Comme souvent l’approche du 31 décembre c’est le moment de se poser la question de ce qui a le plus retenu notre attention dans l’année. Et sur ce site la question c’est indéniablement de savoir quel aéronef est celui qui a le plus marqué les cinquante-deux dernières semaines. Quasiment sans hésitation, à mon sens, l’avion qui a fait 2016 c’est le Lockheed-Martin F-35 Lightning II américain, celui qui était de la plus part des conversations aéronautiques. Il a réussi, souvent malgré lui, à éclipser tous les autres prétendants.

En fait le F-35 Lightning II est une machine qui ne laisse personne indifférent. Détesté par beaucoup, méconnu de quelques-uns, incompris de pas mal de monde ses retards et l’explosion de ses coûts de développement et de production en ont fait la cible de quolibets, souvent à outrance.

Car dans la réalité des faits qui factuellement peut dire que le dernier-né de Lockheed-Martin est un appareil raté, inapte au combat ? Pas grand monde, étant donné qu’il n’a pour l’instant participé à aucune mission internationale ou même à un quelconque exercice d’ampleur correcte. Alors certes à la différence de ses prédécesseurs il ne semble pas taillé pour affronter en combat aérien les meilleurs chasseurs russes ou européens. Mais franchement quel est le risque réel qu’il ait un jour à affronter des Rafale, des Eurofighter, ou encore des Su-35 autrement qu’au cours de manœuvres aériennes ? Qui serait assez fou (ou débile) pour oser affronter de face la toute puissante US Air Force ?

Après je lis et j’entends souvent que jamais le F-35A ne pourra remplacer efficacement le vénérable A-10 Thunderbolt II. Mais est-ce réellement son rôle premier ou alors un rôle de composition que les généraux américains lui ont refilé bon an mal an ? Finalement l’A-10 n’était-il pas dès le départ un avion impossible à remplacer car trop particulier ? Trop hors norme ? Là est aussi peut-être l’explication.

Bien sûr il entre bien tardivement en service, aussi bien dans l’aviation américaine, que dans l’aéronavale, ou encore au sein des forces aériennes alliées et à qui le Pentagone aurait forcé la main dans le but de le commercialiser. Ce qui est rigolo c’est que ce procès d’intention a toujours existé concernant les avions de chasse américains des cinquante dernières années. La presse spécialisée disait la même chose du Lockheed F-104 Starfighter, du Northop F-5 Freedom Fighter, ou encore du General Dynamics F-16 Fighting Falcon. À l’image du F-35 ces trois modèles de chasseurs légers étaient pleinement taillés pour l’export. Ou peut-être est-ce l’inverse.

Loin de moi l’idée de jouer le donneur de leçons, nous avons aussi nos torts à la rédaction d’Avions Légendaires couvrant chaque évolution de l’avion, au risque souvent d’être taxés par certains de nos lecteurs et de nos lectrices de pro-Lighting II. Simplement nous suivions le mouvement médiatique vous assurant une information assez continue sur cet avion qui, qu’on le veuille ou non marquera l’histoire aéronautique.

Alors au cours de ces dernières semaines nous avons eu un sacré coup de main, de la part du futur président américain, qui s’est lui aussi lancé dans la bashing contre le F-35. Populisme quand tu les tiens. Et là tout est parti en vrille, Trump s’est fait le chantre du tout sauf le F-35, réussissant même au passage à se ridiculiser un peu plus.
À sa manière pourtant le futur locataire du bureau ovale a participer à ce qui fait du dernier né de Lockheed-Martin l’avion de 2016.

Je ne suis pas amateur de jeux d’argents ou de hasards mais je mettrais bien une petite pièce sur le fait qu’en 2017 il en sera de même.
Alors je sais qu’on me reprochera, parmi nos lecteurs, de ne pas avoir considéré le vénérable Dassault Super Étendard comme l’avion de l’année, lui qui a quitté le service actif cet été. Mais ce fait demeure très franco-français. Ailleurs ce retrait de service a au mieux fait deux mots trois lignes dans la presse aéronautique. Non rien ne pouvait faire de l’ombre au chasseur furtif américain si mal aimé.

Photos © Lockheed-Martin.

 

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11 COMMENTAIRES

  1. Je veux bien que l’on soit impartial, et de ne pas trop critiquer le f35 mais il faut être impartial des deux côtés .En toute objectivité cette machine cumule les défauts (pour l’instant) malgré des dépenses « bibliques », on est en droit de le constater et d’en parler en tant que passionné du sujet . Dans le futur un f35 turc affrontera peut être un SU 35 syrien… Bonne fête de fin d’année à tous;-)

  2. Bonjour Arnaud,

    Pour répondre à une des phrases de l’article, et en relisant pas mal d’articles publiés sur Avions légendaires, oui, vous êtes inconditionnellement pro-F35.
    Ce qui me gêne avec cet avion, surtout à l’heure où il est en lice pour remplacer nos F-16 belges, c’est que c’est la preuve éclatante que les Américains n’ont retenu aucune leçon du passé et qu’ils profitent de leur leadership occidental pour imposer une machine superflue et excessivement onéreuse.
    Ils n’ont pas retenu les leçons du passé parce que depuis que les avions existent, les états-majors rêvent d’une machine universelle et polyvalente. Chaque fois qu’un constructeur s’yest frotté, ce fut un échec. Sans l’électronique embarquée, sans une diversification finalement vers trois modèles très différents (avouez qu’entre un F-35A et un C il y a un monde de différence) et sans un financement forcé imposé aix pays participant au projet, cet avion mal né n’aurait jamais volé.
    Ce n’est pas du tout un avion de consensus, contrairement au F-16 contrairement à ce que vous affirmez. A l’époque du «marché du siècle» le F-16 a été décrié par une certaine presse, mais c’était comme souvent par d’autres constructeurs aéronautiques, dont Dassault qui espérait bien vendre des F-1.
    Mais le F-16 a apporté énormément de retombées économiques au niveau de l’industrie aéronautique européenne, ce qui ne sera pas le cas avec le F-35.
    Pour en revenir au F-35, maintenant on se retrouve avec une machine dont le prix de revient à l’unité a littéralement explosé et surtout qui ne se justifie pas.
    Car si, du point de vue du technicien F-16 que je suis, on ne peut qu’admirer les prouesses technologiques du Lightning II, d’un point de vue contribuable j’espère que la Belgique ne va pas commettre l’erreur de dépenser les sommes déraisonnables demandées pour cet avion inutile pour notre petit pays. D’un point de vue Européen, j’aspire (entre autre) à une Europe de la défense et maintenant que les Anglais vont la quitter, c’est le moment de saisir notre chance de nous libérer un peu du joug américain en achetant européen.
    D’un point de vue humain enfin, à quoi bon acheter cette panacée de technologie furtive ou autre, dans le contexte des guerres actuelles dont le profil a complètement changé depuis la fin de la guerre froide? Comme vous le dites vous-même, il y a peu de chance que cet avion soit confronté un jour au Rafale, Eurofighter et autre Su-35. Et heureusement, car c’est qu’on serait entrés dans la troisième guerre mondiale.
    Alors en définitive, c’est comme avec la bombe atomique, juste un jeu de gamin qui la posent sur la table pour voir qui a la plus grosse…????
    Il paraît que l’humanité évolue, mais on a encore du chemin à parcourir pour arriver à ce que les hommes pensent paix et plus guerre….
    J’espère que la Belgique achètera le Rafale, même si ses chances sont très très minces face au F-35 quand les politiques mettront leur grain de sel dans le marché.
    Et j’aurais nommé cet avion «avion de l’année 2016» car c’est une machine performante, évolutive, et qui elle a déjà largement fait ses preuves en opérations.
    Et c’est aussi une belle preuve de persévérance des ingénieurs français, qui viennent enfin de voir leurs espoirs de vente à l’exportation concrétisés avec le contrat indien. Je leur souhaite que d’autres suivent.
    Et je termine en vous souhaitant un joyeux réveillon et une bonne année 2017.

    Bien à vous

    S.Hottiaux

  3. J’aurais plutôt vu le Rafale en avion de combat de l’année 😉 Contrat indien, le passage de l’aéronavale au tout Rafale, idem pour Chammal, touch & go sur l’Ike… Mais bon.
    Après, fondamentalement le F-35 n’est pas un avion destiné au combat aérien ou à acquérir la supériorité aérienne puisqu’il est prévu que le F-22 assure cette fonction dans les conflits haute-intensité. Après, le coût exorbitant – il faut le dire – pour acquérir une certes excellent plateforme air-sol se justifie-t-il ?
    Un Rafale est quand même donné pour 100 millions de dollars là ou un F-35 devrait tomber en-dessous de 90 (en théorie). Après pour la seule US Air Force, on parle d’une série de près de 2 500 unités…
    L’achat de F35 est avant tout un acte politique, celui de « s’allier » (certains diront se vassaliser) aux USA qui restent, quoi qu’on pense, la puissance normative (Ils imposent entre autres choses, l’usage de la liaison-16 en opérations). Certaines aviations (UK, Danemark, Norvège et même les US Marines) jouent leur survie sur cette appareil, autant dire qu’ils auront probablement peser le pour et le contre.
    L’appareil n’est évidemment pas exempt de défauts, mais à mon sens, le plus ennuyeux reste son endurance, surtout sur la version S/VTOL. Ce qui a été mis en lumière par le convoyage de quelques exemplaires au-dessus de l’Atlantique avec pas mal (trop ?) de biberonnages. Si la question se pose moins aux USA qui ont une flotte bien fournie de ravitailleurs, c’est pas le cas des forces aériennes européennes, ni du corps des Marines. Je pense que c’est un point important aussi pour nos « cousins » canadiens.

    • Le rafale à 100 millions, je ne crois pas en Inde il a été vendu pour 93 millions. Sachant qu’on fait un profit dessus… Ensuite le prix annoncé pour le F35 est juste à hurler de rire, ces appareils sont livrés mais pas finit, ils ne verront jamais le combat avant d’avoir fait un nouveau tour en usine. Donc le prix réel est encore inconnu, sinon on peut livrer le rafale moins chers avec une aile en moins aussi…

  4. Fox news il y a 1 semaine a expliqué que les forces aérienne américaine allait avoir un trou de 40000 militaire dont 700 pilotes l’année prochaine , la faute au salaire bien inférieure que dans le civil, les russe et le chinois non plus besoin concevoir de avions moderne le trou financier du F22 et F35 rende US airforce complétement incapable de remplir son rôle et mème Trump sans est aperçut,alors je pense que votre choix est vraiment le bon pour Poutine

    • Fox News ? Vous n’auriez pas un média moins vendu à Trump et ses amis que cette chaine de télé américaine ? Fox News c’est la pravda du futur président américain. Donc franchement si c’est elle qui le dit, on peut aisément se dire que c’est pour servir les intérêts du futur locataire du bureau ovale.
      Ma chère Jade vous auriez pu aussi trouver une seconde source, moins suggestive ce coup ci. Genre le Washington Post par exemple.

      • Ca reste la chaine d’info cablée la plus regardée aux US. Sinon oui écoutons Clinton News Network !
        Oh le Washington Post moins suggestive ….
        Pour ce qui est militaire je préfère regarder Fox bien plus regarder des militaires américains, qui parlent plus volontiers à cette dernière.
        Et j’avais moins lu cette information (sur les 700 pilotes qui manquent mais aucun rapport avec le F35 apparemment) dans un article en français …

  5. Le F-35 est conçu comme étant le compagnon Air-Sol du F-22 Raptor Air-Air. Il n’a rien avoir avec un A-10, ni même un autre appareil de supériorité aérienne. De ce côté là, on attend juste que le F-35 soit capable de se défendre contre d’autres avions.

    Dans les faits, la communication de Lockheed, essaie de faire croire que le F-35 pourrait être utilisé SEUL sans autre appareil de supériorité aérienne à ses CÔTÉS. La fameuse politique de l’avion unique, qui prend son essor un peu partout, et dont le Rafale est un représentant assez flagrant.

    • Connaissant un tout petit peu le F-35 Lightning II je ne vois pas d’où vous tenez de telles informations Klimov ? D’autant que votre argumentaire ne tiendrait la route que si le F-35A existait seul. Le fait même que Lockheed-Martin ait développé un F-35B à atterrissages et décollages courts/verticaux et un F-35C naval destinés respectivement à l’US Marines Corps et l’US Navy anéantit totalement votre explication. En effet en quoi ces deux armes iraient demander la présence des F-22 pour faire voler leurs F-35 en mode air-sol ?
      Modestement je crois que vous devriez revoir votre copie Klimov concernant l’avion américain.

      • Bonjour,

        J’entends par là, qu’il semble que le F-35 représente bien un avion polyvalent, mais un avion polyvalent qui est censé donner aux Forces Américaines le compagnon furtif Air-Sol d’un F-22 Raptor axé sur la suprématie aérienne. Je me souviens de l’US Air force qui a opté pour faire évoluer le F-15 et le F-22, afin que ce genre de patrouille puisse représenter une menace air-air, ainsi qu’une menace air-sol. Je pense que dans l’idée, il en serait de même pour le F-22 et le F-35. En ce qu’il s’agit du F-35 A tout du moins.

        Ici, une patrouille de F-22 assurerait la suprématie aérienne, tandis qu’une patrouille de F-35 assurerait plutôt les missions air-sol.

        Lockheed pense qu’il suffit au F-35 d’avoir un viseur de casque, une furtivité passive, et un bon radar, pour permettre aux F-35 de se défendre en totale autonomie. Si le F-35 est manœuvrant, il reste à savoir s’il est tout à fait capable d’être aussi manœuvrable qu’un avion adverse en combat tournoyant.

        Avant d’être conçu pour l’export, l’avion est avant tout censé répondre aux besoins du pays client. Et je pense, qu’il y a matière à discuter sur la pertinence du F-35 pour des pays Européens.

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