Déjà que l’avion russe peine à trouver des débouchés sur les marchés occidentaux, là c’est le coup qu’il ne va plus du tout pouvoir en obtenir. L’avionneur Sukhoi vient d’annoncer son intention de faire certifier à l’horizon 2024 l’avion de ligne Superjet 75, dérivé de l’actuel Superjet 100. Il s’agit pour l’industriel de réaliser un avion faisant beaucoup plus appel à de la technologie locale et donc permettre d’être moins dépendant de sous-traitants américains ou européens. Son premier vol n’est pas espérer avant 2022.

Pour le gouvernement russe actuel il s’agit de permettre aux compagnies aériennes russes d’accéder à un avion à moindre coût sans risquer d’avoir à craindre d’éventuelles mesures de rétorsions américaines ou européennes. Ce futur Superjet 75 aura face à lui une rude concurrence occidentale : l’Airbus A220 européen, l’Antonov An-158 ukrainien, ou encore l’Embraer E-Jets E2 brésilien. Il est utile de souligner que ce nouvel avion ne sera nullement une version courte du Superjet 100 comme sa désignation aurait pu le laisser supposer, le Superjet 75 aura une capacité d’accueil similaire à celle de son ainé.

Car Sukhoi le présente comme étant de facture russe au-delà de 80% de ses composants. Et ce sera notamment le cas des moteurs, du train d’atterrissage, des pneumatiques, des équipements de sécurité, ou encore de l’aménagement intérieur. Seule une partie de l’avionique devrait encore réussir à provenir de l’Union Européenne. En fait le gouvernement russe va devoir jouer à fond sur la fibre nationaliste pour réussir à placer son avion auprès des compagnies aériennes.

Après l’annonce du lancement de ce programme des organisations non gouvernementales implantées en Russie ont cependant déjà tiré le signal d’alarme autour de ce Superjet 75. Il est notamment question que ce biréacteur soit une aberration à venir sur les questions environnementales mais aussi (et peut-être surtout) de la sécurité des passagers et membres d’équipage. Du coup se pose la problématique de savoir si l’avion obtiendra une certification de type lui permettant de voler hors des frontières russes. Pas sûr que les administrations américains et européennes autorisent un avion trop polluant à emprunter leurs espaces aériens respectifs.

À coup sûr ce futur Superjet 75 risque bien de faire couler pas mal d’encre dans les mois et années à venir. On peut sincèrement se demander si ce repli idéologique et technologique est vraiment bon pour l’avion. Il sera sans doute au cœur de nombreuses conversations lors de la prochaine édition du Salon du Bourget en juin 2019.

Photo © Sukhoi.

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7 COMMENTAIRES

  1. Je viens de lire votre démonstration concernant les modèles d’avions, il faut continuer à faire de la recherche et progresser dans ce domaine vous avez les compétences bonne chance, cordialement.

  2. Un avion avec des composants principalement russes j’aurai vraiment peur de monter à bord. Et comme tu dis dans l’article l’environnement on voit bien que Poutine et ses acolites n’en ont rien à faire. Ils font des avions comme il y a 50 ans, les russes n’ont pas évoluer.

  3. N’empêche que toutes ces sanctions et autres embargos sont un mal pour un bien pour l’industrie russe. Au lieu de se fournir à l’étranger, cela lui permet de s’efforcer à concevoir et produire du matériel chez elle par ses ingénieurs.

  4. @ Dimitri, c’est tout à fait juste, la Russie va concevoir son propre avion avec ses ingénieurs, ils auront tout le temps pour produire quelque chose d’original comme la marque aurus.

    L’auteur de l’article n’est pas du tout objectif il a un parti pris et c’est bien désagréable pour un site qui se veut légendaires. Que dira Arnaud des Boeing qui font des morts et sont cloués au sol?

    Sukhoi y arrivera forcément car qui cherche finit toujours par trouver, ils vont même surprendre ceux qui pensaient qu’ils ne pouvaient pas y arriver.

    • Comment pouvez-vous être sûr que Sukhoi va y arriver ? C’est votre boulet de cristal qui vous l’a dit ? C’est dingue comme certains sont près à tout pour essayer de nous faire croire que l’industrie aéronautique russe est supérieure à celles de tous les autres pays du monde. Si tel était vraiment le cas Airbus et Boeing craindraient vraiment les avionneurs ex-soviétiques comme Ilyushin ou Tupolev. Ce n’est pas du tout le cas !
      Finalement votre pseudo ne devrait pas être reality mais dream.

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