C’est sans doute un des plus célèbres avions britanniques de la guerre de 14-18. Le 22 décembre 1916 le prototype du chasseur Sopwith F.1 Camel réalisait son premier vol en Angleterre. On était sans doute alors bien loin de savoir outre-Manche que l’avion frôlerait les 5500 exemplaires assemblés, marquant durablement l’histoire aéronautique. Il était avec le Fokker D.VII allemand et le Spad XIII français un des meilleurs chasseurs du conflit.

Aujourd’hui pourtant ce chasseur est quelque peu retombé dans l’oubli, sans doute à l’instar d’à peu près tous les avions de la Première Guerre mondiale. Si de nombreux passionnés d’aviation connaissent encore le Sopwith F.1 Camel il en est tout autrement du grand public pour qui les chasseurs britanniques se résument souvent aux Hawker Hurricane et bien évidemment au légendaire Supermarine Spitfire de la Seconde Guerre mondiale. Et ça n’a rien d’aberrant.

La Première Guerre mondiale c’est loin ! Les récentes commémorations de son centenaire, durant quatre années en France entre 2014 et 2018 l’ont bien montré : les jeunes générations ne connaissent rien de ce conflit en dehors de ce que leurs profs d’histoire ont pu leur en raconter. On ne va pas leur jeter la pierre, c’est un conflit pour lequel le cinéma n’a jamais été très prolifique.
À part quelques grands films de guerre comme «Les croix de bois» réalisé en France par Raymond Bernard en 1932, «Johnny got his gun» réalisé aux États-Unis par Dalton Trumbo en 1971, ou bien évidemment «Paths of glory» le chef d’œuvre de Stanley Kubrick sorti en 1957 le grand écran a souvent boudé cette guerre. Ce dernier film, sorti en France dix-huit ans après sa sortie américaine sous le titre «Les sentiers de la gloire» est sans doute le plus grand film sur ce conflit et peut-être le plus critique. N’oublions pas qu’il a été censuré pendant presque deux décennies suite aux pressions des anciens combattants qui jugeaient intolérable le propos du film du plus britannique des grands réalisateurs américains.

Donc oui l’aviation de la Première Guerre mondiale n’est pas la plus connu, loin de là. Et pourtant elle est géniale. Elle a permis de passer d’aéroplanes très légers et faiblement maniables à des chasseurs ultra-manœuvrant capables d’enchaîner les figures tout en évitant les tirs ennemis. Surtout l’aviation de 14-18 permet vraiment d’appréhender ce que sera l’évolution technologique de l’entre-deux-guerres et du conflit suivant. Il pose toutes les bases.

Il est intéressant de voir que si le prototype du Camel a réalisé son premier vol le 22 décembre 1916 celui-ci n’a été révélé au public que plusieurs semaines plus tard. Les Britanniques craignaient vraiment l’espionnage allemand et austro-hongrois. Jusqu’en 2016 d’ailleurs la majorité des publications indiquait janvier 1917 comme date de ce vol inaugural, ce n’est qu’après un siècle que la réalité a été révélé par les archivistes britanniques. Mieux vaut tard que jamais.
Pour mémoire des Camel ont été fourni aussi bien aux pilotes britanniques, qu’américains, belges, ou encore canadiens. Même les Français l’ont testé, mais sans succès.

Photo © RAF Museum.

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9 COMMENTAIRES

    • Le problème avec votre commentaire c’est que nos lecteurs de moins de 35 ans ne savent pas de quoi vous parlez. Idem pour nos lecteurs québécois. Vous pourriez vous adapter sans doute. Non ?

    • Quand 50% du programme d’histoire est en fait de la géographie, et qu’il faut couvrir près de cinq siècles d’histoire par petits bouts choisis, faut pas s’étonner que l’enseignement des détails de la grande guerre (par exemple) soit baclé pour instruire les grandes lignes du premier conflit mondial, comme la guerre totale et la mobilisation de masse, ainsi que le « clusterfuck » qu’a été le traité de versailles et ses conséquences

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