Voilà bien un modèle d’avion qui fait peu parler de lui : le Boeing OC-135B Open Skies. L’US Department of Defense vient d’annoncer son intention de lui trouver un remplaçant dans les années à venir. Deux exemplaires sur les trois produits entre 1993 et 1996 sont encore en service actif et s’assurent de l’application des traités de désarmement par les pays signataires. Cette semaine d’ailleurs l’un de ces quadriréacteurs a réalisé une série de missions au-dessus de plusieurs sites sensibles en Russie.

Mais contrairement à ce que les néophytes pourraient croire il ne s’agit là nullement d’avions-espions. Les deux Boeing OC-135B Open Skies opèrent avec des plans de vol strictement respectés, transpondeurs et radios allumés, et avec à leur bord un équipage international. On retrouve notamment des «inspecteurs» du ou des pays survolés. Pour autant le pilotage même de la machine et l’accès au cockpit sont réservés aux personnels de l’US Air Force.
C’est depuis 1996 que ces avions sillonnent les cieux du monde entier afin de participer, aux côtés d’avions d’autres nations comme la Russie, à la stricte application des traités de désarmement.

Ce contrat demandé par le Pentagone s’élève donc à 648 millions de dollar et prévoit l’acquisition des deux nouveaux avions ainsi que leur modification afin de les rendre apte aux missions types Open Skies. S’il est clairement envisagé l’achat d’avions de ligne de seconde main, comme en leur temps les avions de transport Boeing C-22, le transfert d’avions militaires est aussi à l’ordre du jour. Après tout les OC-135B sont bien d’anciens WC-135B Constant Phoenix de reconnaissance météorologique.

L’une des possibilités avancés par l’US Air Force est la transformation de deux Boeing C-32A ou encore de deux Gulfstream C-37A, des avions assez modernes pour permettre d’envisager de les porter au standard d’observation. Il est aussi question d’acquérir de seconde main deux avions de ligne Boeing 777 et ensuite de les transformer.
Ce chantier devra notamment permettre d’ajouter à l’avion un système d’imagerie numérique à haute définition, une chaîne de communication encryptée à basse et très basse fréquence, ou encore un FLIR.

Surtout cette volonté de remplacer à moyen terme les deux Boeing OC-135B encore en service tranche avec la volonté affichée par Donald Trump de sortir les États-Unis de plusieurs traités internationaux. Un peu comme si le Pentagone savait que cela allait tomber à l’eau et anticipait donc les besoins futurs en observation aéroportée. Pour autant aux États-Unis les médias spécialisés remarquent que le budget alloué demeure globalement assez timide puis très inférieur au milliard de dollars.

Photo © Keypublishing.

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