C’est une petite révolution qui est en marche dans le domaine de l’aviation civile. Le constructeur Bombardier vient de se séparer de son bimoteur régional à turbopropulseurs Q400 au profit du groupe Longview Aviation Capital. Désormais c’est clairement sur l’aviation d’affaire que semble se dessiner l’avenir de cet avionneur canadien avec en ligne de mire ses concurrents de toujours : Dassault Aviation et Gulfstream Aerospace. Pour mémoire rappelons que sa branche avion de ligne est aujourd’hui filiale d’Airbus.

Alors certes il est possible de rétorquer qu’après tout Bombardier conserve encore sa très juteuse filière de jets régionaux. C’est vrai, mais cela le semble de moins en moins. Car même si l’avionneur canadien a véritablement inventé ce concept il semble là aussi s’en séparer peu à peu. Des pourparlers seraient aujourd’hui en cours pour que les avions dérivés du CRJ700, dont le très prometteur CRJ550 lancé cette année, soient finalement assemblés sous un mécanisme financier similaire à celui qui a fait des CSeries des Airbus A220.

La vente du Q400 (ex-Dash 8) à Longview Aviation Capital était dans les cartons depuis longtemps. Nous vous avions déjà annoncé l’imminence de ce contrat à l’automne dernier, il est désormais acté. Sa filiale Viking Air assurera cette construction, sous la raison sociale de De Havilland Aircraft of Canada Limited.

En fait plus le temps passe et plus Bombardier Aerospace semble clairement se réorienter vers l’aviation d’affaire. Et on aurait tendance à penser que ses dirigeants ont raison. Avec leurs trois familles d’avions actuels ils détiennent plusieurs parts de marchés importantes. Bien entendu avec les Global 7500 / 8000 Bombardier a su se placer très efficacement sur le marché du très haut-de-gamme mais ces avions sont encore très marginaux. Non le véritable coup de force de l’avionneur canadien cela demeure les Global 6000 / 6500 qui aujourd’hui font jeu égal avec Dassault Aviation et Gulfstream Aerospace, les deux poids-lourds du marché.

Pour autant un des coups de génie de Bombardier Aerospace est sorti récemment de manière très discrète. Il s’appelle Learjet 75. Surfant sur la mode des jets légers il permet de faire la transition avec les best-sellers Learjet 45 vieillissants. Mais dans le même temps il assure d’être un concurrent de poids face à des jets de constructeurs émergents dans le domaine de l’aviation d’affaire à réaction comme Embraer avec son Phenom 300 ou encore Pilatus avec son très prometteur PC-24.

Mais en tout état de cause la marque de fabrique canadienne dans l’aviation d’affaire cela demeure la famille Challenger, héritée de feu Canadair. Ces biréacteurs de moyenne gamme se vendent bien et font là encore jeu égal avec la concurrence : Cessna et Dassault Aviation. Selon de nombreux experts l’actuel Challenger 650 n’a d’ailleurs qu’un seul vrai concurrent sous la forme du Falcon 2000LXS.

Il faudra sans doute encore quelques années à Bombardier Aerospace pour terminer sa transition vers le strict domaine des avions d’affaire à réaction. Mais à ce moment là le papillon sortira de sa chrysalide et confirmera ce que beaucoup savent déjà : c’est un acteur majeur, et ce sur la majorité des segments industriels.

Photo © Wikimédia

Publicité

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom