C’est quasiment au choc des générations qu’ont pu assister ce mardi 21 mai 2019 les équipages américains et russes. Par deux fois dans la même journée des chasseurs Lockheed-Martin F-22A Raptor du 3rd Wing de l’US Air Force ont intercepté des bombardiers russes Tupolev Tu-95. À la deuxième reprise ces vénérables reliquats de la guerre froide étaient accompagnés de Sukhoi Su-35, les meilleurs chasseurs actuellement en dotation dans les rangs de l’aviation russe. Pour autant il n’y eut aucune confrontation entre les deux forces aériennes, les uns se limitant à observer les autres et réciproquement.

Ces deux missions d’interception des chasseurs américains de supériorité aérienne se sont déroulées dans la zone d’identification de la défense aérienne de l’Alaska. Et les pilotes des Lockheed-Martin F-22A Raptor savaient pertinemment ce qu’ils allaient identifier comme avion, tant la présence des bombardiers Tupolev Tu-95 russes dans la région est désormais fréquente. Presque un an jour pour jour la même mission avait eu lieu, dans des conditions très similaires. Tant que ces gros quadrimoteurs sont demeurés dans la zone d’identification les avions furtifs sont restés à leur côté, les uns observant les autres et vice-versa.

Quelques heures plus tard les pilotes du 3rd Wing de l’US Air Force ont de nouveau été obligé de prendre les airs en alerte car quatre échos radars venaient de pénétrer la même zone d’identification mais légèrement plus au nord. Et lorsqu’ils sont arrivés sur place les pilotes américains ont eu la surprise de se retrouver nez à nez avec les deux mêmes Tupolev Tu-95.
Mais particularité de cette seconde mission du jour : ils avaient été rejoints par des chasseurs Sukhoi Su-35. De la même manière cet avion n’est pas une nouveauté pour les pilotes de F-22A Raptor, on finit même par se demander s’il n’est pas le seul capable dans l’arsenal russe de venir flirter avec l’espace aérien américain. Là encore les équipages russes et américains n’ont eu de cesse de s’observer tant que la mission dura. Il est à signaler que durant ces deux missions d’intrusion dans la zone d’identification les avions russes sont demeurés transpondeur éteint.
Le contrôle aérien américain n’a par ailleurs signalé aucun autre écho à proximité, qui aurait été synonyme d’un avion ravitailleur en vol.

Ce type de mission de la part de l’aviation stratégique russe commence à sérieusement agacer au Pentagone. Même si les généraux américains connaissent le professionnalisme et la réactivité des femmes et des hommes du 3rd Wing ils savent aussi qu’elles ne sont pas sans risque. D’un côté comme de l’autre un dérapage pourrait arriver, ce qui aurait des conséquences désastreuses. La question que beaucoup se posent actuellement à l’US Department of Defense est de savoir si réellement ces Tu-95 ne sont pas porteurs d’armes nucléaires comme l’annonce Moscou.
Sentiment de paranoïa ou excès de précautions ? La question demeure entière.

Photo © US Air Force.

Publicité

7 COMMENTAIRES

  1. Et la chasse russe intercepte les avions de l’OTAN aux abords de la Crimée ou de l’enclave de Kaliningrad.
    Tant qu’ils font tous mu-musent c’est pas bien grave mais un incident diplomatique est si vite arrivé

  2. J’ai eu l’occasion de voler ( quand j’étais sur ATL1 ), au milieu de la grande bleue, de concert avec un TU 95: énorme!
    Il se positionnait systématiquement face à nous pour empêcher les passes photos sur un de leur navire récent…Sacré souvenir…

  3. A jouer avec le feu……Mais non ils sont tous raisonnable,
    Les russes sont peut être, je dis bien peut être, de tester des matériels de détection contre les avions furtifs. Ils ne viennent bien juste pour le plaisir.

  4. Du grand classique, décidément, mais tant que cela se passe courtoisement de la sorte, nul besoin de s’en inquiéter.

    Fait intéressant , selon TheAviationist, des photos satellite de l’aéroport militaro-civil russe d’Anadyr montrent au parking les silhouettes de 3 chasseurs de type Flanker et 2 gros porteurs de type IL76 (donc vraisemblablement au moins un ravitailleur et peut-être un A50 dans le lot, car les SU35 ont de trop courtes pattes pour l’aller-retour contrairement au monstrueux Bears).

    D’ailleurs, Jean-Marc, un A-50 avait lors d’une précédente incursion accompagné Flankers et Bears aux portes de l’Alaska, donc votre postulat de recueil d’informations n’est pas impossible et même vraisemblable. Cependant les F22 emportant des bidons de convoyage sous pylônes d’ailes, leur signature radar est évidemment fortement dégradée. Mais plus on en connaît sur son adversaire, mieux c’est.
    Pour la même raison, les F-22 (assistés par des KC-135) sont systématiquement guidés par un E-3 pour ne pas avoir à utiliser leur radar de bord.

    • Ce n’était qu’une supposition; Pour aller au delà des infos « ouvertes » trouvées dans la presse et sur les salons, il faut faire fonctionner le matériel de l’adversaire pour le connaitre.
      C’est très classique le SR 71 et le U2 fonctionnaient en partie comme cela.. Mais pas que pour le matériel aérien, c’est aussi utile pour les systèmes de détection, les temps de réaction, le point de décollage le tout en fonction de la météo. Un bon satellite pour surveiller le tout et collecter des données, ça peut toujours servir et ça fait pas de mal.

      On sait faire aussi. La Syrie a été un beau terrain de jeu ces derniers mois.pour voir le matériel russe et américain en fonctionnement

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom