Est-ce le début de la fin pour toute une génération d’avions sans pilote dans l’aéronavale américaine ? En tout cas ça y ressemble fort. Ce jeudi 28 février 2019 l’US Navy a officiellement déclaré que le drone-cible de nouvelle génération BQM-177A avait atteint sa capacité opérationnelle initiale, ou IOC. Bien que développé et construit aux États-Unis par Kratos Defense & Security Solutions cet engin incorpore des composants européens, notamment grâce au motoriste français Safran. La première utilisation d’un BQM-177A remonte à juillet 2018 au profit de pilotes volant sur Boeing F/A-18E Super Hornet.

Dérivé à l’origine d’un autre drone-cible, le BQM-167X, ce nouveau Kratos BQM-177A dispose donc d’un turboréacteur Safran Microturbo TR 60-5+ de facture française. Il est directement dérivé du célèbre TRI-60 des années 1970 qui équipe notamment les avions sans pilote Aérospatiale C.22 ou encore Beechcraft MQM-107 Streaker.

Justement le drone nouvellement déclaré IOC a été conçu pour remplacer deux modèles de drones cibles dont ce dernier. Mais c’est surtout le Northrop-Grumman BQM-74E Chukar III qui était visé par Kratos et l’US Navy lors de son développement. Comme celui-ci le BQM-177A peut être tiré à partir de la majorité des navires de guerre américain ou bien depuis le sol. Sa vitesse subsonique de l’ordre de 1000km/h et sa capacité à voler à basse voire très basse altitude lui permet de simuler aussi bien des avions de combat que des missiles de croisière. Il peut servir ainsi de cible aussi bien aux pilotes de chasse qu’aux servants de la défense anti-aérienne de la marine américaine.
L’US Air Force également étudie l’achat de cette machine.

Kratos Defense & Security Solutions envisage également la carrière de son BQM-177A à l’export. Des contacts ont été noué avec plusieurs clients habituels de ce genre de drones. Il semble que cet engin cible ait de bonnes chances dans les mois à venir d’être acquis par l’Espagne, le Japon, ou encore les Pays-Bas. En fait tous les pays clients du Chukar et du Streaker pourraient bien être sur les tablettes des gens de chez Kratos. Et on les comprends, le marché est particulièrement juteux. Ce qui signifie donc également la France !

Photo © US Navy

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12 COMMENTAIRES

  1. Pourquoi ne pas modifier un missile de croisière Tomahawk? Ce dernier – dépouiller d’une partie de son combustible, d’une partie de son électronique et de sa charge explosive – manquerait-il de place pour incorporer tous les systèmes?

      • Et également plus manœuvrant / polyvalent. Un hypothétique Tomahawk-cible pourrait à merveille simuler un missile de croisière volant au raz des flots (puisque c’est ce qu’il est), mais par contre bien plus difficilement un avion de chasse quant à ses capacités manœuvrières limitées.

        Ce type de drone-cible est l’intermédiaire idéal entre la cible remorquée et l’avion de chasse télécommandé (comme le QF16).

        • Pour faire simple cette histoire de « dronisation » des Tomahawk remonte au plus récent à 2004 lorsque Raytheon a révélé l’existence alors future du Block IV de ce missile de croisière. Mais fréquemment le missilier dément toute modification en ce sens de son produit star. Lors du dernier salon Euronaval, l’an dernier, il a été de nouveau rappelé qu’aucun programme de transformation en drone cible du Tomahawk n’était à l’ordre du jour.

  2. Alors certes l ancien missile tomahawk pourrait peut être être modifié pour en faire un drone cible mais il a de l âge et cela pourrait revenir trop cher pour ce projet excuser si j’ai tord je suis qu’un jeune étudiant de 3eme passionné d aviation

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