eux fut un chasseur monoplace très robuste : le Kawasaki Ki-10.

Les années 1920 et la première moitié des années 1930 virent l’industrie aéronautique nippone s’enrichir du savoir-faire de designers et d’ingénieurs venus d’Europe occidentale. Ceux-ci étaient principalement allemands, britanniques, et français. Ce fut notamment le cas de l’avionneur Kawasaki qui eut la chance d’obtenir le soutien du célèbre savant allemand Richard Vogt qui avait fait ses débuts avec Claude Dornier et Ernest Heinkel. Avant de rejoindre le Japon il avait œuvré pour les constructeurs Halberstadt et Zeppelin-Staaken.

Au sein des bureaux d’études Kawasaki l’ingénieur allemand développa plusieurs programmes d’avions militaires dont un des derniers fut très audacieux chasseur monoplan à aile basse en mouette Ki-5. Un temps étudié par l’état-major nippon il fut finalement refusé, car jugé trop peu académique. Richard Vogt démissionna quelques jours plus tard et rentra en Allemagne où il fut recruté par Hamburger Flugzeugbau, une branche du groupe Blohm und Voss. Il marqua durablement l’histoire de cet avionneur.
Au Japon Vogt avait su former un successeur, l’ingénieur et designer Takeo Doi. Celui-ci avait retenu de son apprentissage auprès du génie allemand son audace tout en sachant conserver une forme de classicisme qui allait le suivre durant toute sa carrière.

Justement en cette année 1934 le rejet du Nakajima Ki-5 mit l’aviation impériale nippone dans une situation complexe. Elle n’avait plus de chasseur moderne en vue. Une étude en urgence fut confiée à Kawasaki et Nakajima. Si le premier, sous l’impulsion de Takeo Doi, décida de revenir à un biplan plus traditionnel, le second prit la décision d’aller vers un monoplan à aile basse. Les avions reçurent les désignations respectives de Ki-10 et Ki-11.
De son côté l’avionneur Mitsubishi proposa, sur fonds propres, un avion qui fut lui désigné Ki-14. Comme le Ki-11 il s’agissait d’un monoplan à cockpit ouvert.

Extérieurement le Kawasaki Ki-10 se présentait sous la forme d’un biplan d’envergure inégale de construction mixte en bois, contreplaqué, et tubes d’acier. Sa propulsion était assurée par un moteur allemand BMW Type VI à douze cylindres en V d’une puissance de 850 chevaux. Pour son armement Kawasaki se tourna vers la Grande Bretagne et plus particulièrement la société Lewis qui lui vendit les mitrailleuses synchronisées de calibre 7.7 millimètres nécessaires à la mission. Le pilote prenait place dans un cockpit à l’air libre tandis que l’avion disposait d’un train d’atterrissage classique fixe doté d’un patin de queue.
C’est dans cette configuration que le prototype réalisa son premier vol en mars 1935.

Quelques mois plus tard l’état-major japonais rendit son verdict : le Kawasaki Ki-10 remportait le marché, renvoyant dos à dos Mitsubishi et Nakajima. Le classicisme du biplan l’avait (encore) emporté sur l’avant-garde du monoplan à aile basse.
Pour la petite histoire le Mitsubishi Ki-14 servit de base pour le développement du chasseur embarqué A5M Claude, construit lui en série pour la marine impériale.
Le moteur et les mitrailleuses du Ki-10 allaient être construites sous licence au Japon par Kawasaki. La commande initiale porta sur 300 avions de la série Ki-10-I identiques au prototype.

Les premiers exemplaires de série entrèrent en service actif au sein de l’aviation terrestre japonaise en décembre 1935, soit moins de deux mois après la signature du contrat. Le Kawasaki Ki-10-I avait alors la réputation d’être un avion stable, facile de pilotage, et assez manœuvrable. Le dernier Ki-10-I fut livré en octobre 1937. À cette époque l’avion avait déjà connu le feu en Chine, face à la chasse de ce pays. Ils s’étaient notamment octroyé des victoires aériennes face à des avions aussi différents que le bombardier léger Bellanca 28-90 Flash, le chasseur Breda Ba.27M, ou encore le Vought V-65C Corsair de reconnaissance. Le seul et unique Spartan 7W Executive de transport d’état-major en service en Chine fut intercepté par une patrouille de Ki-10 et obligé de se poser derrière les lignes japonaises en décembre 1937. Capturé il fut pris en compte par ce pays.
En fait le Ki-10-I était rapidement devenu la bête noire de l’aviation chinoise.

En décembre 1937 Kawasaki reçut le feu vert du ministère japonais de la guerre pour produire 280 exemplaires du Ki-10-II. Cette version avait été revue et corrigée via l’ajout d’un carénage de train d’atterrissage, d’un nez redessiné, et d’un cockpit repensé et mieux protéger contre les tirs de DCA. Le Ki-10-II avait été imaginé par l’ingénieur Takeo Doi en tirant les enseignements de la guerre en Chine. Les premiers exemplaires de série y furent directement envoyés en février 1938. Et comme le Ki-10-I le Ki-10-II y fit merveille.
À son palmarès on compta notamment deux chasseurs Dewoitine D.510, une dizaine de chasseurs Polikarpov I-15, ou encore des avions de reconnaissance Polikarpov R-5. En fait rien ne semblait permettre d’endiguer la menace du Kawasaki Ki-10.

La suprématie du Kawasaki Ki-10 sur le ciel chinois fut totale jusqu’à 1940 et la généralisation du monoplan Nakajima Ki-27 Clint. Pour autant le chasseur biplan demeura très actif dans ce conflit. En fait il fallut attendre le second semestre 1941 et l’arrivée des fameux Flying Tigers américains sur Curtiss P-40 Warhawk pour que le Ki-10 commence à vraiment laisser des plumes dans le ciel chinois. Le monoplan américain le surclassait totalement !
Néanmoins ce chasseur biplan était toujours en service en Chine quand le Japon attaqua les États-Unis au matin du 7 décembre 1941.

C’est ce qui explique que le Kawasaki Ki-10 reçut le nom de code Perry dans la nomenclature alliée. Face aux Brewster F2A Buffalo et surtout aux Grumman F4F Wildcat de l’US Navy les biplans n’avaient aucune chance. C’est ainsi qu’ils quittèrent le service actif en juin 1942 après une très belle carrière.
Le Ki-10 avait été le dernier chasseur biplan japonais construit en grande série.

Avion essentiel dans l’histoire aéronautique japonaise le Kawasaki Ki-10 permit à Takeo Doi de se faire la main. Après ce biplan il développa deux des grandes réussites nippones de la Seconde Guerre mondiale : le chasseur lourd bimoteur Kawasaki Ki-45 Nick et surtout l’intercepteur monomoteur Ki-61 Tony. Après-guerre il participa activement à l’aventure collective du NAMC YS-11, un des avions de transport les plus réussis de son temps.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Kawasaki Ki-10-II 'Perry'
Envergure : 10.00 m
Longueur : 7.55 m
Hauteur : 3.00 m
Motorisation : 1 moteur en V Kawasaki Ha.9-IIa
Puissance totale : 1 x 850 ch.
Armement : Deux mitrailleuses de calibre 7.7mm.
Charge utile :
Poids en charge : 1740 kg
Vitesse max. : 400 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 11500 m
Distance max. : 1100 Km à masse maximale
Equipage : 1
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Kawasaki Ki-10 ‘Perry’

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Kawasaki Ki-10 ‘Perry’

VIDÉO

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