L’avionneur américain est en totale perte de vitesse sur le marché international des avions de guet aérien et de veille radar. L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord vient d’annoncer son intention de commander le Saab GlobalEye, un système suédois conçu à partir de l’avion d’affaire canadien Bombardier Global 6000. Ce biréacteur compact assurera donc, durant la première moitié de la décennie prochaine, le remplacement des actuels Boeing E-3A Sentry hors d’âge. Une réussite que beaucoup imputent aussi à la politique étrangère du Président des États-Unis Donald Trump qui dérange jusqu’au sein de l’alliance Atlantique.
Pour beaucoup d’observateurs c’est un mini séisme. L’OTAN ne fera pas appel au Boeing E-7A Wedgetail afin de succéder au Boeing E-3A Sentry. Il y a encore un ou deux ans une telle hypothèse aurait fait rire tout le monde. Surtout quand on sait que plus que l’avion américain en lui-même c’est la politique internationale de Washington DC en matière de défense qui est sanctionnée par les Alliés. Même l’OTAN ne soutient plus Donald Trump dans ses pérégrinations aux quatre coins du monde. Les menaces d’annexion du Groenland, territoire autonome mais rattaché à la couronne du Danemark, a sans doute été la goutte d’eau ayant fait débordé le vase.
Et plus que le Président des États-Unis Donald Trump le grand perdant s’appelle ici Boeing.
Car avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord on ne parle pas d’un ou de deux avions. Le contrat pourrait porter sur douze à quinze appareils, avec une option pour quatre à six avions supplémentaires. Au sein de l’alliance Atlantique l’Amérique a perdu tout crédit aux profits de la Suède, nouvelle entrante. Son GlobalEye n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essais. Outre les quatorze E-3A Sentry de l’OTAN l’avion scandinave devra aussi remplacer dans l’Armée de l’Air et de l’Espace les quatre actuels E-3F SDA.
Même si elle ne possède aujourd’hui pas d’AWACS l’Aviation Royale Canadienne a elle aussi très récemment fait le choix du GlobalEye au détriment de l’E-7 Wedgetail. Et chez nos amis canadiens la diplomatie trumpienne n’est pas non plus étrangère à ce choix européen.
Pour autant peut-on réduire le Saab GlobalEye à une réponse aux délires diplomatiques et militaires de Donald Trump ? Bien sûr que non, la décision française par exemple remonte fondamentalement à avant les crises vénézuéliennes et iraniennes, et à une époque où personne ne prenait le président américain au sérieux sur le Groenland. De la même manière les Émirats Arabes Unis et la Suède l’ont commandé hors de toute problématique trumpienne. Non à chaque fois l’avion suédois a été jugé supérieur à son concurrent américain, et aussi moins onéreux et plus facile d’emploi.
Aujourd’hui d’ailleurs l’Allemagne, le Danemark, l’Égypte, ou encore le Qatar ne cachent plus leurs ambitions de l’acquérir plutôt que son concurrent de chez Boeing.

C’est pourtant bel et bien une petite révolution pour l’OTAN de préférer un avion européen à un en provenance des États-Unis. Est-ce là le début d’un changement de paradigme au sein des Alliés ? Et si c’était ça le grand remplacement qui en fait flipper tant…
Affaire à suivre.
Photos © OTAN
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