Mécano d’active sur Spitfire, une exception toute britannique !

Mécano d’active sur Spitfire, une exception toute britannique !

Dans quel pays un mécanicien militaire peut-il bien encore travailler sur un Avro Lancaster ou un Hawker Hurricane ? La réponse est logique : au Royaume-Uni. Le célèbre Battle of Britain Memorial Flight dispose dans ses rangs de ses propres mécanos, qui ont troqué les jets de combat et avions cargos pour les vieux coucous et autres zincs de la Seconde Guerre mondiale. Disons-le clairement leur mission doit être un énorme kif.

Car même si entretenir ces machines dont la plupart sont plus que septuagénaires (la plus récente est cependant un De Havilland Canada Chipmunk T Mk-10 datant de 1952) relève de la gageure, aucun des personnels du BBMF penserait sûrement à faire autre chose de son temps d’active.

Sur ces avions ce n’est pas de l’aéronautique, c’est encore de l’aviation. Et la notion est importante, car la majorité de ces mécanos sont âgés d’une trentaine ou d’une quarantaine d’années. Ils ont donc appris leur métier pour pouvoir travailler ensuite sur des aéronefs bardés d’électronique. Sauf que là l’électronique, on la cherche encore.

Mécano sur Supermarine Spitfire en 2015, quel dur métier !!!
Mécano sur Supermarine Spitfire en 2015, quel dur métier !!!

Les avions du Battle of Britain Memorial Flight sont en effet des appareils « à l’ancienne ». Les diagnostics concernant les pannes, voire les incendies comme en mai dernier avec le Lancaster de l’unité, se font à la main et à l’œil du mécano.

L’essence de l’art diront sûrement les puristes et ils auront bien raison. De ce fait on est d’autant plus admiratif quand on voit évoluer ces avions en meetings aériens de se dire la somme de travail et de remise en question qu’il faut à chaque mécanicien pour bichonner ces vieilles mécaniques… qui démarrent souvent au quart de tour.

Je dirais bien à nos jeunes lecteurs qu’ils savent désormais quoi faire plus tard, mais il existe une condition sine qua non pour devenir mécanicien au BBMF : être Britannique. Une qualité dont je doute qu’une grande partie de notre auditoire soit dotée. Dommage.

Photos © UK Ministry of Defense.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

11 COMMENTAIRES

  1. Il n’y a qu’en Angleterre que l’on peut encore trouver des entreprises qui se spécialisent dans la restauration de tout ce qui vole, roule ou flotte…et en vivre.Les anglais ont le sens de l’histoire greffé dans leur chair et c’est un vrai paradis pour tous les collectionneurs, quelque soit leur passion.

    • Il existe de telles entreprise en France, notamment à Dugny en Seine-Saint-Denis. Quand à ces mécanos ils n’appartiennent pas à une entreprise privée mais bel et bien à la RAF ce sont donc des militaires.

  2. C’est vrai! Mais il ne faut pas oublier non plus que la RAF fait aussi de plus en plus appel à des entreprises privées pour l’entretien de ses aéronefs, ce que l’Armée de l’Air commence à faire par ailleurs.
    Quant à celle de Dugny, elle est rattachée au Musée de l’Air et donc bénéficie d’un statut spécial. Le conseil général de Seine Saint Denis la soutient financièrement et s’en sert comme entreprise de réinsertion.
    Je n’en connais pas ailleurs, (sauf peut-être Les Ailes Anciennes de la Ferté Alais) ,alors qu’aux USA et en Angleterre, elles se comptent par dizaines.

    • C’est très bien la réinsertion professionnelle subventionnée, surtout si cela peut contribuer à préserver le patrimoine aéronautique.
      Au passage, juste pour la forme, les conseils généraux n’existent plus en France, désormais ce sont des conseils départementaux.

  3. Bonjour à vous . Il existe une société sur l’aérodrome de Darois, Aero Restauration services, qui répare et restaure les avions de collection. Et ily a également un privé qui entretient un Spitfire et un Sea Fury.

  4. me concernant les conseils généraux, et les conseils départementaux, c’est kif!!! kif!!!!
    cher ARNAUD. c’est nos impôts sous une autre forme, tout simplement, et donner pour la réinsertion
    professionnelle pour l’aèroneautique je suis pour a 100%

  5. Une « monarchy », un État d’un pouvoir pyramidal par le sang et sous un djeu introuvable lui conférant tous les « Ouraits », c’est pour moi un regards sur le passé, de la rétrogradation sinon de l’obscurantisme.

    Ce qui distingue les Anglaiis des Français est la discipline, le corps raids et les oreilles molles. Il en va de même avec les Allemands.

    Ainsi, la liberté découlant d’une Société très ouverte comme la France a pour conséquence une cohésion réduite en faveur d’un pluralisme tout azimut.

    Avons-nous échoué de profiter des très amèrement affreuses leçons laissées par les hécatombes et ruines de la deuxième guerre mondiale ? . . .

    Et combien de casse d’appareil aérien durant la plus grande honte sur le genre humain !

    La nostalgie à l’anglaise, c’est la glu servant à garder les corps raids et en cohésion en maintenant en place le plus archaïque système d’organisation sociale.

    Gouad séve vde Kouinne !!!

  6. Article fort intéressant Arnaud ! Au-delà des différences culturelles, les passionnés de vieux coucous à hélices ont un langage commun. Ces belles machines d’une autre époque méritent d’être restaurées et bichonnées, que ce soit par des mécanos de la RAF ou des bénévoles oeuvrant pour des Fondations privées comme c’est généralement le cas en Amérique.

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