C’est donc selon toutes vraisemblances un avionneur américain qui fournira le futur avion de combat de l’Aviation Royale Canadienne. Ce vendredi 30 août 2019 le consortium mené par Airbus Defense & Space afin de proposer l’Eurofighter Typhoon comme successeur du McDonnell-Douglas CF-188 Hornet a décidé de jeter l’éponge. La réglementation en vigueur au Canada et notamment les exigences liées au commandement unifié du NORAD auront eu raison de l’initiative européenne. Il y a quelques mois c’est Dassault Aviation qui en avait fait de même avec son Rafale.

Même s’il reste encore officiellement l’avionneur suédois SAAB comme compétiteur européen, avec son JAS 39E/F Gripen, l’étau semble de plus en plus se resserrer autour des constructeurs américains. Si ni le Dassault Aviation Rafale ni l’Eurofighter EF-2000 Typhoon n’ont réussi à s’y imposer on voit mal comme le petit monoréacteur scandinave réussirait au Canada.
Car plus il avance et plus le programme de succession des McDonnell-Douglas CF-188 Hornet semble avoir été taillé par les décideurs militaires et politiques canadiens pour que ce soit un avion américain qui l’emporte. Boeing ou Lockheed-Martin, qui l’emportera au final ?

Si la plus part des données sont classifiées dans ce contrat on sait d’ores et déjà que les deux avions européens qui ont quitté la compétition l’ont fait car les dirigeants de leurs avionneurs estimaient que les exigences canadiennes étaient bien trop contraignantes en matière d’avionique et d’armement. Mais surtout désormais apparait en filigrane l’empreinte américaine dans cette décision européenne. Non pas que Washington ait directement fait pression sur Ottawa mais dans le cahier des charges de l’Aviation Royale Canadienne apparait la notion de participation aux opérations de défense conjointe du NORAD. Et clairement celle-ci a été pensée pour mettre des bâtons dans les roues des industriels non américains.
Les demandes en matière de sécurité des informations semblent drastiques.

Le contrat de remplacement des CF-188 Hornet devrait donc se jouer, sauf énorme surprise, entre le F/A-18E/F Super Hornet et le F-35A Lightning II. Et entre ces deux avions le cœur des Canadiens balancent. Si à priori le premier semble avoir la préférence, le second n’est pas totalement sorti du jeu. Malgré une très forte campagne de bashing bien dans l’air du temps les militaires et décideurs semblent encore avoir des vues sur l’avion furtif. N’oublions pas qu’on parle ici d’un marché avoisinant les 10.5 milliards d’euros, c’est donc une très grosse décision pour les Canadiens. Sans compter qu’elle engage leur défense pour les quarante années à venir.

C’est l’année prochaine que le ministère canadien de la défense annoncera sa décision quant à l’identité du futur avion de combat. Sa nationalité d’origine en revanche fait peu de mystère.
Affaire à suivre.

Photo © Ejército del Aire.

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11 COMMENTAIRES

  1. Appel d’offres ouvert à tous mais qui accepte seulement les avions commençant un F suivi de deux chiffres. Les avionneurs européens ont perdus leurs temps dans un appel d’offres biaisé du départ.

  2. Est-ce vraiment une surprise?.Dès le départ les dés étaient pipés..Pourquoi donc avoir perdu son temps avec les canadiens qui n’achètent qu’américain.?

  3. Tu parles d’un scoop ! Ici c’est tellement couru d’avance que c’est même pas la peine de se présenter si t’es pas américain !
    Déjà que c’est couru d’avance ailleurs la plupart du temps, comme l’appel d’offres belges tout le monde se doutait fortement que le F35 l’emporterait.
    Alors, jai « ouïe dire » que vu qu’on a acheté des PC21 les suisses vont acheter le rafale. On verra bien.

  4. Fin Mai, le Canada a modifié les règles de l’appel d’offres pour permettre à Lockheed Martin de rester dans la course, étonnant non.

  5. Si le f35 est choisi alors un problème se pose d’entrée puisque les durées de vie du f35 vont de 6000 a 8000 heures… (Rapport de com rapporté au congrès en octobre 2018). Ce qui, au mieux fait tout juste 30ans de service… Pour ce qui est du superhornet, en block3, pourquoi pas…?

  6. De toutes manières, le Canada est membre des  » five eyes ». Interdiction d’acheter autre chose que US. L’Australie a acheté français, me direz-vous ? ( Scorpene ) Oui, mais les USA ne produisent pas de diesel électrique, et tout le matos à bord est US. Je crois de plus que le Canada est encore plus assujetti aux américains que l’ UK, quand à la question du NORAD, le rafale pourrait s’y adapter, il est déjà interopérable avec les autres forces occidentales. Mais Bon: Il n’y a pas de mystère pour M. Trappier: participer à un appel d’offre à un coût, et rien n’est plus déjà fixé que le marché canadien, comme dit dans l’article ! 😉 Perso, je pense au F18.

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