C’est un peu une relecture version aéronautique américaine de «Papy fait de la résistance». Depuis quelques années maintenant l’hélicoptère de combat naval Sikorsky MH-60R enlève plusieurs contrats à l’export face à des concurrents pourtant à priori plus récents que lui. Car n’oublions pas que cet hélicoptère n’est qu’une version rajeunie du SH-60 Seahawk dont la conception date de la seconde moitié des années 1970. Et rien ne semble annoncer qu’il devrait s’arrêter en si bon chemin.

MH-60R Seahawk de l’USS Navy appontant sur le destroyer USS Nitze.

Alors certes le fait qu’à l’origine ce Sikorsky MH-60R Seahawk ait été conçu pour les besoins mêmes de l’US Navy est un sérieux argument commercial pour Lockheed-Martin. Mais il ne peut pas à lui-seul expliquer le succès commercial de son hélicoptère, y compris sur des marchés qui ne sont pourtant pas à priori gagnés d’avance par les industriels américains.
De même la pression constante des diplomates et experts du Pentagone n’est pas en elle une explication permettant d’apprécier pleinement le succès de cet appareil.

Mais du coup pourquoi se vend t-il si bien depuis le début des années 2010 sur un marché finalement assez verrouillé ?
Car face à lui la concurrence est rude avec aussi bien avec l’Airbus Helicopters AS.565MBe Panther, qu’avec le Leonardo AW.159 Wildcat ou encore le NHIndustries NH-90 Caïman NFH. Trois appareils européens qui s’avèrent être de rudes compétiteurs, même si le premier d’entre-eux est en fait de la même génération de conception que le Seahawk. Et très honnêtement tous les pays n’ont pas besoin ou pas les moyens de se payer des hélicoptères de combat naval de dernier cri.

Sikorsky MH-60R Seahawk aux couleurs danoises.

L’une des principales réponses possibles tient en deux mots : rusticité et modernisation.
En gros on pourrait considérer que le MH-60R est aussi rustique que tous les autres SH-60 Seahawk qui existent depuis les années 1980 mais en y incluant une technologie de haute technologie : FLIR à l’avant, radar multimode AN/APS-147, sonar à immersion de nouvelle génération, IFF, et chaîne de communication encryptée. Malgré sa conception qui remonte à plus de vingt ans (son exemplaire de présérie YSH-60R a volé pour la première fois en décembre 1999) il a su parfaitement évolué. Et il a su surtout s’adapter aux nouvelles exigences en matière d’armement. Certes la torpille et le missile anti-navire demeurent ses principales munitions mais il emporte désormais également des missiles antichars AGM-114 Hellfire bien plus polyvalents. Rassurez-vous le Sikorsky MH-60R Seahawk n’ira cependant pas casser du tank sur un champ de bataille, il garde ces armes là pour la destruction d’embarcations légères ou pour l’attaque ciblée de navires de gros gabarit en des endroits stratégiques.

Des arguments qui ont su convaincre plus d’un utilisateur : l’Arabie-Saoudite en a acheté dix exemplaires, l’Australie 24, le Danemark neuf, la Grèce quatre, et l’Inde 24. Il est à signaler que la Grèce possède déjà des versions antérieures. Et des pourparlers seraient actuellement en cours entre Lockheed-Martin et trois pays potentiellement futurs clients de cette machine : le Brésil, la Malaisie, et le Qatar. Pour autant chacun de ces pays ne commanderait pas plus de huit exemplaires.

Sikorsky MH-60R Seahawk australien aux abords d’ateliers de Lockheed-Martin.

Il n’est pas impossible qu’une version évoluée de cette machine fasse son apparition dans les deux ou trois années à venir. En attendant ce MH-60R Seaheawk est dans sa catégorie un des aéronefs militaires qui se vend le mieux dans le monde. Pour combien de temps encore ?

Photos © Lockheed-Martin & US Navy.

Publicité

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom