L’information est un peu passée inaperçue de ce côté ci de l’Atlantique. L’US Department of Defense a annoncé avoir l’intention de sélectionner prochainement un nouvel avion pour les missions de commandement aéroporté de l’US Air Force et de l’US Navy. Fait plus surprenant il semblerait que le transport de hautes personnalités soit concerné également, sans pour autant toucher à l’avion présidentiel. Une volonté de rationalisation des moyens de soutien opérationnel qui est bien dans l’air du temps, même dans l’Amérique de Donald Trump.

Même si les Boeing E-4B Nightwatch et E-6B Mercury sont de parfaits exemples de l’effort américain de la Guerre Froide il n’en reste pas moins que ce sont des avions parfaitement adaptés à leurs missions. Mais en effet ils vieillissent, les premiers peut-être même plus que les seconds. Reste alors que le futur avion devra pouvoir remplir les missions respectives d’AABNCP (pour Advanced AirBorne National Command Post, ou poste de commandement national aéroporté) et de TACAMO (pour Take Charge And Move Out, ou avion relais-communications avec les submersibles en plongée) à la charge de ces quadriréacteurs.
En gros le Pentagone est en train de réinventer le concept du Boeing EC-135 Combat Lightning !

Mais l’autre aspect de ce nouveau programme américain c’est d’envisager le remplacement des Boeing C-32A comme poste de commandement aéroporté et transport de hautes personnalités, à l’exclusion du Président des États-Unis. Pour autant le futur remplaçant du Boeing VC-25A ou bien les actuels Boeing C-40B Clipper ne semblent pas en danger.

Alors comment s’articulera ce futur avion qui pour l’instant s’appelle NEAT (pour National Executive Airborne Take-Charge) sans que l’on ne sache vraiment à quoi il ressemblera. Déjà sur quelle base d’avion de ligne sera t-il développé ? À 99% il est évident qu’il sera assemblé chez Boeing mais en tant que biréacteur ou quadriréacteur, le mystère reste entier.
Les prétendants pourtant ne sont pas légions, on peut raisonnablement penser que cela se jouera entre les 747-8, 777-300ER, et 777-9. Même l’ultramoderne et très réussi 787-9 Dreamliner semble hors-concours car certainement trop petit. Et ne parlons-pas des avions européens qui sont de facto hors-compétition même sous alliance Lockheed-Martin ou Northrop-Grumman : on imagine mal le Président des États-Unis décider d’une frappe nucléaire à bord d’un Airbus A380 !

En fait le Pentagone surfe ici sur un concept de polyvalence «à la mode». En France par exemple les Airbus Defense & Space A330MRTT Phénix, dont le premier exemplaire vient d’être livré à l’Armée de l’Air, ne sont pas seulement des ravitailleurs en vol. Ils pourront en outre très bientôt remplir des missions de commandement aéroporté et de transport de hautes personnalités.

La sélection du NEAT est prévu pour 2021-2022 et son entrée en service opérationnel aux alentours de 2025. Le marché est logiquement annoncé inférieur à dix avions qui devront demeurer en service jusqu’aux alentours de 2050-2055 minimum.

Photo © US Air Force

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